Involved : Partition en Mélodie Majeure
15 avril 2012Depuis 2009 et l’album Invisible Wound, le pianiste Philippe Le Baraillec nous manquait.
Sa musique nous avait sĂ©duits. En ce mois d’avril 2012, l’album INVOLVED/OUT NOT RECORDS nous a comblĂ©s. De cet opus se dĂ©gage un climat de mĂ©lodie et d’harmonie entrelacĂ©es. L’Ă©criture du pianiste est prĂ©cise et les interventions des artistes se succèdent et se complètent avec finesse et sensibilitĂ©.
Le jeu fluide du pianiste est irriguĂ© de poĂ©sie et de sĂ©rĂ©nitĂ©. La rythmique est assurĂ©e avec brio et nuance par Ichiro Onoe (batterie) et Mauro Gargano (contrebasse) : la souplesse du premier, son sens de la cĂ©sure et de la suspension font Ă©cho Ă la pulsation ajustĂ©e du second. Les deux compères vibrent en osmose avec le pianiste et leur complicitĂ© sied Ă la musique. Sur sept des neuf titres, le son veloutĂ© du saxophone de Chris Cheek irrigue de sa gĂ©nĂ©rositĂ© et de force le jeu du trio. Il contribue par son lyrisme Ă accentuer une impression de rĂŞverie suave. Nous retrouvons comme des rĂ©miniscences des accents de Getz lorsqu’il jouait aux cĂ´tĂ©s d’Andy Laverne, et quelques effluves de Charles Lloyd.
Construites avec rigueur les compositions sont prĂ©cises et ouvrent l’espace aux musiciens pour dĂ©rouler et entrelacer leurs discours en toute libertĂ© et complicitĂ©. Tous les thèmes sont des Ĺ“uvres originales de Philippe le Baraillec hormis la reprise de Sonny Rollins, Saint Thomas. C’est en trio que ce dernier titre est jouĂ© et l’idĂ©e est fort bonne car l’empreinte de Rollins est prĂ©gnante. L’interprĂ©tation très originale du trio ne manque pas de saveur et vaut son pesant de calypso : Ichiro Onoe mène le groove Ă la perfection, la contrebasse soutient avec aisance un tempo chavirĂ© et les chorus du pianiste chantent et enchantent par leur dĂ©calage. Nous avons rĂŞvĂ© avec La Toupie, interprĂ©tĂ©e en solo par le pianiste comme la vision Ă©purĂ©e et poĂ©tique d’un mouvement suspendu. Sur le clavier l’artiste imprime au silence une broderie subtile et onirique. L’Ă©lan et les rythmes alternĂ©s de Choose Choosin’ Ă©voquent la pulsion de nos hĂ©sitations. Les ballades 10th of September et Iceberg abreuvĂ©es de mĂ©lodie et de sensibilitĂ© apportent profondeur et lyrisme Ă l’opus.
Involved chante le monde très personnel et tout en nuances de Philippe Le Baraillec. Il comptera parmi les albums essentiels de 2012.
A ne pas rater prochainement deux dates de concerts du trio : les 02 & 03 juin à Paris dans le cadre de Jazz à Saint-Germain des Prés.
internationale. Ce mois d’avril 2012 voit la parution sous ce label d’une dĂ©couverte musicale qui va enrichir le paysage des trios : il s’agit de la sortie du 1er disque du pianiste Shai MAESTRO et de son trio.
