Anat Cohen célèbre le Brésil avec « Rosa dos Ventos » et « Outra Coisa »

Anat Cohen célèbre le Brésil avec « Rosa dos Ventos » et « Outra Coisa »

Le 28 avril 2017 Anat Cohen a sorti « Outra Coisa » avec le guitariste Marcello Gonçalves et « Rosa dos Ventos » avec le Trio Brasileiro. Deux facettes de la musique brésilienne.

Publiés le 28 avril 2017, les deux albums « Rosa Dos Ventos » et « Outra Coisa » (Anzik Records) renforcent le lien de la clarinettiste Anat Cohen avec la musique du Brésil. Deux opus, deux idiomes différents.

Sur « Rosa Dos Ventos », Anat Cohen s’associe avec le « Trio Brasileiro »  et explore la musique traditionnelle du choro brésilien et ses reflets modernes. C’est la deuxième collaboration enregistrée entre Anat Cohen et le trio après « Alegria Da Casa » gravé en 2015. Sur « Outra Coisa », Anat Cohen joue en duo avec le guitariste brésilien Marcello Gonçalves

La clarinettiste israélienne de New York, Anat Cohen a tissé des liens très forts avec le Brésil. Elle nous fait visiter le Brésil, ses fleurs, ses saisons, ses paysages et ses musiques. Elle se promène dans le choro avec une grande aisance tout autant que dans les thèmes de Moacir Santos. Alternativement lumineuse, douce, chatoyante ou légère, Anat Cohen et sa clarinette enchantent littéralement la musique des deux albums.

Après une première collaboration avec le Trio Brasileiro sur le disque « Alegria Casa » enregistré en 2015, Anat Cohen sort « Rosa Dos Ventos ». L’album propose uniquement des compositions originales écrites par les membres du Trio Brasileiro et par Anat Cohen.

Formé en 2011, le Trio Brasileiro  se consacre à l’exécution du choro, musique traditionnelle brésilienne, ainsi qu’à leurs propres compositions contemporaines, inspirées par ce style. Le trio est composé de Douglas Lora, un célèbre guitariste membre du Brasil Guitar Duo, de Dudu Maia, un des meilleurs virtuoses de mandoline du Brésil et du batteur/percussionniste Alexandre Lora.

Le choro est a pris naissance au milieu du XIX siècle à Rio de Janeiro. Comme quelques autres styles contemporains comme le Dixieland et le jazz de la Nouvelle-Orléans des origines, il a été créé par la combinaison des danses européennes traditionnelles, polka,  valse et mazurka avec des rythmes africains et sud-américains. C’est un style qui convient tout à fait aux improvisateurs virtuoses.

Sur « Rosa Dos Ventos », l’instrumentation reproduit celle de l’orchestre traditionnel du choro avec la guitare à 7 cordes, la clarinette et le pandeiro. Le traditionnel bandolim à 8 cordes, version brésilienne de la mandoline, est remplacé dans le Trio Brasileiro par un inhabituel bandolim à 10 cordes. Outre le pandeiro, le percussionniste utilise par ailleurs d’autres instruments de percussion dont le Hand Pan, un instrument à percussion aux couleurs sonores intrigantes.

Sur O Ocidente Que Se Oriente les sons du Hand Pan évoquent l’indie-rock contemporains mais demeure le climat doux-amer du traditionnel choro. Sur Flamenco la guitare esquisse des rappels de flamenco. Ijexá sautille d’aise sur un rythme de candomblé. Sambalelê est décoiffant de virtuosité. On rêve de danser sur Valsa Do Sul où le chant de la clarinette évoque les rayons de soleil qui jouent à cache-cache avec les vents légers.

Tout en se promenant dans ces différents styles et traditions, Anat Cohen et les musiciens du Trio Brasileiro, excellent dans l’improvisation et bouleversent les références du choro traditionnel qu’ils réinventent.

Sur l’album « Outra Coisa » la guitare à sept cordes de Marcello Gonçalves et la clarinette d’Anat Cohen entretiennent une délicate conversation où les deux instruments sont très complémentaires. Le répertoire composé des titres du grand compositeur et arrangeur brésilien Moacir Santos (1923-2006). Cet album diffère du précédent mais on retrouve bien sûr la virtuosité et la sonorité profonde et lumineuse de la clarinettiste qui imprègne de mélancolie la texture musicale de l’album.

