La musique comme antidote à la froidure clunisoise !

29 août 2010

festival_jazz_campus_en_clunisois3Le 28 août, pour la clôture du festival Jazz en Campus en clunisois, les musiciens nous ont fait oublier les aléas de la météo et pourtant le froid régnait en maître dans les jardins de l’Abbaye de Cluny. Malgré le vin chaud proposé par les Vignerons des Terres secrètes, les spectateurs ont été soumis à rude épreuve et les couvertures, bonnets, gants, polaires et autres accessoires étaient de sortie.   Les artistes faisant fi de la froidure ont offert le meilleur de leur art et de leur énergie pour faire oublier aux spectateurs ces conditions climatiques peu propices à une écoute attentive. Et le miracle est advenu : la musique a triomphé.

Le duo Michel PORTAL - Sylvain LUC sylvain-lucfut d’une très haute tenue. Les deux bayonnais se sont entendus comme larrons en foire pour  combler nos tympans. Complicité et humour, lyrisme et créativité furent les points forts de leur spectacle. Leur longue pratique du dialogue a transformé un spectacle d’un haut niveau technique en un échange construit et abouti. michel-portal1L’improvisation a guidé le dialogue mais en filigrane, il transparaissait combien le spectacle était construit  à partir de compositions-repères.  Le maître de la clarinette basse a su soutenir les improvisations débridées et inventives de Sylvain Luc qui à son tour jouait sur sa guitare le rôle d’accompagnateur rythmique et harmonique pour permettre à Michel Portal de libérer son discours. Résultat : une musique inventive et nourrie. Bref : deux basques en Bourgogne : un duo rôdé et convaincant !

public-01Un intermède guerrier nous fut offert sous le farinier des moines par un quartet D’Allègres Barbares qui  firent violemment vibrer la nuit de leurs échanges improvisés à partir des duos pdallegres-barbares1our violon de Bela Bartok. A contrario de la puissance de leur discours, et malgré les mouvements erratiques de la danseuse, l’éclairage semblait clouer dans un immobilisme figé tant le public sidéré que les musiciens combattants de la nuit.

Le trio HADOUK a eu la lourde charge loy-stevede clore la soirée. Les musiciens ont tissé avec talent une toile musicale qui a transporté les spectateurs dans un monde métissé plus évocateur des climats des tropiques que des nuits automnales bourguignonnes. Loy Ehrlich aux claviers et gumbass a été impressionnant de puissance et a semblé piloter le tapis volant sur lequel les trois musiciens officiaient. Steve Shehan fut exemplaire de maîtrise aux percussions et malgré le froid a tiré du hang métallique un chorus d’une précision et d’un délié rare. copie-de-2010_08282010cluny_28-080060Didier Malherbe, affublé d’un pull “Nounours” (prêté pour l’occasion pour lui permettre d’affronter le froid), a confirmé indubitablement sa maîtrise du doudouk. Il a ému l’assistance lorsqu’il a interprété en solo une version de “Around Midnight“ au doudouk, alors que les carillons qui marquaient les 12 coups de minuit. Le trio HADOUK, qui a sorti en 2010 un CD aérien “AirHadouk”,  a encore gagné en cohérence et en puissance : un groupe qui sait assembler les sonorités pour bâtir un monde hors des  contraintes temporelles et géographiques. ….planant !

Retrouvez Les Latins de Jazz, du lundi au vendredi de 23h à 04h pour pour garder au creux des oreilles le souvenir de ces sonorités dépaysantes, avec la programmation de Nicole & Bernard Videmann qui attendrons avec impatience, pour RCT CapSao, la prochaine édition de Jazz Campus en clunisois.

Du swing latin brillantissime et fulgurant : Chucho Valdés

27 août 2010

chucho-valdes-chucho-s-steps-couvUn disque de Chucho Valdés est toujours un évènement.  Son dernier opus ne déroge pas à la règle. En effet, ce géant (au propre comme au figuré) du piano cubain, produit un disque qui pourrait être un élément marquant pour le latin-jazz  et dessiner une piste qui pourrait l’aider à se renouveler en s’unifiant au-delà de ses formes ordinaires. Une nouvelle dimension projetée au-delà de la tradition cubaine, de la reproduction des modèles prégnants et univoques. Un tel propos est possible dans le disque par une plus grande dimension donnée à l’écriture, un paramètre qui permet au répertoire de se projeter dans plusieurs directions sans se désunir. Il a gravé ce disque avec son Apercu-tpt-saxfro Cuban Messengers qui n’est pas sans évoquer les Jazz Messengers de Art Blakey (et l’importance déterminante qu’ils ont eu en leur temps).

