Archive pour la catégorie 'Chorus'

La musique comme antidote à la froidure clunisoise !

Dimanche 29 août 2010

festival_jazz_campus_en_clunisois3Le 28 août, pour la clôture du festival Jazz en Campus en clunisois, les musiciens nous ont fait oublier les aléas de la météo et pourtant le froid régnait en maître dans les jardins de l’Abbaye de Cluny. Malgré le vin chaud proposé par les Vignerons des Terres secrètes, les spectateurs ont été soumis à rude épreuve et les couvertures, bonnets, gants, polaires et autres accessoires étaient de sortie.   Les artistes faisant fi de la froidure ont offert le meilleur de leur art et de leur énergie pour faire oublier aux spectateurs ces conditions climatiques peu propices à une écoute attentive. Et le miracle est advenu : la musique a triomphé.

Le duo Michel PORTAL - Sylvain LUC sylvain-lucfut d’une très haute tenue. Les deux bayonnais se sont entendus comme larrons en foire pour  combler nos tympans. Complicité et humour, lyrisme et créativité furent les points forts de leur spectacle. Leur longue pratique du dialogue a transformé un spectacle d’un haut niveau technique en un échange construit et abouti. michel-portal1L’improvisation a guidé le dialogue mais en filigrane, il transparaissait combien le spectacle était construit  à partir de compositions-repères.  Le maître de la clarinette basse a su soutenir les improvisations débridées et inventives de Sylvain Luc qui à son tour jouait sur sa guitare le rôle d’accompagnateur rythmique et harmonique pour permettre à Michel Portal de libérer son discours. Résultat : une musique inventive et nourrie. Bref : deux basques en Bourgogne : un duo rôdé et convaincant !

public-01Un intermède guerrier nous fut offert sous le farinier des moines par un quartet D’Allègres Barbares qui  firent violemment vibrer la nuit de leurs échanges improvisés à partir des duos pdallegres-barbares1our violon de Bela Bartok. A contrario de la puissance de leur discours, et malgré les mouvements erratiques de la danseuse, l’éclairage semblait clouer dans un immobilisme figé tant le public sidéré que les musiciens combattants de la nuit.

Le trio HADOUK a eu la lourde charge loy-stevede clore la soirée. Les musiciens ont tissé avec talent une toile musicale qui a transporté les spectateurs dans un monde métissé plus évocateur des climats des tropiques que des nuits automnales bourguignonnes. Loy Ehrlich aux claviers et gumbass a été impressionnant de puissance et a semblé piloter le tapis volant sur lequel les trois musiciens officiaient. Steve Shehan fut exemplaire de maîtrise aux percussions et malgré le froid a tiré du hang métallique un chorus d’une précision et d’un délié rare. copie-de-2010_08282010cluny_28-080060Didier Malherbe, affublé d’un pull “Nounours” (prêté pour l’occasion pour lui permettre d’affronter le froid), a confirmé indubitablement sa maîtrise du doudouk. Il a ému l’assistance lorsqu’il a interprété en solo une version de “Around Midnight“ au doudouk, alors que les carillons qui marquaient les 12 coups de minuit. Le trio HADOUK, qui a sorti en 2010 un CD aérien “AirHadouk”,  a encore gagné en cohérence et en puissance : un groupe qui sait assembler les sonorités pour bâtir un monde hors des  contraintes temporelles et géographiques. ….planant !

Retrouvez Les Latins de Jazz, du lundi au vendredi de 23h à 04h pour pour garder au creux des oreilles le souvenir de ces sonorités dépaysantes, avec la programmation de Nicole & Bernard Videmann qui attendrons avec impatience, pour RCT CapSao, la prochaine édition de Jazz Campus en clunisois.