Le titre de l’album, « Outra Coisa », fait écho à « Coisa » enregistré en 1965 par Moacir Santos avec grand orchestre. Tous les titres portent le nom de coisa (chose) et sont tous numérotés à partir de 1. Multi-instrumentiste (saxophoniste, clarinettiste et trompettiste), le compositeur et arrangeur a été très influencé par les musiques africaines et américaines.

En lisant les partitions de Moacir Santos directement à partir de son répertoire de chansons,  le guitariste Marcello Gonçalves a constaté que la musique s’adaptait parfaitement à la guitare à 7 cordes, comme si la musique avait été composée pour l’instrument qu’il pratique. Marcello Gonçalves a passé une année à travailler sur ce répertoire.Il a proposé à Anat Cohen de prendre connaissance des arrangements sur lesquels il avait travaillé.

La clarinettiste a accepté et l’album est né en deux jours en janvier 2016 à Rio de Janeiro puis a été mixé en juillet 2016 aux Battery Studios par Mark Wilder. Les arrangements de Marcello Gonçalves écrits pour leur duo apportent une grande fraîcheur aux compositions de Moacir Santos.

Sur l’album « Outra Coisa » le duo reprend les coisa 01, 05, 06, 09 et 10 du disque de 1965, « Coisa » de Moacir Santos. On a particulièrement apprécié Coisa No. 1.

On est tombé sous le charme du titre Amphibious qui ouvre l’album. La clarinette teinte d’une tendre mélancolie la samba Maracatucute. Le titre Coisa n°10 restitue comme la coisa d’ouverture l’extrême ntente musicale des deux instrumentistes à l’inspiration inépuisable.

Anat Cohen et Marcello Gonçalves ont gravé un album où règnent de bout en bout virtuosité, sensibilité et légèreté. Un monde enchanteur qu’il est difficile de quitter. On garde ensuite le sourire et le souvenir d’un moment qui frise l’absolue perfection musicale et esthétique.

« ¡Caramba! », voyage Paris-La Havane avec le Big Band « Bigre ! »

« ¡Caramba! », voyage Paris-La Havane avec le Big Band « Bigre ! »

Du mambo à la rumba, du boléro à la timba, du son au reggaeton, l’album « ¡Caramba! » invite à la danse. Avec le Big Band  « Bigre ! » on voyage entre Paris et La Havane.

Le Big Band « Bigre ! » sort son sixième album, « ¡Caramba ! » (Grolektif Productions/L’Autre Distribution) le 31 mars 2017. « Bigre ! » continue ses pérégrinations rythmiques métissées. Il réunit aujourd’hui la riche culture musicale cubaine et la grande chanson française.

« Bigre ! » est créé en 2007 par Félicien Bouchot  avec quelques musiciens du collectif « le Grolektif ». Depuis le trompettiste est toujours directeur musical et arrangeur du groupe. Dix ans après, « Bigre ! » a déjà enregistré cinq albums alors que le sixième se profile pour le 31 mars 2017… « ¡Caramba ! ».

Sur « ¡Caramba ! » les 21 musiciens du Big Band Bigre ! » font sonner les instruments. Section de saxophones, section de trompettes/bugles, section  de trombones/conques, guitare, claviers, basse, batterie et percussions, sans oublier deux invités de marque, Kevin Louis (voix, bugle) et Célia Kameni au chant sur la moitié du répertoire.

Sur « ¡Caramba ! », le big band « Bigre ! » célèbre les musiques cubaines avec un savoir-faire sidérant. Le son d’un grand orchestres cubain déclenche l’enthousiasme. On a envie de bouger au rythme du tempo. C’est à tomber raide de plaisir !

Après deux voyages à La Havane Félicien Bouchot a l’idée de remettre au goût du jour le son du big band cubain devenu plutôt rare après l’age d’or des années 50 et l’orchestre de Tito Puente.

Pour ce faire il imagine une histoire d’amour au rythme des musiques cubaines. Les percussions mènent le rythme. Danseuses et danseurs se déhanchent, se frôlent. La danse devient séduction… le tour est joué. Pour le chant, il invite Célia Kameni à rejoindre « Bigre ! » avec qui elle a déjà travaillé sur le disque précédent. La chanteuse est présente sur la moitié du répertoire de « ¡Caramba ! ».