Il s’est ouvert au jazz très jeune Ă l’Ă©coute de la musique du pianiste Oscar Peterson. Il a façonnĂ© son propre style et s’est aguerri aux scènes en tournant depuis 2006 aux cĂ´tĂ© du contrebassiste Avishai Cohen avec lequel il a enregistrĂ© plusieurs opus. Son Ă©criture et son discours sont arrivĂ©s Ă maturitĂ© et il vient d’enregistrer ce disque avec son propre trio. Le disque donne Ă Ă©couter neuf compositions originales et un arrangement d’un morceau traditionnel. Nous avons aimĂ© l’univers de cette gravure d’oĂą se dĂ©gagent tout Ă la fois de l’Ă©nergie et de l’Ă©motion, une puissance collective et de brillantes interventions des solistes. La musique respire la lumière, la libertĂ© la sensibilitĂ© et la souplesse. Comme construite sur des fondations structurĂ©es, elle semble rĂ©sulter d’une rĂ©elle communication des trois partenaires. La batterie et la contrebasse assurent une solide polyrythmie et soutiennent avec inspiration le discours du pianiste. Lyrique et profond sur tempo lent oĂą le silence trouve sa place et fait respirer le discours, Shai Maestro se fait vĂ©loce et tellurique sur les rythmes rapides dont il maĂ®trise parfaitement les spirales.
, le Hot Club de Lyon organise son festival de jazz. Du 24 au 28 avril, le HOT CLUB de LYON JAZZ FESTIVAL # va investir sa cave du 26 rue Lanterne au cĹ“ur de la presqu’Ă®le lyonnaise. Il nous propose des concerts aux idiomes multiples pour nous rappeler que le jazz est multiforme et que cette institution sait se rappeler mais aussi se projeter.
le Hot Club All Stars Big Band accueillera 2 incontournables meneurs de swing : le chanteur Marc Thomas, crooner
Ă©nergique qui sait se faire tendre et le fougueux et volubile Daniel Huck scatteur Ă©mĂ©rite et be-boper hors pair sur son alto magique. Place au Swing sans mesure…ou plutĂ´t avec dĂ©mesure pour le plus grand bonheur de tous. L’humour sera aussi de mise.
Christophe Metra ouvrira la soirée avec son 5tet et nous retrouverons à ses côtés, Wilhelm Coppey au piano, Hervé Salomone à la trompette, et la fidèle rythmique Patrick Maradan & Cédric Perrot. Première partie prometteuse avec un jazz inspiré conduit par le talentueux trompettiste dont nous apprécions toujours les arrangements soignés.
Le Hot Club Workshop accueillera ensuite l’altiste Pierrick Pedron pour un hommage Ă Monk. En perspective du bop de la meilleure facture pour ce saxophoniste toujours Ă©nergique dont la musique a irriguĂ© la dernière soirĂ©e du festival A Vaulx Jazz.
Manu Codjia qui reprendra en trio le rĂ©pertoire de son album Covers. Le guitariste sera accompagnĂ© par JĂ©rĂ´me Regard Ă la contrebasse et Philippe Garcia aka Pipon Ă la batterie. Les standards pop n’ont qu’Ă bien se tenir : ils vont frĂ©mir sur leurs bases et il sera alors temps pour les musiciens de participer Ă la Jam.
Stéphane Kochoyan, le nouveau directeur artistique du festival a dévoilé le 27 mars la programmation de Jazz à Vienne 2012 : ce sera une année privilégiée pour les cordes, toutes les cordes : celles des pianos, des guitares et des basses, les cordes vocales des chanteurs et aussi les cordes sensibles des amateurs de jazz qui vibreront à l’unisson d’un programme fort attrayant.
an Hamasyan trio
En 2012 les 19ème Nuits de Fourvière se dérouleront du 05 juin au 31 juillet avec 114 représentations de 42 spectacles. La programmation fera alterner des soirées de danse, du théâtre, de l’opéra, du cirque et de la musique avec cette année, 5 créations, 8 premières françaises et 9 co-productions.
NL sous la direction de Léonard Statkin avec au programme Gershwin, Ravel et Milhaud. Gershwin sera aussi au répertoire de Jessye Norman, le 29 juin. Cette diva de l’Opéra
aime Ă cĂ©lĂ©brer les standards du jazz, du gospel et du negro spirituel et fera vibrer nos âmes. Le 06 juillet l’orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon se produira aux cĂ´tĂ©s de Antony and the Johnsons pour une soirĂ©e qu
e nous prédisons inoubliable.
s Latins de Jazz. Le 14 juillet, ce sont Rodrigo y Gabriela avec piano et cuivres de CUBA qui mèneront le bal. Nous resterons en Amérique du Sud le 26 juillet, avec la Nuit du Brésil où nous retrouverons Flavia Coehlo et le grand Gilberto Gil qui réinvente sa musique avec J Morelenbaum au sei
n d’un quatuor Ă cordes.
et le 18 juillet, Bob Dylan, ce poète et chanteur qui a embrassé toutes les musiques et traversé les courants sans jamais se damner.