L’âme de Ferré a plané sur Cluny

Vendredi 27 août 2010

coeur1Jeudi 26 août sur la scène du théâtre de Cluny, dans le cadre du Jazz Campus en Clunisois 2010, Yves Rousseau a présenté son projet “Poète, vos Papiers !” et à cette occasion la magie a opéré. L’espace d’un concert, Ferré a ressuscité. Grâce aux musiciens réunis sur scène autour du leader contrebassiste, l’âme de grand poète, disparu en 1993, a déployé ses ailes pour notre plus grand ravissement.

yves-rousseau-presenteYves Rousseau a conçu de rendre hommage à Léo Ferré à partir de son recueil “Poète, Vos Papiers” paru en 1956. Il a ciselé des arrangements modernes sur les musiques de Ferré mais aussi mis en musique certains poèmes, jamais chantés par Ferré. Lors de sa parution, le disque nous avait enchantés. Sur scène le répertoire a gagné en épaisseur et a restitué tout l’esprit de Ferré, sa révolte et sa modernité, il nous a renvoyé au monde d’aujourd’hui dont il restitue un écho : barbarie et oubli du démuni, abus des puissants et misère du quotidien. Yves Rousseau et ses compagnons ont mis en scène  le monde de Ferré avec flamboyance et ardeur, rage et revendication : les artistes ont ainsi répondu au chaos du monde par un tumulte musical tonitruant de mots et de sons organisés à la perfection.

regis-huby_violon-electPour ce projet Yves Rousseau, à la contrebasse, est entouré des compères avec lesquels il joue habituellement en quartet : Régis Huby dont les violons passent de la caresse au paroxysme de grincements saturés, jean-marc-larche-gros-planJean-Marc Larché, dessinateur essentiel des lignes de soutien de l’oeuvre et dont les interventions au sax soprano donnent de l’épaisseur aux voix des chanteuses et Christophe Marguet, christophe-marguetbatteur unique dont les nuances font merveille pour enchasser les chants murmurés et soutenir leurs expressions jusqu’à leur point culminant.

Pour porter les mots de Ferré, 2  muses unissent leur voix à la clameur des instruments. La complicité musicale des vocalistes sert le projet et lui confère une dimension émotionnelle incontestable.

claudia-solal-gros-planClaudia Solal, fantasque improvisatrice, met sa voix au service des mots avec lesquels elle garde une distance pour nous les offrir et mettre en valeur leurs nuances sans gommer leur force. Jejeanne-added_02anne Added, plus fougueuse, habite les textes, se les approprie, leur insuffle son énergie puis nous les catapulte avec puissance. Leurs registres diffèrent mais les chanteuses font mouche : avec ferveur pour l’une, violemment brûlante pour l’autre. La précision de leur interprétation est servie par des voix absolument maîtrisées. Elles s’emploient, chacune à sa manière,  à malaxer la pâte incandescente des textes de Ferré et des notes.

Tous les spectateurs présents ont entr’aperçu de manière fugitive le monde de Dante, le profil de la Dame à la Faux et  garderont le souvenir d’un spectacle radicalement brûlant avec des interprétations fortement émotionnelles de Madame la Misère et de Signoria Miséri (verion italienne de la précédente), du Concerto, du Testament, de L’été s’en fout  enchaîné avec Les passants.

Pour les Latins de Jazz, Nicole & Bernard Videmann ont chroniqué ce concert inoubliable.

Crest Jazz Vocal 2010 : édition réussie

Jeudi 19 août 2010

crest-jazz-vocal-mailL’été avance et  la programmation des Latins de Jazz offre aux auditeurs de RCT CapSao un flash back musical rediffusant les musiques des artistes qui ont fait vibrer de bonheur les spectateurs du Crest Jazz Festival 2010.

Le 03 août, renaud-garcia-fons-06-aout-2010Renaud Garcia Fons (contrebasse) & sa “Linea del Sur”  avec David Venitucci (accordéon), Kiko Ruiz  (guitare) et Pascal Rollando (percussions) ont rallié les vivas unanimes du public. Il vrai que tout était réussi : le répertoire fut interprété avec sensibilité, générosité et conviction par un groupe de musiciens dont la cohérence et la virtuosité étaient à l’égal de la créativité et de l’originalité. Une réussite de bout en bout. Si le leader, Renaud Garcia Fons joue avec humilité derrière son instrument dont il sait tirer les danseuse-linea-del-sur1plus beaux effets et utiliser l’archet avec brio pour faire chanter les cordes, Sabrina Romero a su briller et occuper le devant de la scène avec un talent avéré pour offrir un spectacle digne de la plus pure tradition flamenca . Notre coup de coeur de la soirée va plus particulièrement à david-venitucci1David Venitucci dont la poésie nostalgique et inspirée sert une musique qui a réussi le pont entre jazz, flamenco et expressions latines. Depuis le concert de début de tournée où le groupe (sans la danseuse) s’était produit à l’Amphi de l’Opéra de Lyon, l’orchestre a magnifié son expression et mérite vraiment une salve de bravos.