La direction du Jazz, apparaît clairement à travers le titre du CD  “Chucho’s steps”, qui sans ambiguité réfère à Coltrane (Giant Steps), ce répère incontournable dans la galaxie des maîtres. La texture du morceau éponyme s’inscrit dans l’essence même de la musique de Trane. C’est aussi le monde de Zawinul que Chucho salue avec un “Zawinul’s mambo”" offert au co-fondateur de Weather Report. Le disque donne aussi place au monde du jazz de la Nouvelle Orléans par un hommage à la famille Marsalis, “New Orleans.” La construction du morceau est exemplaire : breaks, relances, riffs et nombreux clins d’oeils : claquettes, wash board, sonorité de la trompette dans le plus pur style New, piano ragtime, … on s’y croirait, avec aussi des rappels de rythmiques cubaine. Chucho honore également dans le disque le monde de Cole Porter et de Gershwin dans un “Begin to be Good” qui vaut son pesant d’or musical.

Une ouverture en direction des musiques des Gnaouas du Maroc se profile dans le titre percu-seul“Yansà” avec la voix de Dreiser Durruthy Bombalé qui tient les tambours Batà que Chucho a imposé dans son orchestre Irakere dans les années 70 alors q’ils étaient encore “tabous” à Cuba. La tendresse a aussi sa place dans le monde du pianiste : en témoigne le titre “Julian” qui est offert à son jeune fils de 3 ans.

Nous étions tombés sous le charme du nouveau répertoire de Chucho lorsqu’il s’était produit le 02 juillet au festival Jazz à Vienne 2010 et avions déjà noté dans le blog des Latins de Jazz combien la musique de Chucho chucho-penseurest loin des poncifs redondants de la musique cubaine, combien le charisme du musicien est grand. Le colosse fédère son groupe qui donne une musique haute en qualité et en couleurs

Ce disque, Chucho’ Steps, conçu avec sensibilité et réflexion, sorti le 26 août chez World Village/Harmonia Mundi, permet de nous remettre ces souvenirs en oreille et sera l’opportunité, pour ceux qui étaient absents au concert, de découvrir le nouveau monde musical de Chucho Valdes. Cet album vaut d’être écouté avec attention car il témoigne avec force de ce qui caractérise le Jazz du pianiste : virtuosité, spontanéité et exprimentation.

RV pour écoute de ce disque dans les Latins de Jazz, avec la programmation de Bernard & Nicole Videmann, du lundi au vendredi, de 23h à 04h.

L’âme de Ferré a plané sur Cluny

27 août 2010

coeur1Jeudi 26 août sur la scène du théâtre de Cluny, dans le cadre du Jazz Campus en Clunisois 2010, Yves Rousseau a présenté son projet “Poète, vos Papiers !” et à cette occasion la magie a opéré. L’espace d’un concert, Ferré a ressuscité. Grâce aux musiciens réunis sur scène autour du leader contrebassiste, l’âme de grand poète, disparu en 1993, a déployé ses ailes pour notre plus grand ravissement.

yves-rousseau-presenteYves Rousseau a conçu de rendre hommage à Léo Ferré à partir de son recueil “Poète, Vos Papiers” paru en 1956. Il a ciselé des arrangements modernes sur les musiques de Ferré mais aussi mis en musique certains poèmes, jamais chantés par Ferré. Lors de sa parution, le disque nous avait enchantés. Sur scène le répertoire a gagné en épaisseur et a restitué tout l’esprit de Ferré, sa révolte et sa modernité, il nous a renvoyé au monde d’aujourd’hui dont il restitue un écho : barbarie et oubli du démuni, abus des puissants et misère du quotidien. Yves Rousseau et ses compagnons ont mis en scène  le monde de Ferré avec flamboyance et ardeur, rage et revendication : les artistes ont ainsi répondu au chaos du monde par un tumulte musical tonitruant de mots et de sons organisés à la perfection.

regis-huby_violon-electPour ce projet Yves Rousseau, à la contrebasse, est entouré des compères avec lesquels il joue habituellement en quartet : Régis Huby dont les violons passent de la caresse au paroxysme de grincements saturés, jean-marc-larche-gros-planJean-Marc Larché, dessinateur essentiel des lignes de soutien de l’oeuvre et dont les interventions au sax soprano donnent de l’épaisseur aux voix des chanteuses et Christophe Marguet, christophe-marguetbatteur unique dont les nuances font merveille pour enchasser les chants murmurés et soutenir leurs expressions jusqu’à leur point culminant.