Le trompettiste et la chanteuse sélectionnent quatre grandes chansons françaises. Ils ciblent Mea Culpa (textes de Michel RivGauche/musique Hubert Giraud) chanté par Edith Piaf, La Chanson des Vieux Amants (texte de Jacques Brel/musique de Brel et Gérard Jouannest) et Gueule d’amour de Barbara (texte et musique). Félicien Bouchot transforme les musiques et de conçoit des arrangements orchestraux qui transfigurent les rythmes d’origine en des musiques latino-cubaines aux rythmes endiablés. Les cuivres font flamboyer la musique sur une rythmique étincelante. Ça groove de belle manière. On écoute Célia Kameni qui mène le show sur Quelle histoire (paroles de Jeanne Moreau/musique d’Antoine Duhamel).

On peut aussi apprécier deux thèmes interprétés en Anglais. So Called Love composé (paroles et musique) par Célia Kameni et Eternalee composé (paroles et musique) et interprété par le chanteur et bugliste Kevin Louis. Le dernier titre de l’album reprend des motifs de « Miami Beach Rumba » (de J. A. Camacho, I. Fields et A. Gamse) devenu sur le disque Voyage à Cuba, un titre plein de fraîcheur et d’humour.

Les sept morceaux instrumentaux permettent de profiter de la richesse et de la complexité des rythmiques et des orchestrations, toutes plus étincelantes les unes que les autres. On note le clin d’oeil de l’orchestre à son histoire musicale qui fait surface sur Mambo 1 où la musique de Cuba embrasse celle de l’Ethiopie.

Pour sûr, « ¡Caramba ! » sonne vraiment cubain. Les rythmes latins, rumba, charaga, timba, son, bolero, cha cha, bata les plus variés défilent. Dans le pur esprit des années 50, le Big Band « Bigre ! » exécute des orchestrations chatoyantes et cuivrées. Les rythmiques complexes et précises respectent les codes des musiques cubaines qui éclatent dans un feu d’artifice inouï.

All Night Jazz 2017 à Vienne… Brazil avec Seu Jorge & Bixiga 70

All Night Jazz 2017 à Vienne… Brazil avec Seu Jorge & Bixiga 70

Le 13 juillet, Jazz à Vienne#37 se termine avec la Soirée All Night Jazz 2017 … programmation festive orientée vers les Musiques du Monde. Le Brésil est présent avec Seu Jorge et Bixiga 70.

Pour la Soirée All Night Jazz 2017, le festival propose cette année une programmation festive orientée vers les Musiques du Monde. Le Brésil est au rendez-vous de cette nuit musicale avec le chanteur et guitariste Seu Jorge et le groupe Bixiga 70.

Dernière soirée de Jazz à Vienne, la Soirée All Night Jazz est chaque année un moment phare de la programmation du festival. Cette soirée emblématique se déroule du coucher au lever du soleil avec au petit matin, le café et les croissants proposés aux festivaliers encore présent à l’aube dans le Théâtre Antique.

En 2017, on se réjouit de voir programmés de nombreux représentants de la nouvelle génération des musiciens français et internationaux.

La soirée ouvre rituellement avec le groupe lauréat  2016 du tremplin RéZZo FOCAL Jazz à Vienne. Cette année, on a donc le plaisir de ré-écouter les trois musiciens du groupe toulousain « Amaury Faye Trio », Amaury Faye (piano), Louis Navarro (contrebasse) et Théo Lanau (batterie).

La venue de Keziah Jones constitue un temps fort de la soirée. Sa musique s’abreuve aux sources du blues mais résonne des échos du funk, du jazz et des Musiques du Monde. Il appelle cela le BluFunk qui devrait enchanter les amateurs de groove. Les sept Californiens du groupe « Con Brio » partagent une même passion pour le funk et la soul psychédélique typiques de la Bay Area de San Francisco. Leur énergie est communicative et leurs concerts magnétiques.

Depuis septembre 2016 et la sortie de son album « Free », le saxophoniste français Guillaume Perret navigue libre et en solitaire. Par l’électrification de son instrument et les dispositifs d’effets associés, le musicien produit les sons de tous les instruments de l’orchestre. Ainsi le saxophone génère sonorités et rythmes d’une percussion, d’une grosse caisse ou d’une caisse claire, d’une basse, d’une guitare ou d’un synthé. Réelle immersion dans les énergies, les rythmes et les sonorités, le spectacle est fascinant.

Seu Jorge, l’un des chanteurs contemporains les plus talentueux du Brésil, est devenu célèbre en 2004 grâce au film « A Life Aquatic » de Wes Anderson (très librement inspiré des aventures du commandant Cousteau). Dans son rôle de Pelé do Santos, un marin chanteur, il y interprétait des morceaux de David Bowie en portugais, seulement accompagné d’une guitare acoustique.