Le 04 août, youn-a-crest1Youn Sun Nah a confirmé sa place parmi les grandes praticiennes de l’art vocal : son duo avec Ulf Walkenius a tissé un voile de grâce intemporelle et une émotion indicible au-dessus de l’Espace Soubeyran. Sa voix totalement maîtrisée a explosé  dans le scat qu’elle produit à la perfection. Oscillant entre murmure et puissance Youn a exploré avec aisance tous les registres du chant, soutenue par la guitare complice youn-ulk1d’un musicien qui sait mettre en valeur la chanteuse avec laquelle il dialogue réellement. Ce duo qui avait déjà conquis les amateurs de bel ouvrage à l’Amphi de l’Opéra de Lyon a inconstestablement mérité notre soutien inconditionnel et nous lui adressons une gerbe de hourras.

Nous avons aussi été séduit par la prestation de nico-au-piano1Nico Morelli le 05 août avec son “Pizzica Jazz project”. Avec un programme audacieux et original, le pianiste italien a lui aussi réussi la transversalité entre jazz et musique traditionnelle par des ponts tendus entre la pizzica et le jazz, avec des alternances entre les 2 styles et des intermèdes où les 2 répertoires se sont fondaient avec bonheur. Les musiciens furent si convaincants que nous avons redouté aprsè le spectacle la piqûre d’une tarentule : en effet Tiziana Valenti a reproduit sur scène la danse agitée des jeunes femmes du Sud de l’Italie piquées par l’araignée. Tarentelle quand tu nous tiens, la transe nous vient. Nous adressons des clins d’oeil complices et enthousiastes à tous les musiciens de ce groupe qui a déclenché le sourire des spectateurs enchantés.

Bien sûr à Crest comme à Francheville en Juin, nous avons succombé au charme de Ibrahim Maalouf qui confirme incontestablement son talent et sa place incontournable parmi les musiciens de la scène française. Il a semblé que les oreilles du public crestois n’ait pas été préparées à recevoir la musique de ce groupe tonique et haut en puissance après la prestation peaufinée de renaud Garcia-Fons. Il n’empêche que dans les Latins de Jazz nous restons attachés à l’univers de Maalouf. Nous avons aussi bougé sous les assauts multiformes de Abraham Inc. où Fred Wesley a tenu la dragée haute à Krakauer pourtant diablement affairé à explorer tout le registre de sa clarinette. Quant à Socalled il excelle à stimuler et triturer. La soirée du 06 août nous a laissé un arrière goût de frustration après la prestation décevante de Roberta Gambarini soutenue avec peu de conviction par les musiciens de Roy Hargrove qui semblaient s’ennuyer. La chanteuse a vainement tenté de convaincre par des poses séductrices caricaturales alors que sa prestation vocale frisait le clacissisme scolaire. Quant au roi Roy (Hargrove), il n’a pas fait d’ombre aux étoiles qui brillaient ce soir-là, il fut trop peu copie-de-la-tour-de-crest1présent sur scène où il plus dirigé que soufflé . Pour honorer sa couronne, il a tenté par pirouette en fin de spectacle en descendant jouer dans le public comme une star qu’il est pourtant… mais il y des jours moins inspirés (même pour les meilleurs).

Ce sera long d’attendre 2011 pour retrouver, Crest, sa Tour et surtout ….. son festival à l’ambiance chaleureuse, Alain Bellon, Denise Deronzier & toute l’équipe des bénévoles à l’accueil si cordial et ô combien chaleureux.

Pour retrouver le souffle inspiré  de toutes ces musiques : tendez l’oreille sur la programmation des Latins de Jazz, du lundi au vendredi, de 23h à 04h. A bientôt pour d’autres chroniques sur le Blog des Latins de Jazz avec Nicole & Bernard Videmann.