Pour porter les mots de Ferré, 2  muses unissent leur voix à la clameur des instruments. La complicité musicale des vocalistes sert le projet et lui confère une dimension émotionnelle incontestable.

claudia-solal-gros-planClaudia Solal, fantasque improvisatrice, met sa voix au service des mots avec lesquels elle garde une distance pour nous les offrir et mettre en valeur leurs nuances sans gommer leur force. Jejeanne-added_02anne Added, plus fougueuse, habite les textes, se les approprie, leur insuffle son énergie puis nous les catapulte avec puissance. Leurs registres diffèrent mais les chanteuses font mouche : avec ferveur pour l’une, violemment brûlante pour l’autre. La précision de leur interprétation est servie par des voix absolument maîtrisées. Elles s’emploient, chacune à sa manière,  à malaxer la pâte incandescente des textes de Ferré et des notes.

Tous les spectateurs présents ont entr’aperçu de manière fugitive le monde de Dante, le profil de la Dame à la Faux et  garderont le souvenir d’un spectacle radicalement brûlant avec des interprétations fortement émotionnelles de Madame la Misère et de Signoria Miséri (verion italienne de la précédente), du Concerto, du Testament, de L’été s’en fout  enchaîné avec Les passants.

Pour les Latins de Jazz, Nicole & Bernard Videmann ont chroniqué ce concert inoubliable.

Crest Jazz Vocal 2010 : édition réussie

19 août 2010

crest-jazz-vocal-mailL’été avance et  la programmation des Latins de Jazz offre aux auditeurs de RCT CapSao un flash back musical rediffusant les musiques des artistes qui ont fait vibrer de bonheur les spectateurs du Crest Jazz Festival 2010.

Le 03 août, renaud-garcia-fons-06-aout-2010Renaud Garcia Fons (contrebasse) & sa “Linea del Sur”  avec David Venitucci (accordéon), Kiko Ruiz  (guitare) et Pascal Rollando (percussions) ont rallié les vivas unanimes du public. Il vrai que tout était réussi : le répertoire fut interprété avec sensibilité, générosité et conviction par un groupe de musiciens dont la cohérence et la virtuosité étaient à l’égal de la créativité et de l’originalité. Une réussite de bout en bout. Si le leader, Renaud Garcia Fons joue avec humilité derrière son instrument dont il sait tirer les danseuse-linea-del-sur1plus beaux effets et utiliser l’archet avec brio pour faire chanter les cordes, Sabrina Romero a su briller et occuper le devant de la scène avec un talent avéré pour offrir un spectacle digne de la plus pure tradition flamenca . Notre coup de coeur de la soirée va plus particulièrement à david-venitucci1David Venitucci dont la poésie nostalgique et inspirée sert une musique qui a réussi le pont entre jazz, flamenco et expressions latines. Depuis le concert de début de tournée où le groupe (sans la danseuse) s’était produit à l’Amphi de l’Opéra de Lyon, l’orchestre a magnifié son expression et mérite vraiment une salve de bravos.

Le 04 août, youn-a-crest1Youn Sun Nah a confirmé sa place parmi les grandes praticiennes de l’art vocal : son duo avec Ulf Walkenius a tissé un voile de grâce intemporelle et une émotion indicible au-dessus de l’Espace Soubeyran. Sa voix totalement maîtrisée a explosé  dans le scat qu’elle produit à la perfection. Oscillant entre murmure et puissance Youn a exploré avec aisance tous les registres du chant, soutenue par la guitare complice youn-ulk1d’un musicien qui sait mettre en valeur la chanteuse avec laquelle il dialogue réellement. Ce duo qui avait déjà conquis les amateurs de bel ouvrage à l’Amphi de l’Opéra de Lyon a inconstestablement mérité notre soutien inconditionnel et nous lui adressons une gerbe de hourras.

Nous avons aussi été séduit par la prestation de nico-au-piano1Nico Morelli le 05 août avec son “Pizzica Jazz project”. Avec un programme audacieux et original, le pianiste italien a lui aussi réussi la transversalité entre jazz et musique traditionnelle par des ponts tendus entre la pizzica et le jazz, avec des alternances entre les 2 styles et des intermèdes où les 2 répertoires se sont fondaient avec bonheur. Les musiciens furent si convaincants que nous avons redouté aprsè le spectacle la piqûre d’une tarentule : en effet Tiziana Valenti a reproduit sur scène la danse agitée des jeunes femmes du Sud de l’Italie piquées par l’araignée. Tarentelle quand tu nous tiens, la transe nous vient. Nous adressons des clins d’oeil complices et enthousiastes à tous les musiciens de ce groupe qui a déclenché le sourire des spectateurs enchantés.