Thierry Serrano l’a annoncĂ©, non sans quelque fiertĂ© : “le Festival A Vaulx Jazz a gardĂ© son AAA“.
a embouchĂ© clarinette, saxophone soprano et alto sur lequel il a Ă©tĂ© très convaincant. Avec son Orient House Ensemble il a soufflĂ© en direction du peuple palestinien et de tous les hommes victimes de violence pour lesquels il souhaite rĂ©pit et paix. Pour eux il a jouĂ© London to Gaza … qu’il a rebaptisĂ© London to Toulouse. Des citations de la Marseillaise ont rĂ©sonnĂ© dans nos oreilles Ă plusieurs reprises. Son rĂ©pertoire est ancrĂ© dans les musiques populaires de ses racines orientales mais il a tenu Ă interprĂ©ter un auteur du rĂ©pertoire français : Ravel …. dont la versiondu BolĂ©ro devenu BolĂ©ro at Sunrise en a surpris plus d’un. Interprète très technique, vĂ©loce et inspirĂ©, il a su rallier le public Ă sa musique. Le rappel a Ă©tĂ© magistral et chaleureux.
DJ et MC qui s’exprime aux platines, samples, piano et accordĂ©on, et bien sĂ»r Ă la voix. A leurs cĂ´tĂ©s Fred Wesley, maĂ®tre du style et tromboniste Ă©mĂ©rite ajoute la puissance de ses interventions. Nous n’oublions pas non plus la prĂ©sence du rappeur Raydar Ellis qui fait le lien entre ces trois instrumentistes leaders de l’ABRAHAM INC. qui a littĂ©ralement enf
lammĂ© le Centre Charlie Chaplin. Devant la scène et sur les cĂ´tĂ©s de la salle, un public très jeune a adhĂ©rĂ© sans rĂ©serve Ă la musique du groupe qui outre sa virtuositĂ© a fait montre de gĂ©nĂ©rositĂ© et de groove pour le plus grand bonheur de la salle entière. Ce fut la fĂŞte dès le premier morceau et jusqu’Ă la fin de la soirĂ©e. Rire et joie partagĂ©s sur toutes les visages dans la salle et sur la scène.
JoĂ«lle LĂ©andre, voix incontournable de la musique improvisĂ©e en Europe avait dĂ©jĂ enchantĂ© le public du festival en 2009 avec les Diaboliques. Elle s’est produit cette annĂ©e avec Nicole Mitchell aux flĂ»tes et Raymond Strid Ă la batterie. Le trio nous a accueilli dans leur univers, un monde impressionniste oĂą les instruments dialoguaient. La fragilitĂ© de la voix et de la flĂ»te de Nicole Mitchell contrastait avec la puissance de la contrebasse de JoĂ«lle LĂ©andre. PlantĂ©e, tel un arbre indĂ©racinable, la contrebassiste grommelait puis adoucissait son propos ; puissante, elle ajustait ses coups d’archet tout en contraste avec la ligne pointilliste de la flutiste. Cette dernière nous conduisait dans des ambiances aux atmosphères Ă©vocatrices : Japon, Afrique, chants indiens. Mais du dĂ©but Ă la fin du set les deux femmes ont libĂ©rĂ© la musique. Les dĂ©licates incursions du batteur soutenaient leur discours. Un jeu tout en nuance et en lĂ©gèretĂ© : effleurements des cymbales, caresses des peaux. Il recrĂ©ait un monde qui nous a rappelĂ© celui de Paul Motian. Improvisation et libertĂ© au service d’une rĂŞverie bucolique.