Les Nuits Jazz de Fourvière

Jeudi 29 juillet 2010

nuitsdefourviere2010Le feu d’artifice des Nuits de Fourvière se terminera le 31 juillet avec l’Eclat Final. Cette manifestation amorcée le 4 juin, a accueilli les spectateurs avec beaucoup de respect et de générosité. La qualité des spectacles ne s’est pas démentie quelque soit la discipline.

Nous témoignons  pour les Latins de Jazz de ce que furent les soirées couleur “Jazz”.

Le Django Drom tony-gatlifcréé à Fourvière en hommage à Django Rheinhardt a réuni sur scène les 15, 16 et 17 juin, la fine fleur des jazzmen qui pratiquent la musique dite manouche. La pluie et l’abri de protection monté pour protéger les musiciens, a pu géner les spectateurs lors de la projection du film conçu et réalisé par Tony Gatlif, mais il ne leur a pas échappé combien les images étaient belles, restituées et animées avec amour, respectueuses de l’esprit du peuple de Django pour qui la liberté fut et est encore un élément indispensable. Les 14 artistes réunis sur scène autour de Didier Lockwood ont offert au cours des ces 3 concerts commémoratifs une musique captivante, rayonnante, enjouée et  pleine de charme. La virtuosité de Didier Lockwwod, Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg et Jean-Maris Ecay, la sensibilité de Florin Gugulica et Emy Dragoï, la poésie de Diego Imbert, se sont alliés aux talents de nouveaux venus : Fiona Monbet et Adrien Mognard. Leur version du Boléro de Ravel (même s’il est éloigné du monde de Django) fut un moment magique dont nos oreilles résonnent encore de bonheur.

La Nuit Brooklyn du 12 juillet a permis aux spectateurs de découvrir la richesse de la scène de Brooklyn. Dame Sharon Jones et les Dap-Kings a encore une fois porté à ses sommets l’art de la musique qu’elle afectionne : Soul jusqu’au bout des ongles, elle a enchanté celles et ceux qui avait déjà vibré aux sons des Dirty Projectors et des invités de The National. Soirée joyeuse, et vivante au possible ! Plaisir sur toute la ligne.

Ce fut ensuite un bonheur de retrouver anouarbrahem_credit_lucadagostino-emc-recordsle 17 juillet Anouar Brahem  sur la scène de l’Odéon pour un voyage vibrant dans le nouveau monde du oudiste. A ses côtés : le clarinettiste allemand Klaus Gesing, le bassiste suédois Björn Meyer et le percusionniste libanais Khaled Yassine. La musique a comme par miracle contribué à nettoyer le ciel gris et a fait régner un climat de sérénité et de plénitude parmi les spectateurs attentifs. Certes, Anouar Brahem fascine par la qualité de son toucher et de ses chorus déliés, fins et précis, mais il prouve aussi que son statut de Maître de l’oud ne l’empêche pas d’impulser une musique de groupe : en effet, du début à la fin du concert, les 4 artistes ont joué en totale communion. A tour de rôle chacun s’est exprimé mais surtout tous s’écoutaient. Le sourire irradiait leurs visages. Le plaisir des spectateurs ne fut pas feint tout au long des 8 morceaux et des 2 rappels qui ont suivi une standing ovation sponténée et méritée.

Avec Keith Jarret, Gary Peacock et Jack DeJonette la soirée du 23 juillet fut d’une autre facture. Sous peine d’annulation du concert, les spectateurs n’étaient pas autorisés à manger ou même à boire sur les gradins. Interdit aussi, même en cas de pluie (le ciel était pourtant menaçant) d’enfiler capes et ponchos après le début du concert. Après seulement quelques mesures prometteuses, Jack DeJonnette, joignant le geste à l’injonction, menaçait de trancher la tête à 2 spectateurs bavards. Trois morceaux plus tard au cours desquels les musiciens parvenaient enfn à se concentrer et à produire une musique de qualité, le même DeJohnette, furieux, bondit de derrière ses fûts et pointa du doigt un spectateur, l’accusant de captation de son, d’image. Keith Jarrett menaça alors de suspendre le concert tant que l’enregistrement supposé n’était pas restitué. En fait : point de captation, il s’agissait seulement d’un signal lumineux anodin. Sifflets et mécontentement dans l’assistance. Hormis les chorus inspirés de Gary Peacock et quelques fulgurances de Keith Jarrett sur les ballades, point de magie. Jack DeJonnette ne fut que l’ombre de lui-même, en atteste un pénible solo sur la grosse caisse. Ces  stars incontestables avaient ce soir-là oublié le respect dû à un public qui les admire depuis longtemps, ils avaient perdu de vue ce pourquoi les spectateurs se déplacent : leur musique.  Dommage pour le spectacle et la musique vivante. Il nous reste les disques du trio toujours aussi peaufinés et ressourçants.