Bien sûr à Crest comme à Francheville en Juin, nous avons succombé au charme de Ibrahim Maalouf qui confirme incontestablement son talent et sa place incontournable parmi les musiciens de la scène française. Il a semblé que les oreilles du public crestois n’ait pas été préparées à recevoir la musique de ce groupe tonique et haut en puissance après la prestation peaufinée de renaud Garcia-Fons. Il n’empêche que dans les Latins de Jazz nous restons attachés à l’univers de Maalouf. Nous avons aussi bougé sous les assauts multiformes de Abraham Inc. où Fred Wesley a tenu la dragée haute à Krakauer pourtant diablement affairé à explorer tout le registre de sa clarinette. Quant à Socalled il excelle à stimuler et triturer. La soirée du 06 août nous a laissé un arrière goût de frustration après la prestation décevante de Roberta Gambarini soutenue avec peu de conviction par les musiciens de Roy Hargrove qui semblaient s’ennuyer. La chanteuse a vainement tenté de convaincre par des poses séductrices caricaturales alors que sa prestation vocale frisait le clacissisme scolaire. Quant au roi Roy (Hargrove), il n’a pas fait d’ombre aux étoiles qui brillaient ce soir-là, il fut trop peu copie-de-la-tour-de-crest1présent sur scène où il plus dirigé que soufflé . Pour honorer sa couronne, il a tenté par pirouette en fin de spectacle en descendant jouer dans le public comme une star qu’il est pourtant… mais il y des jours moins inspirés (même pour les meilleurs).

Ce sera long d’attendre 2011 pour retrouver, Crest, sa Tour et surtout ….. son festival à l’ambiance chaleureuse, Alain Bellon, Denise Deronzier & toute l’équipe des bénévoles à l’accueil si cordial et ô combien chaleureux.

Pour retrouver le souffle inspiré  de toutes ces musiques : tendez l’oreille sur la programmation des Latins de Jazz, du lundi au vendredi, de 23h à 04h. A bientôt pour d’autres chroniques sur le Blog des Latins de Jazz avec Nicole & Bernard Videmann.

Jazz Campus en Clunissois : toutes voiles dehors

18 août 2010

 Dans le Clunissois ça bouge toujours en fin d’été : en 2010, la dynamique Levallet ne faillira pas  ………. festival_jazz_campus_en_clunisois2Jazz Campus en Clunissois poursuit sa route.

Au programme comme toujours : création, plaisir, surprise, musique contemporaine ou improvisée & toujours des découvertes, rien de formaté, des nettoyages de tympans, de l’inattendu à gogo, du ravissement cochléaire, des friselis chatoyants … des enchanteurs créatifs au service de spectateurs curieux, des groupes à l’audience confidentielle et des artistes de renommée internationale.

En perspective du 21 au 28 oût :

  • 8 jours, 8 lieux
  • 14 concerts, 44 artistes
  • 6 ateliers, une fanfare, des jam’s

………….. pour des musiques vivantes et dépaysantes.

Pour accéder à la programmation détaillée : rien de mieux qu’un clic sur le site et vous saurez tout. Mais pour vous allécher nous vous livrons chacun notre tiercé favori en espérant vous mobiliser sur la route de festival qu’il suffit de goûter pour aimer.

Pour Nicole : les yeux fermés et sans hésiter…… Poésie déclinée sous 3 formes musicales.

-  Verlaine chanté par johngreaves-photo-max-ruiz-nbJohn Greaves en Quintet (J Morin & S Vanot à la  guitare, S Taylor à l’accordéon, L Valéro aux flûtes, violon et bando). Pas besoin d’absinthe : la voix de Greaves, c’est l’ivresse garantie….le 24 août dans la salle communale de Massily à 21h.

- poete_vos_papiersLéo Ferré avec Yves Rousseau en Sextet qui s’appropriera la puissance du poète avec son répertoire “Poète, vos papiers” qui nous avait déjà étonnés et ravis sur disque. a ses côtés sur la scène du théâtre municipal de Cluny : les étonnantes vocalistes Jeanne Added et Claudia Solal, Régis Huby au violon , Jean-Marc Larché qui renouvelle le discours du sax et Christophe Marguet le “poète batteur” qui sert à merveille la forte présence de Yves Rousseau à la contrebasse. Pour les écouter, nul besoin de justifier de votre identité : aimer rêver suffit ! RV le 26 août à 21h.

- Lyrisme, liberté et rêve avec le trio de Didier Levallet à la contrebasse, Ramon Lopez à la batterie & Jean-Charles Richard aux saxophones.

 Pour Bernard : sans hésitation ce sera le samedi 28 août, pour 3 espaces de concerts diversifiés

- à partir de 11h dans le centre ville de Matour,  le concert parade Atelier Fanfare du stage,

- à 12h30 dans le parc de la Maison des Patrimoines de Matour, un repas champêtre suivi du Concert des Ateliers des stagiaires car  Cluny c’est aussi les stages animés par François Raulin, Christophe Marguet, Jean-Charles Richard, Yves Rousseau,  Claudia Solal, Christophe Marguet & Paul Brousseau,

duo-portal-lucA partir de 21h, dans les jardins de l’Abbaye : trois concerts. Le duo de Michel Portal (clarinette) & Sylvain Luc (guitares) : panache et flamboyance en perspective.