David Bowie avait alors déclaré : « Si Seu Jorge n’avait pas chanté mes morceaux dans cette langue, je n’aurais jamais entendu cette nouvelle beauté qui les a imprégnés ». Douze ans plus tard, le 10 janvier 2016, la star britannique disparaît brusquement.

Depuis novembre 2016, Seu Jorge est en tournée aux États-Unis pour rendre un hommage sensible et décalé à David Bowie. Le Brésilien interprète les titres de la fameuse bande originale en recréant sur scène des éléments de « A Life Aquatic ». Il interprète alors les chansons cultes de Bowie : Changes, Rebel Rebel, Five Years, Space Oddity. A la croisée des genres, cette proposition musicale devrait réunir les amateurs des musiques de David Bowie, ceux de Seu Jorge et bien d’autres.

Déjà venus à Vienne en 2016 sur la scène de Cybèle pour « Jazz & Dance Connection » les Brésiliens de la  fanfare Bixiga 70 débarquent cette fois au Théâtre Antique. Ce combo de dix jeunes Brésiliens de Sao Paulo regroupe depuis 7 ans des musiciens venus de différentes scènes de la ville. Considéré comme le fer de lance de la scène afro brésilienne, le groupe a partagé la scène avec de grands noms tels que Tony Allen, Seun Kuti & Egypt 80, Ebo Taylor et Antibalas.

Leur quartier Bixiga est un melting-pot culturel dans lequel se côtoient des personnes d’origine africaine, italienne et du nordeste ce qui fait que naturellement leur musique est une fusion de rythmes africains et sud-américains. La base reste l’afrobeat, mais il est enrichi de malinké guinéen, de funk, de salsa, de candomblé brésilien, de samba, de carimbo et de cumbia. Tout un programme !

L’un des groupes les plus hypes d’aujourd’hui, Bixiga 70 est une véritable invitation à la fête. Un cocktail brésilien à perdre haleine avec une forte dose de polyrythmie afrobeat, une bonne mesure de son cuivré, une pointe d’épices tropicaux pimentés de funk et un trait de sonorité électro , Bixiga 70 devrait mettre le feu au Théâtre Antique.

Sans aucun doute, s’il y a une soirée à ne pas manquer durant le Festival Jazz à Vienne#37, c’est bien la « All Night Jazz » du 13 juillet 2017. Embarquement garanti pour vivre toute une nuit dans un monde musical multiculturel, varié et festif. Un jazz ouvert sur les musiques du monde faite par les musiciens d’aujourd’hui pour construire l’univers musical de demain.

Soirée Cuba-Jazz à Vienne#37 avec Roberto Fonseca & Angélique Kidjo

Soirée Cuba-Jazz à Vienne#37 avec Roberto Fonseca & Angélique Kidjo

Le 07 juillet 2017 au Théâtre Antique, la 37ème édition du Festival Jazz à Vienne propose une « Soirée Cuba » prometteuse avec Roberto Fonseca et Angelique Kidjo.

A l’image de l’affiche 2017 signée par Bruno Théry, la 37ème édition de Jazz à Vienne associe « tous les pays, tous les genres, toutes les cultures, toutes les folies, parfums et horizons… ». C’est ainsi que… le 07 juillet 2017 à partir de 20h30, les amateurs de jazz et de musique cubaine peuvent se réjouir avec la Soirée Cuba-Jazz à Vienne#37 car le festival programme dans le Théâtre Antique une « Soirée Cuba.

La scène du Théâtre Antique propose une programmation éclectique qui fait se succéder des grandes stars du jazz d’aujourd’hui, des talents confirmés ou en devenir, toutes générations confondues, des « Soirées Hommage » à des musiciens qui ont marqué l’histoire du jazz ou plus largement celle de la musique populaire, sans oublier les habituelles « Soirées Thématiques » consacrées aux musiques cousines auxquelles s’ajoute cette année une ouverture vers le hip-hop.

Soirée Cuba-Jazz à Vienne#37… un double plateau prometteur. Roberto Fonseca et Angelique Kidjo. Cette « Soirée Cuba » du 07 juillet présente deux très beaux projets qui devraient ravir tous les amateurs de jazz et de musiques cubaines.