Par contre le 24 juillet, zahra-hindi-phot-02la fraicheur et la qualité de la musique produite par Hindi Zahra en a ravi plus d’un : compositions aux rythmes très originaux, mise en place précise, interventions inspirées et toniques des 2 guitaristes. La chanteuse a confirmé son identité et son talent vocal et sa présence scénique a déclenché les vivas d’un public mobilisé pour Rodrigo et Gabriela.

Ces Nuits de Fourvière 2010 furent d’une grande qualité et ont participé à offrir aux lyonnais des spectacles réussis. Vivement 2011 pour que retrouver cette manifestation dont la programmation est diversifiée et originale.

Pour retrouver les sons de tous ces artistes, RV dans les Latins de jazz avec Bernard & Nicole Videmann tout l’été de 23h à 04h.

30 bougies pour la JAZZ MIX NIGHT

Dimanche 11 juillet 2010

C’est en effet le 09 juillet 2010 que jp-boutelliet-ert-bobby-gateauJean-Paul Boutellier a soufflé les 30 bougies allumées sur un gâteau géant et portées sur scène à la fin du set de Bobby McFerrin. C’est presque Autour de minuit lors de la JAZZ MIX NIGHT que le programmateur de cette 30ème édition de Jazz à Vienne, qui est aussi le fondateur de ce festival, est venu avec émotion sacrifier au rituel “gâteau et bougies” (déjà présentes sur l’affiche de Bruno Théry). Cela tombait fort à propos après le merveilleux concert offert par ce chanteur si cher au coeur des spectateurs du Théâtre Antique. Sa venue a déclenché à chacune de ses venues des climats émotionnels très forts . bobby-chorale-recadreCette année Bobby McFerrin a dialogué avec une chorale sur scène et a invité le choeur des spectateurs à échanger avec eux. Il a même rejoint les gradins pour mieux lancer la machine. Avec lui la soirée a vraiment décollé. En effet même si Alefa, le trio de Céline Bonacina avait entamé la soirée avec énergie  (il s’agissait du groupe lauréat du Tremplin Rezzo 2009) l’intervention du pianiste François-René Duchable a fait retomber la dynamique en proposant des pièces d’auteurs classiques qui ont inspiré les compositeurs de jazz. Le public pourtant beau joueur a aimé déguster ce sandwich classico-pianistique dans une nuit qui a offert aux plus courageux un bel épisode de Soul avec Lee Fields & The Expressions, un big-band brésilien des plus toniques, Spok Frevo, Tony Allen et les merveilleux Piers Pacini et Vincent Segal que nous aurions aimé déguster en apéritif.

Ce fut une JAZZ MIX NIGNT réussie après un festival où le soleil a brillé plus que le jazz mais où le public est accouru pour applaudir des pointures issues de mondes périphériques au jazz : Paolo Conte, Joe Cocker, Elvis Costello.

Pour notre part nous avons surtout apprécié et vibré à l’écoute de Wayne Shorter et Michel Portal  pour les soufflants, Brad Mehldau, Chucho Valdes  & Monty Alexander pour les pianistes, Dorado Schmitt, digne représentant des guitaristes manouches, Manhattan Transfer & Bobby Mc Ferrinbobby-debout-percu-thorax-01-retouche, vocalistes émérites, mais aussi Paco de Lucia protagoniste au sommet de son art & Mart’nalia lumineuse représentante du samba brésilien.

Bien sûr il reste à venir l’EXTRA Night avec Norah Jones (le 17 juillet).