Le trio qui a rĂ©uni le pianiste Agusti Fernandez, le contrebassiste Barry Guy et le batteur Ramon Lopez pourrait figurer au catalogue du label ECM. Ces improvisateurs se sont retrouvĂ©s autour d’un rĂ©pertoire principalement proposĂ© par le pianiste. Des moments de lyrisme Ă©thĂ©rĂ© et d’autres de folie maĂ®trisĂ©e ont alternĂ©. Les pièces dessinent des atmosphères douces avec des Ă©chappĂ©es libres que s’octroient alternativement piano, contrebasse et batterie. Agusti Fernandez brosse sur le clavier des lignes hispaniques et son phrasĂ© dĂ©tachĂ© fait merveille lorsqu’il Ă©grène des mĂ©lodies nostalgiques. Barry Guy, charnel et prĂ©cis, sculpte les sons et fait alterner des phrases abruptement libres Ă des Ă©pisodes poĂ©tiques d’une justesse et d’une prĂ©cision inouĂŻes. Ramon Lopez explore toutes les dimensions de la batterie : puissance et douceur, profondeur et violence, rondeur et souplesse. Musique sereine et Ă©lĂ©gante, atmosphère aĂ©rienne.
Le concert du 16 mars dans le cadre de la “SoirĂ©e New York” du Festival A Vaulx Jazz 2012 avec In My Mind : MONK par Jason MORAN & The Big Bandwagon, a dĂ©passĂ© toutes les espĂ©rances des spectateurs prĂ©sents ce soir-lĂ .
Les musiciens ont ensuite dĂ©ambulĂ© avec leurs instruments et des percussions d,e la scène jusqu’au parvis de l’Espace Charlie Chaplin et ont conclu la soirĂ©e au sein d’un public heureux d’avoir partagĂ© ce moment inoubliable.
Nous avons retrouvĂ© avec grand plaisir le compositeur pianiste et polyinstrumentiste brĂ©silien Jovino Santos Neto sur son dernier album CURRENT (Adventure music) enregistrĂ© en studio en 2011. Nous l’avions dĂ©jĂ prĂ©sentĂ©
celle de Jovino Santos Neto au piano. C’est le bassiste Chuck Deardorf qui introduit “Two Friends, True Friends” puis soutient l’expression de H. Wainapel au saxophone soprano qui cisèle un solo lumineux entourĂ© des voix cristallines de Lena Simons et Caroline Corcoran. Sur “Matraca”, une samba Ă©chevelĂ©e mais racĂ©e, la flute du leader tient la dragĂ©e haute au tĂ©nor. Tout au long de l’album, les rythmes sont servis de la meilleure manière par le batteur Mark Ivester et le percussionniste Jeff Busch. Sur “Outras Paias”, les deux musiciens tissent un merveilleux tapis rythmique permettant au leader de s’exprimer avec brio : nous rĂŞvons alors des plages vers lesquelles ils nous invitent. C’est Ă la clarinette que H. Wainapel entame Pra Casa dont la mĂ©lodie n’est pas sans Ă©voquer le monde de Jobim et les mĂ©lodies de Paquito D’Riveira. Les cĂ©sures et syncopes impulsĂ©es avec dĂ©licatesse par les rythmiciens dotent ce morceau d’un charme un peu nostalgique, avec des Ă©changes en contrepoint pianiste - clarinettiste qui nous emmènent surfer sur une vague musicale bucolique. Jusqu’à nous retrouver aux confins du ciel et de la mer sur “Sea and Sky” lorsque Jovino Santos Neto s’exprime au mĂ©lodica et enroule sa ligne mĂ©lodique Ă celles du vibraphone et du soprano. DĂ©licieuses spirales musicales qui engagent Ă Â la rĂŞverie et Ă une douce mĂ©lancolie. L’album se termine avec “A Fonte”, une ballade simple, dĂ©licate mais puissante qui signe clairement le talent du compositeur.