 Puis D’Allègres Barbares avec la réunion de cinq irremplaçables improvisateurs déjantés. Lionel Martin sera de la fête avec Patrick Charbonnier, Eric Delbouys, Yoko Higashi et Catherine Laval. Bartok en proue

Enfin, air_hadouk_300dpitrois fakirs qui balladent les spectateurs sur leur tapis volant tels des magiciens nomades en lévitation entre l’Afrique et l’Orient, entre la terre et le rêve : Didier Malherbe (doudouk, sax, …), Loy Erlich (Kora, gumbass, clavier, …) et Steve Shehan (percussions, djembé,…. Hadouk Trio qui offrira ses couleurs musicales dépaysantes et métissées en clôture de cette édition alléchante du Festival Jazz Campus en clunissois 2010.

2009-cluny-nuitEn prime : la silhouette de l’Abbaye, quelques verres de Bourgogne gouleyant et…. la rosée du matin. Plaid et Polaires conseillés mais surtout il est recommandé de venir toutes oreilles au vent !

 

Crest sur la crête du Jazz

29 juillet 2010

Du 1er au 07 août 2010 le coeur du festival crest-jazz-vocal-mailCrest Jazz Vocal va battre et faire vibrer la Drôme et les festivaliers au rythme de ses concerts. S’il est encore des amateurs de musique qui ne connaissent pas ce festival, un des plus anciens de la région Rhône-Alpes, c’est l’année où jamais de le découvrir car le programme s’annonce prometteur et mobilise toutes les attentions. L’affiche fait d’ailleurs l’unanimité quant à son originalité et marque une rupture avec les rayures du zèbre qui furent déclinées sous toutes les coutures avec beaucoup de bonheur d’ailleurs.

Pour cette 35ème année, Alain Bellon et son équipe de 130 bénévoles défenseurs du spectacle vivant, propose une programmation prometteuse aux influences culturelles variées qui laisse augurer dépaysements et voyages musicaux. Des artistes à découvrir, d’autres à revoir. Rien à jeter.

Les 1er et 02 août : ouverture avec Blu Mocambo pour un Tribute tu Paolo Conte et Les Papas Rigolos qui proposent du jazz pour les Mômes.