Vous retrouverez avec Bernard et Nicole Videmann les musiques de cette 30èms édition de Jazz à Vienne dans les Latins de Jazz sur RCT CapSao.

Diana crawl sur le clavier et Elvis fleure bon le Sud des States

Vendredi 9 juillet 2010

Le 8 juillet au Théâtre Antique, la foule s’est déplacée pour écouter la famille Krall/Costello. C’est en effet cette dimension “people” qui a été au coeur de l’échange de la pianiste Diana Krall avec le public : “nous sommes venus en famille, mes 2 enfants mon mari et mes musiciens….. c’est vraiment super d’être là….. les enfants ont joué dans le parc cet après-midi…blablabla…”. diana-krallHormis cela elle a joué et chanté sans jamais se départir du climat intimiste “club feutré” un peu passéiste qu’elle affectionne et qui convient à des petites jauges mais sied moins bien à la dimension du site. La prestation vocale a été honnête mais les interventions de l’artiste sur les touches noires et blanches n’ont pas déclenché des vivas enthousisastes au sein du public mais plutôt des applaudissement convenus. Elle a présenté les auteurs ou les interprètes des morceaux joués au gré des partitions qu’elle effeuillait : Jobim, Tom Waits,Joni Mitchell, Shirley Horn, ..). Finalement quelquefois le CD remplace avantageusement le “live” et les CD de Diana Kral sont des bijous léchés à écouter avec bonheur. Dommage car le Jazz prétend à être une musique vivante qui gagne à être dégusté “live”.

Quant à la seconde partie de soirée tenue par Elvis Costello encravaté et son groupe : point de rock mais un répertoire country fleurant bon le sud des Etats Unis : la chaleur régnant à Vienne a permis aux spectateurs de voyager sans effort dans le climat musical et de manifester leur plaisir.

Nicole & Bernard Videmann vous donnent RV pour des échos de la JAZZ MIX NIGHT qui se déroule le 09 juillet avec : Céline Bonacina, Lee Fields, Spokfrevo, ……. et surtout Bobby McFerrin qui devraient offrir des musiques vivantes au Théâtre Antique jusqu’à l ‘aube du 10 juillet.

Le Brésil à Vienne ou Mart’nalia astre solaire et Carlinhos empereur de la nuit

Jeudi 8 juillet 2010

Un certain 06 juillet la scène du Théâtre Antique a été habitée successivement par Mart’nalia, qui a solarisé et féminisé le Samba en diable en lui restituant l’âme de la rue et de la véracité, le sourire de la tradition et de la simplicité puis par Carlinhos Brown  qui  a officié tel un roi de la nuit pour associer la foule à ses incantations vigoureuses et tonitruantes, véritable totem viril et puissant qui a déclenché une frénésie bonne enfant au sein du public. Ce fut dionysiaque à souhait. Quelques visuels pour se souvenir de la générosité de ces 2 artistes généreux.

Brésil ! Brésil ! muito obrigado !!!!

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2 pianistes des Caraïbes pour une soirée céleste

Lundi 5 juillet 2010

Depuis longtemps le Jazz et les musiques des Caraïbes font bon ménage et ont consummé une union réussie. Le 02 juillet la soirée a été exemplaire et les 2 leaders invités sur la scène du Théâtre ont offert 2 sets différents mais tous deux d’une haute qualité musicale.

monty-alexanderMonty Alexander et son Harlem Kingston Express nous a invité dans un monde à double focale : celle de l’Amérique avec le jazz représenté sur scène à sa droite par un guitariste, un contrebassiste et un batteur et celle de la Jamaïque, son pays d’origine avec le reggae mis en oeuvre par un bassiste, un guitariste - percussionniste et un batteur. Au centre de l’orchestre, Monty au piano barrait son équipage aidé dans les manoeuvres  par son second aux percussions, campé à ses côtés sur le devant de scène. monty-alexander-orchestreDrivé de main de maître, le navire s’est promené de Harlem à Kingston entre Jazz et Reggae pour le plus grand plaisir des voyageurs viennois. Le mariage de ces 2 musiques a été inspiré et très entraînant : une musique populaire qui a plus sans sacrifier la monty-alexander-melodicaqualité, une musique du coeur et du corps pleine de nuances,  interprétée par des musiciens qui maîtrisaient leur discours et ont visiblement pris plaisir à offrir leur création. Monty Alexander a aussi embouché le mélodica s’intégrant encore plus ainsi dans la dimension festive de sa musique.