La « Soirée Cuba » ouvre avec Angélique Kidjo qui propose un hommage à Celia Cruz (1925-2003), la Reine de la Salsa. La chanteuse béninoise dont on a déjà pu apprécier l’énergie par deux fois à Vienne (2009 et 2010) revient en 2017 avec Pedrito Martinez, l’un des meilleurs percussionnistes de Cuba. Angélique Kidjo est Inspirée par le répertoire de Célia Cruz (Cucala, La Vida Es Un Carnaval…) mais aussi par d’autres traditions comme celle du Pérou avec par exemple la chanson péruvienne Toro  Mata.

On peut compter sur Angélique Kidjo pour offrir comme à son habitude une performance hors normes. Un hommage à la musique de Celia Cruz irriguée de l’énergie et de l’inspiration qu’elle tire de sa terre africaine.

La seconde partie de la « Soirée Cuba » présente le pianiste de jazz Roberta Fonseca qui revient à Vienne pour présenter sa nouvelle création. Sa prestation de 2014 avec la chanteuse malienne Fatoumata Diawara avait soulevé l’émotion et l’enthousiasme du public. En 2017 Roberto Fonseca vient présenter le répertoire de son dernier album « Abuc »(Impulse!/Universal) sorti en Novembre 2016.

Prodige des claviers et de la percussion, ce musicien cubain n’a de cesse de mettre en valeur la musique de son pays. Il sait associer la richesse percussive de la tradition cubaine avec toutes les autres influences qui ont contribué à construire la musique de son île, les racines africaines, la musique européenne classique et bien sûr le jazz.

Considéré aujourd’hui comme une grande figure du jazz latin, Roberto Fonseca sait renouveler son discours sans renier ses racines. Sur la scène du Théâtre Antique il va conter l’histoire de la musique cubaine et croiser les sons d’hier avec ceux d’aujourd’hui. Tout un programme !

Comme sur son disque « Abuc », Roberto Fonseca invite le leader-créateur du Buena Vista Social Club, Eliades Ochoa qui sera sur scène à ses côtés ainsi que la jeune chanteuse Daymé Arocena qui promène son chant entre rumba traditionnelle, jazz, soul et culture yoruba.

Avec Roberto Fonseca, Eliades Ochoa et Daymé Arocena, la soirée promet d’être pleine de couleurs, d’énergie et de rythmes avec un programme mêlant contradanzamambo, cha-cha-cha, danzon, rumba, boléro, soul et hip-hop. Du pur bonheur en perspective.

On note aussi que cette année la Création Jeune Public proposée depuis 12 ans par par Jazz à Vienne inscrit son propos dans la musique afro-cubaine. C’est en effet le bassiste Richard Bona qui anime cette matinée devant les 6000 enfants du pays viennois. Ce formidable bassiste dont on apprécie aussi les qualités de chanteur va conter aux enfants l’histoire d’un jazz qui croise les chants traditionnels bantous, la bossa brésilienne, la pop occidentale, le raga indien et le funk. Quoi de mieux que ce modèle de musique universelle et contemporaine pour inspirer dans leurs choix musicaux les futurs amateurs de jazz de demain ?

Jazz à Vienne 2017 convie les amateurs de jazz et de musique cubaine le 07 juilet avec la « Soirée Cuba ». Deux spectacles prometteurs  en perspective. Roberto Fonseca avec en invité, Eliades Ochoa et Daymé Arocena. Angelique Kidjo avec Pedrito Martinez pour un hommage à Celia Cruz.

Du 29 juin au 13 juillet, Jazz à Vienne#37 propose 14 soirées au Théâtre Antique et aussi des concerts en entrée libre dès10h30 sur la Scène de Cybèle pour découvrir l’actualité de tous les jazz, des concerts en soirée au Théâtre de Vienne avec une programmation alternée entre les soirées acoustiques du « Club de Minuit » et les concerts du « JazzMix » véritable laboratoire de tous les possibles de 0h30 à 03h du matin.

Pour une vision exhaustive de la programmation de toutes les scènes et des projets de Jazz à Vienne 2017, la visite du site du festival Jazz à Vienne est un impératif incontournable.

Eliane Elias déclare son amour de la Samba avec l’album « Dance of Time »

Eliane Elias déclare son amour de la Samba avec l’album « Dance of Time »

Deux ans après l’album « Made in Brazil », Eliane Elias revient en 2017 avec « Dance of Time ». Une déclaration d’amour à la samba dont la pianiste-chanteuse célèbre les 100 ans.

Durant toute sa carrière Eliane Elias, native de São Paulo a navigué entre jazz et Brésil, deux musiques dans lesquelles elle est parvenue à s’imposer avec autant de talent et de succès.