Le 03 août : voyage entre le Flamenco jazz & le jazz oriental festif

garcia-fons

  •  Renaud Garcia-Fons porte en lui l’âme des musiques du sud : celles de  la méditerranée, de l’Amérique du Sud, du Flamenco et du jazz. Il les fait vivre dans La linea del Sur avec Kiko Ruiz (guitare), Pascal Rollando (cajon & percussions) et David Venitucci (accordéon). Ainsi le contrebassiste nous fait voyager dans toutes les contrées dont il a tricoté les musiques. Nous aimons particulièrement le son et le lyrisme de l’instrument de Renaud Garcia-Fons.
  • C’est au cours de la même soirée que i-maalouf-nvIbrahim Maalouf ressuscitera le souffle du Liban à travers sa trompette 1/4 de ton. Interprète surdoué il pose son identité comme un préalable à celle de sa musique ancrée certes dans ses racines mais aussi dans le monde musical d’aujourd’hui : entre rock et jazz, entre ici et ailleurs. Avec ses  compagnons il offre généreusement une musique qui sonne comme la vie, comme la renaissance, comme l’espoir. Seront à ses côtés : Franck Woeste au fendre Rhodes, Eric Groleau à la batterie, Nenad Gajin à la guitare et Benjamin Molinaro à la basse. Energie en perspective.
Le 04 août : de la Pologne à la Corée.
  • Grzegorz Karnas fut lauréat du concours Crest Jazz Vocal en 2007. Trois ans après il revient et nous découvrirons s’il a renouvellé son inspiration qui plonge dans le folklore de la Pologne dont il est issu pour enrichir laysn1-nah-inu-act langue du jazz qu’il pratique avec aisance.
  • La divine voix de Youn Sun Nah s’élèvera à la nuit tombée. La chanteuse coréenne à l’aise sur les tempi débridés pratique des improvisations à en couper le souffle. Mais elle sait ensorceler nos âmes lorsqu’elle murmure de douces et lentes mélodies. Sa voix claire alternativement puissante ou délicate,  est soutenue par les percussions de Xavier Desandre, se marie à ravir avec la guitare de Ulf Wakenius et les cordes de Lars Danielson et joute avec la trompette de Mathias Eick dans les registres célestes. Délices vocals délicats en prévision.
Le 05 août : de la pizzica festive au klezmer cuivré et hip-hop
  •  Nico Morelli, pianiste transalpin pratique un jazz gai etmorelli très personnel : les rythmes italiens de Pizzica Salentina épicent d’humour son approche très moderne du clavier. Cette musique dansante et originale est à découvrir de toute urgence car l’artiste se fait rare dans  nos contrées : trop rare à notre goût. Son disque UN[FOLKETTABLE]donne la mesure de son talent
  • Le mélange abraham_incmusical Klezmer + funk cuivré + HipHop inspiré prendra le relais avec David Krakauer, Fred Wesley et SoCalled. Le projet ABRAHAM INC. va sans doute déclencher l’enthousiasme dans l’Espace Soubeyran car la musique du clarinettiste new-yorkais avait fait l’unanimité lors de sa venue en 2006.
Le 06 août : une amoureuse du jazz et un trompettiste au faîte de son art
  • La chanteuse gambariniRoberta Gambarini tombée dans la marmite du bop et du scat s’impose auourd’hui comme incontournable dans sa catégorie. Elle se produira avec Tamir Hendelman au piano, Neil Swainson à la basse et Jake Hanna à la batterie. Belles envolées à venir.
  • C’est Roy Hargrove, sa trompette et son2009_070203juillet2009jav0124 quintet qui prendront le relai : aucun doute ne plane. Le spectacle sera post bop et nous sommes assurés d’entendre un concert marquant car le leader ne joue jamais en sous-régime et flirte toujours avec le divin. Il nous est souvenir un certain 02 juillet 2009 à Vienne où Hargrove et Gambarini avaient uni leurs talents pour offrir une musique inoubliable, encore gravée dans les mémoires de tous les spectateurs présents. Qui sait, peut-être aurons nous le bonheur d’une rencontre imprévue entre les 2 artistes. A ne rater sous aucun prétexte.
Le 07 août : lauréat de la 22ème édition du concours de Jazz Vocal et boîte de Jazz
  • Rituellement c’est le lauréat du concours de jazz vocal qui ouvre la dernière soirée du festival chaque année. Pour connaître son nom…… RV sur l’Espace Soubeyran ce 07 août et mieux encore, avoir suivi le concours qui se déroule tous les après-midi dans le village de Crest pour confronter votre propre sélection à celle du jury que préside Denise Deronzier et parraine Mina Agossi.
  • Michel Jonasz fera touner la boîte aux souvenirs pour ravir les spectateurs avec son tour de chant teinté d’inspiration jazz.

Le choix va être cornélien : venir à Crest au moins pour une soirée …. ou se donner les moyens de passer une semaine de bonheur jazz dans la Drôme. Dans le cas où le déplacement ne vous est pas possible, les musiques cette édition 2010 tournent déjà dans les Latins de Jazz et résonneront pendant tout l’été du lundi au vendredi entre 223h et 04h le matin avec Bernard & Nicole Videmann.

Les Nuits Jazz de Fourvière

29 juillet 2010

nuitsdefourviere2010Le feu d’artifice des Nuits de Fourvière se terminera le 31 juillet avec l’Eclat Final. Cette manifestation amorcée le 4 juin, a accueilli les spectateurs avec beaucoup de respect et de générosité. La qualité des spectacles ne s’est pas démentie quelque soit la discipline.

Nous témoignons  pour les Latins de Jazz de ce que furent les soirées couleur “Jazz”.

Le Django Drom tony-gatlifcréé à Fourvière en hommage à Django Rheinhardt a réuni sur scène les 15, 16 et 17 juin, la fine fleur des jazzmen qui pratiquent la musique dite manouche. La pluie et l’abri de protection monté pour protéger les musiciens, a pu géner les spectateurs lors de la projection du film conçu et réalisé par Tony Gatlif, mais il ne leur a pas échappé combien les images étaient belles, restituées et animées avec amour, respectueuses de l’esprit du peuple de Django pour qui la liberté fut et est encore un élément indispensable. Les 14 artistes réunis sur scène autour de Didier Lockwood ont offert au cours des ces 3 concerts commémoratifs une musique captivante, rayonnante, enjouée et  pleine de charme. La virtuosité de Didier Lockwwod, Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg et Jean-Maris Ecay, la sensibilité de Florin Gugulica et Emy Dragoï, la poésie de Diego Imbert, se sont alliés aux talents de nouveaux venus : Fiona Monbet et Adrien Mognard. Leur version du Boléro de Ravel (même s’il est éloigné du monde de Django) fut un moment magique dont nos oreilles résonnent encore de bonheur.