1er set : Gagnant !

chco-gros-planChucho Valdes originaire de Cuba est un pianiste qui pratique un jazz latin des plus novateurs et ce depuis de nombreuses années. Il a pratiqué sa musique dans des formations diverses : du solo au big band mais il nous a confié que c’est la forme du Septeto qu’il préfère et c’est avec sept musiciens à ses côtés qu’il a excellé sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. Irakere est dans les mémoires de tous les amateurs de Jazz Latin mais les Afro Cuban Messengers feront aussi partie des références après l’écoute de ce percu-seulconcert magistral de Chucho Valdés. En effet les musiciens réunis autour du pianiste ont porté haut le niveau de ce jazz-là. Le batteur (Carlos Rojas Castro) associé aux percussionnistes a mené la sarabande polyrythmique avec Yaroldy Abreu Robles et Dreiser Durruthy Bombalé très impressionnant aux tambours bata. Les soufflants ont construit des interventions très modernes même si le saxophoniste aurait gagné à aérer son discours. chucho-sisterChucho très impressionnant de concentration a imposé son style toujours aussi flamboyant, énergique et novateur sur le clavier dirigeant avec attention des arrangements modernes tirés au cordeau. En fin de set il a invité sa soeur Mayra Caridad Valdés à les rejoindre et la dame, aussi grande par la taille et par le talent que son frère s’est taillé la part belle et a emballé le public : son chant puissant et enfiévré, mêlant le scat et l’incantation vocale  a embrasé la foule et les musiciens. Une prestation brillante loin des poncifs de la musique cubaine racoleuse et criarde.

2ème set : Triomphant ! Merci Chucho.

Vive le Jazz Latin lorsqu’il ne fait aucune concession à la qualité.

Nicole et Bernard Videmann vous donnent RV sur leur blog pour de prochains échos du Jazz proposé dans la trentième édition de Jazz à Vienne et dans les Latins de Jazz du lundi au vendredi de 23h à 04h.

Chaleur et affluence sur les gradins du Théâtre Antique

Vendredi 2 juillet 2010

gradinsLa chaleur et le programme ont mobilisé au moins 8 000 spectateurs (à vue de nez) pour les spectacles du 01 juillet : peut-être devrions-nous dire pour assister au concert de Joe Cocker. Ils ont eu raison et ont passé une bonne soirée.

C’est Esperanza Spalding, chanteuse et bassiste qui a ouvert accompagnée par Ricardo Voigt à la guitare, Leonardo Genovese aux claviers et esperanza-spaldingLyndon Rochelle à la batterie. Face aux gradins bondés, elle a assuré avec les honneurs. Bien sûr, un peu tendue au début elle s’est ensuite lâchée mais la jauge du théâtre antique n’est peut-être pas celle qui convient à cette artiste. Sa voix a du coup semblé manquer de puissance, de grave aussi et le groove en a quelque peu pâti. Même si les musiciens ont assuré une honnête prestation, les claviers ont manqué de mordant. Heureusement la bassiste a du répondant : en effet Esperanza a joué avec beaucoup de professionnalisme, de justesse et d’enthousisame sur son instrument. très spontanée et stimulée, elle a même été jusqu’à engager les spectateurs chanter avec elle …. mais en vain (le thème était un peu difficile à suivre) et avec bonne humeur elle a continué sans eux. Nous retrouverons Esperanza, à la rentrée avec son nouveau CD “Chamber Music Society”, très prometteur à la première écoute.