Du côté du Brésil, la bossa nova a longtemps eu sa préférence avec plusieurs albums consacrés à ce style, « Eliane Elias Plays Jobim » (1990), « Fantasia » (1992), « Paulistana » (1993), « Eliane Elias sings Jobim » (1998); « Bossa Nova Stories » (2009) et bien sûr « Made in Brazil » enregistré au Brésil en 2015 qui est un hommage vibrant à trois générations de compositeurs brésiliens.

Pourtant en 2016, Eliane Elias revient au Brésil pour enregistrer cette fois « Dance of Time » (Concord/Universal) dont la sortie est annoncée pour le 24 mars 2017. Dans son pays natal on fête alors le centenaire de Pelo Telefone, la première samba jamais enregistrée et la pianiste-chanteuse entreprend de graver un album à cette occasion afin de célébrer ce style musical.

Pour Eliane Elias, « la samba est à la fois la plus authentique et la plus irrésistible des musiques brésiliennes. On peut difficilement imaginer meilleur endroit au monde que le Brésil pour tenter de capturer l’essence de cette musique. Il fallait impérativement que je me trouve là-bas pour pouvoir enregistrer « Dance of Time. »

« Dance of Time » consacre donc principalement son répertoire à la samba et plus précisément à cette forme de samba qui entretient une filiation étroite avec le choro, cette danse populaire très ancienne et improvisée jouée à l’origine sur l’alaúde, sorte de luth portugais aux origines orientales, une samba qui se dansait en cercle, les rodas (les rondes), un style qui est un métissage entre les musiques européennes du Portugal et de l’Espagne et celle de l’Afrique.

L’album « Dance of Time » ouvre avec O Pato, le célèbre thème de J.Silvia et N.Teixeira où Eliane Elias expose avec brio tout son art. Le swing sans pareil de son piano et sa chaude voix sensuelle qui n’a vraiment rien de celle du canard évoqué dans la chanson. Eliane Elias sait vraiment caresser les syllabes et les faire vibrer au rythme de la samba. En amont de la sortie de l’album, on écoute un très court extrait d’O Pato.

Pour authentifier le climat samba du disque, la pianiste-chanteuse invite aussi deux personnalités marquantes du Brésil. D’une part João Bosco dont elle apprécie l’authenticité. Le guitariste et chanteur sait faire swinguer la musique comme on peut d’ailleurs se rendre compte en écoutant Coisa de Feita dont le groove constitue un moment phare de l’album. D’autre part, avec Toquinho, Eliane Elias interprète Sambou Sambou et Samba de Orly, dont les versions magnifient ces deux sambas portant déjà si souvent écoutées.

Sur ce nouvel opus, Eliane Elias rend hommage aux personnes qui l’ont accompagnée à ses débuts, tant au Brésil qu’aux Etats-Unis et passe sa carrière en revue, d’hier à aujourd’hui, du Brésil aux Etats-Unis. Autour d’elle, des invités prestigieux tels que que le pianiste Amilton Godoy, les guitaristes et chanteurs João Bosco et Toquinho, le trompettiste Randy Brecker, le vibraphoniste Mike Mainieri et aussi Mark Kibble.

A 7 ans Eliane Elias commence à jouer piano à São Paulo et continue après 6 ans de travail l’étude technique classique du piano son professeur, Amilton Godoy dont elle prétend qu’il l’a aidée à développer son style. Il est invité sur « Dance of Time ».

Eliane Elias entame une carrière de musicienne professionnelle et gagne New-York au début des années 80 et rejoint le groupe « Steps Ahead »  aux côtés de Michael Brecker, Peter Erskine, Eddie Gomez et Mike Manieri. En 1983, elle enregistre un album avec le groupe. Sur « Dance of Time », Eliane Elias invite le vibraphoniste Mike Manieri sur deux titres de l’album. Une composition originale de la pianiste, Little Paradise et A habit for me une bossa nova qui parle d’amour et que Frank Sinatra a chantée.

Peu après avoir quitté « Steps Ahead », Elias Elias commence une collaboration avec le trompettiste Randy Brecker. Leur album duo, sorti en 1985, porte le nom de leur fille Amanda. Randy Brecker revient jouer avec Eliane Elias sur le titre Speek Low à l’ambiance globale plutôt jazz-pop-funk.

Eliane Elias présente mieux que personne cet album « Dance of Time » dont les douze titres exubérants devraient encore une fois ensorceler son public.

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