La Nuit Brooklyn du 12 juillet a permis aux spectateurs de découvrir la richesse de la scène de Brooklyn. Dame Sharon Jones et les Dap-Kings a encore une fois porté à ses sommets l’art de la musique qu’elle afectionne : Soul jusqu’au bout des ongles, elle a enchanté celles et ceux qui avait déjà vibré aux sons des Dirty Projectors et des invités de The National. Soirée joyeuse, et vivante au possible ! Plaisir sur toute la ligne.

Ce fut ensuite un bonheur de retrouver anouarbrahem_credit_lucadagostino-emc-recordsle 17 juillet Anouar Brahem  sur la scène de l’Odéon pour un voyage vibrant dans le nouveau monde du oudiste. A ses côtés : le clarinettiste allemand Klaus Gesing, le bassiste suédois Björn Meyer et le percusionniste libanais Khaled Yassine. La musique a comme par miracle contribué à nettoyer le ciel gris et a fait régner un climat de sérénité et de plénitude parmi les spectateurs attentifs. Certes, Anouar Brahem fascine par la qualité de son toucher et de ses chorus déliés, fins et précis, mais il prouve aussi que son statut de Maître de l’oud ne l’empêche pas d’impulser une musique de groupe : en effet, du début à la fin du concert, les 4 artistes ont joué en totale communion. A tour de rôle chacun s’est exprimé mais surtout tous s’écoutaient. Le sourire irradiait leurs visages. Le plaisir des spectateurs ne fut pas feint tout au long des 8 morceaux et des 2 rappels qui ont suivi une standing ovation sponténée et méritée.

Avec Keith Jarret, Gary Peacock et Jack DeJonette la soirée du 23 juillet fut d’une autre facture. Sous peine d’annulation du concert, les spectateurs n’étaient pas autorisés à manger ou même à boire sur les gradins. Interdit aussi, même en cas de pluie (le ciel était pourtant menaçant) d’enfiler capes et ponchos après le début du concert. Après seulement quelques mesures prometteuses, Jack DeJonnette, joignant le geste à l’injonction, menaçait de trancher la tête à 2 spectateurs bavards. Trois morceaux plus tard au cours desquels les musiciens parvenaient enfn à se concentrer et à produire une musique de qualité, le même DeJohnette, furieux, bondit de derrière ses fûts et pointa du doigt un spectateur, l’accusant de captation de son, d’image. Keith Jarrett menaça alors de suspendre le concert tant que l’enregistrement supposé n’était pas restitué. En fait : point de captation, il s’agissait seulement d’un signal lumineux anodin. Sifflets et mécontentement dans l’assistance. Hormis les chorus inspirés de Gary Peacock et quelques fulgurances de Keith Jarrett sur les ballades, point de magie. Jack DeJonnette ne fut que l’ombre de lui-même, en atteste un pénible solo sur la grosse caisse. Ces  stars incontestables avaient ce soir-là oublié le respect dû à un public qui les admire depuis longtemps, ils avaient perdu de vue ce pourquoi les spectateurs se déplacent : leur musique.  Dommage pour le spectacle et la musique vivante. Il nous reste les disques du trio toujours aussi peaufinés et ressourçants.

Par contre le 24 juillet, zahra-hindi-phot-02la fraicheur et la qualité de la musique produite par Hindi Zahra en a ravi plus d’un : compositions aux rythmes très originaux, mise en place précise, interventions inspirées et toniques des 2 guitaristes. La chanteuse a confirmé son identité et son talent vocal et sa présence scénique a déclenché les vivas d’un public mobilisé pour Rodrigo et Gabriela.

Ces Nuits de Fourvière 2010 furent d’une grande qualité et ont participé à offrir aux lyonnais des spectacles réussis. Vivement 2011 pour que retrouver cette manifestation dont la programmation est diversifiée et originale.

Pour retrouver les sons de tous ces artistes, RV dans les Latins de jazz avec Bernard & Nicole Videmann tout l’été de 23h à 04h.