En seconde partie de soirée : Joe Cocker, très attendu par un auditoire plutôt “bon enfant”. L’artiste est apparu, tel qu’en lui-même, fermement posté face au public. Nous avons retrouvé sa voix peut-être un peu plus grave et rauque, moins puissante, comme adoucie, plus soul que rock. Soutenu par des musiciens et choristes efficaces il a repris ses tubes des années passées qui ont ravi les amateurs du Cocker chevelu : Feeling alright, Unchain my heart, Come together. Le public a apprécié un Joe Cocker quelque peu ”attendri” dont la prestation presque alanguie a offert par exemple une version de The Letter qui manquait un peu de mordant. Gageons que le chanteur se souviendra de son face face avec la colline de Pipet avant de retourner à la culture des tomates dont il est passionné (c’est absolument sérieux).

Le Jazz continue à Vienne. A bientôt donc pour des échos Caraïbéens.

Nicole et Bernard Videmann.

2 voix de Femme en hommage à Dinah & Billie

Jeudi 1 juillet 2010

En effet le 30 juin, le Théâtre Antique de Vienne a été le territoire des Femmes : 2 chanteuses, China Moses & DD Bridgewater,  fille & mère se succédant sur la scène, pour un hommage à 2 Divas du Jazz : Dinah Washington et Billie Holiday.

Les spectateurs connaissaient pour la plupart DD Bridgewater, habituée du Festival Jazz à Vienne, où elle a présenté la plupart de ses projets musicaux précédents. Certains initiés avaient déjà pu écouter la jeune China Moses lors du Rhino Jazz Festival ou sur des scènes parisiennes : avant de graver “This is one for Dinah” chez Blue Note,  la jeune-femme maîtrisait le vocabulaire de la musique soul, du R’nB et du hip-hop.

Pour évacuer les anecdotes : une rencontre fille-mère avait de fortes chine-dd-_chien-comprisprobabilités de survenue : elle est advenue pour le plus grand plaisir du public et des photographes (à l’affût de sujets ”chics” à moins que ce ne soit “chocs”). Ce fut la rencontre de l’Astre Solaire (China en jaune d’or) et de l’Arc en Ciel (DD en robe multicolore et bijoux à dominante lapi lapzuli ) : elles ont pleuré, ri et (ouf) chanté ensemble avec brio. Fort heureusement le chien de DD n’a pas mêlé sa voix à celles des 2 reines de la soirée.

 

Musicalement parlant le show de China Moses a été tonique, efficace et de fort bonne facture : voix de caractère bien posée et chinnapuissante, show rôdé. Dinah Washington a reçu un réel hommage. La jeune chanteuse a su restituer l’âme musicale de Dinah sans tenter de la cloner, en restant elle-même (fidèle en celà aux préceptes de DD). La présentation des chansons par le biais d’anecdotes de la vie de Dinah Washington gagnerait à être plus synthétique (là encore le modèle de la mère est prégnant). La présence de Raphaël Lemonnier au piano a assuré une assise solide à la chanteuse. Bref un set fort enlevé et apprécié.

Ceux qui avaient aimé le dernier album de DD Bridgewater “Eleonara Fagan : To Billie with Love” (Universal) savaient à quoi s’en tenir et l’ovation offerte par le public du Théâtre à la dd-craig-handychanteuse nous a confirmé combien l’hommage offert par DD à Billie Holiday a été apprécié. Il est vrai que la diva a donné le meilleur d’elle-même : elle a réellement embrassé et embrasé le répertoire. Elle a joué de tous les atours de sa voix : sensibilité, chaleur, sensualité,  justesse, puissance, variabilité. Elle a mis dans le mille tant sur les tempi rapides que sur les balades et a allumé le coeur des spectateurs. Il faut aussi préciser que les 2010_06302010jav-bis30_06_100133musiciens présents l’ont aidée à gagner le challenge : Edsel Gomez Rentas au  piano, Kenny Davis à la basse, Lewis Nash à la batterie (un trésor de finesse) et Craig Handy aux saxophones et flûte (dont le talent est depuis longtemps reconnu tant chez Carla Bley que dans le Mingus Dynasty ou aux côtés de Herbie Hancock). Pour nous présenter les musiciens talentueux qui l’accompagnaient DD a mimé des manoeuvres de séduction dont la finesse n’était pas le point fort mais cela n’a pas altéré la qualité d’un show musical incontestablement réussi.

Nicole & Bernard Videmann vous donne RV prochaienemnt sur le blog et de 23h à 04h dans les Latins de Jazz, sur RCT Capsao.