30 bougies pour la JAZZ MIX NIGHT

11 juillet 2010

C’est en effet le 09 juillet 2010 que jp-boutelliet-ert-bobby-gateauJean-Paul Boutellier a soufflé les 30 bougies allumées sur un gâteau géant et portées sur scène à la fin du set de Bobby McFerrin. C’est presque Autour de minuit lors de la JAZZ MIX NIGHT que le programmateur de cette 30ème édition de Jazz à Vienne, qui est aussi le fondateur de ce festival, est venu avec émotion sacrifier au rituel “gâteau et bougies” (déjà présentes sur l’affiche de Bruno Théry). Cela tombait fort à propos après le merveilleux concert offert par ce chanteur si cher au coeur des spectateurs du Théâtre Antique. Sa venue a déclenché à chacune de ses venues des climats émotionnels très forts . bobby-chorale-recadreCette année Bobby McFerrin a dialogué avec une chorale sur scène et a invité le choeur des spectateurs à échanger avec eux. Il a même rejoint les gradins pour mieux lancer la machine. Avec lui la soirée a vraiment décollé. En effet même si Alefa, le trio de Céline Bonacina avait entamé la soirée avec énergie  (il s’agissait du groupe lauréat du Tremplin Rezzo 2009) l’intervention du pianiste François-René Duchable a fait retomber la dynamique en proposant des pièces d’auteurs classiques qui ont inspiré les compositeurs de jazz. Le public pourtant beau joueur a aimé déguster ce sandwich classico-pianistique dans une nuit qui a offert aux plus courageux un bel épisode de Soul avec Lee Fields & The Expressions, un big-band brésilien des plus toniques, Spok Frevo, Tony Allen et les merveilleux Piers Pacini et Vincent Segal que nous aurions aimé déguster en apéritif.

Ce fut une JAZZ MIX NIGNT réussie après un festival où le soleil a brillé plus que le jazz mais où le public est accouru pour applaudir des pointures issues de mondes périphériques au jazz : Paolo Conte, Joe Cocker, Elvis Costello.

Pour notre part nous avons surtout apprécié et vibré à l’écoute de Wayne Shorter et Michel Portal  pour les soufflants, Brad Mehldau, Chucho Valdes  & Monty Alexander pour les pianistes, Dorado Schmitt, digne représentant des guitaristes manouches, Manhattan Transfer & Bobby Mc Ferrinbobby-debout-percu-thorax-01-retouche, vocalistes émérites, mais aussi Paco de Lucia protagoniste au sommet de son art & Mart’nalia lumineuse représentante du samba brésilien.

Bien sûr il reste à venir l’EXTRA Night avec Norah Jones (le 17 juillet).

Vous retrouverez avec Bernard et Nicole Videmann les musiques de cette 30èms édition de Jazz à Vienne dans les Latins de Jazz sur RCT CapSao.

Diana crawl sur le clavier et Elvis fleure bon le Sud des States

9 juillet 2010

Le 8 juillet au Théâtre Antique, la foule s’est déplacée pour écouter la famille Krall/Costello. C’est en effet cette dimension “people” qui a été au coeur de l’échange de la pianiste Diana Krall avec le public : “nous sommes venus en famille, mes 2 enfants mon mari et mes musiciens….. c’est vraiment super d’être là….. les enfants ont joué dans le parc cet après-midi…blablabla…”. diana-krallHormis cela elle a joué et chanté sans jamais se départir du climat intimiste “club feutré” un peu passéiste qu’elle affectionne et qui convient à des petites jauges mais sied moins bien à la dimension du site. La prestation vocale a été honnête mais les interventions de l’artiste sur les touches noires et blanches n’ont pas déclenché des vivas enthousisastes au sein du public mais plutôt des applaudissement convenus. Elle a présenté les auteurs ou les interprètes des morceaux joués au gré des partitions qu’elle effeuillait : Jobim, Tom Waits,Joni Mitchell, Shirley Horn, ..). Finalement quelquefois le CD remplace avantageusement le “live” et les CD de Diana Kral sont des bijous léchés à écouter avec bonheur. Dommage car le Jazz prétend à être une musique vivante qui gagne à être dégusté “live”.

Quant à la seconde partie de soirée tenue par Elvis Costello encravaté et son groupe : point de rock mais un répertoire country fleurant bon le sud des Etats Unis : la chaleur régnant à Vienne a permis aux spectateurs de voyager sans effort dans le climat musical et de manifester leur plaisir.

Nicole & Bernard Videmann vous donnent RV pour des échos de la JAZZ MIX NIGHT qui se déroule le 09 juillet avec : Céline Bonacina, Lee Fields, Spokfrevo, ……. et surtout Bobby McFerrin qui devraient offrir des musiques vivantes au Théâtre Antique jusqu’à l ‘aube du 10 juillet.

Le Brésil à Vienne ou Mart’nalia astre solaire et Carlinhos empereur de la nuit

8 juillet 2010

Un certain 06 juillet la scène du Théâtre Antique a été habitée successivement par Mart’nalia, qui a solarisé et féminisé le Samba en diable en lui restituant l’âme de la rue et de la véracité, le sourire de la tradition et de la simplicité puis par Carlinhos Brown  qui  a officié tel un roi de la nuit pour associer la foule à ses incantations vigoureuses et tonitruantes, véritable totem viril et puissant qui a déclenché une frénésie bonne enfant au sein du public. Ce fut dionysiaque à souhait. Quelques visuels pour se souvenir de la générosité de ces 2 artistes généreux.

Brésil ! Brésil ! muito obrigado !!!!

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