Archive pour juillet 2010

Crest sur la crête du Jazz

Jeudi 29 juillet 2010

Du 1er au 07 août 2010 le coeur du festival crest-jazz-vocal-mailCrest Jazz Vocal va battre et faire vibrer la Drôme et les festivaliers au rythme de ses concerts. S’il est encore des amateurs de musique qui ne connaissent pas ce festival, un des plus anciens de la région Rhône-Alpes, c’est l’année où jamais de le découvrir car le programme s’annonce prometteur et mobilise toutes les attentions. L’affiche fait d’ailleurs l’unanimité quant à son originalité et marque une rupture avec les rayures du zèbre qui furent déclinées sous toutes les coutures avec beaucoup de bonheur d’ailleurs.

Pour cette 35ème année, Alain Bellon et son équipe de 130 bénévoles défenseurs du spectacle vivant, propose une programmation prometteuse aux influences culturelles variées qui laisse augurer dépaysements et voyages musicaux. Des artistes à découvrir, d’autres à revoir. Rien à jeter.

Les 1er et 02 août : ouverture avec Blu Mocambo pour un Tribute tu Paolo Conte et Les Papas Rigolos qui proposent du jazz pour les Mômes.

Le 03 août : voyage entre le Flamenco jazz & le jazz oriental festif

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  •  Renaud Garcia-Fons porte en lui l’âme des musiques du sud : celles de  la méditerranée, de l’Amérique du Sud, du Flamenco et du jazz. Il les fait vivre dans La linea del Sur avec Kiko Ruiz (guitare), Pascal Rollando (cajon & percussions) et David Venitucci (accordéon). Ainsi le contrebassiste nous fait voyager dans toutes les contrées dont il a tricoté les musiques. Nous aimons particulièrement le son et le lyrisme de l’instrument de Renaud Garcia-Fons.
  • C’est au cours de la même soirée que i-maalouf-nvIbrahim Maalouf ressuscitera le souffle du Liban à travers sa trompette 1/4 de ton. Interprète surdoué il pose son identité comme un préalable à celle de sa musique ancrée certes dans ses racines mais aussi dans le monde musical d’aujourd’hui : entre rock et jazz, entre ici et ailleurs. Avec ses  compagnons il offre généreusement une musique qui sonne comme la vie, comme la renaissance, comme l’espoir. Seront à ses côtés : Franck Woeste au fendre Rhodes, Eric Groleau à la batterie, Nenad Gajin à la guitare et Benjamin Molinaro à la basse. Energie en perspective.
Le 04 août : de la Pologne à la Corée.
  • Grzegorz Karnas fut lauréat du concours Crest Jazz Vocal en 2007. Trois ans après il revient et nous découvrirons s’il a renouvellé son inspiration qui plonge dans le folklore de la Pologne dont il est issu pour enrichir laysn1-nah-inu-act langue du jazz qu’il pratique avec aisance.
  • La divine voix de Youn Sun Nah s’élèvera à la nuit tombée. La chanteuse coréenne à l’aise sur les tempi débridés pratique des improvisations à en couper le souffle. Mais elle sait ensorceler nos âmes lorsqu’elle murmure de douces et lentes mélodies. Sa voix claire alternativement puissante ou délicate,  est soutenue par les percussions de Xavier Desandre, se marie à ravir avec la guitare de Ulf Wakenius et les cordes de Lars Danielson et joute avec la trompette de Mathias Eick dans les registres célestes. Délices vocals délicats en prévision.
Le 05 août : de la pizzica festive au klezmer cuivré et hip-hop
  •  Nico Morelli, pianiste transalpin pratique un jazz gai etmorelli très personnel : les rythmes italiens de Pizzica Salentina épicent d’humour son approche très moderne du clavier. Cette musique dansante et originale est à découvrir de toute urgence car l’artiste se fait rare dans  nos contrées : trop rare à notre goût. Son disque UN[FOLKETTABLE]donne la mesure de son talent
  • Le mélange abraham_incmusical Klezmer + funk cuivré + HipHop inspiré prendra le relais avec David Krakauer, Fred Wesley et SoCalled. Le projet ABRAHAM INC. va sans doute déclencher l’enthousiasme dans l’Espace Soubeyran car la musique du clarinettiste new-yorkais avait fait l’unanimité lors de sa venue en 2006.
Le 06 août : une amoureuse du jazz et un trompettiste au faîte de son art
  • La chanteuse gambariniRoberta Gambarini tombée dans la marmite du bop et du scat s’impose auourd’hui comme incontournable dans sa catégorie. Elle se produira avec Tamir Hendelman au piano, Neil Swainson à la basse et Jake Hanna à la batterie. Belles envolées à venir.
  • C’est Roy Hargrove, sa trompette et son2009_070203juillet2009jav0124 quintet qui prendront le relai : aucun doute ne plane. Le spectacle sera post bop et nous sommes assurés d’entendre un concert marquant car le leader ne joue jamais en sous-régime et flirte toujours avec le divin. Il nous est souvenir un certain 02 juillet 2009 à Vienne où Hargrove et Gambarini avaient uni leurs talents pour offrir une musique inoubliable, encore gravée dans les mémoires de tous les spectateurs présents. Qui sait, peut-être aurons nous le bonheur d’une rencontre imprévue entre les 2 artistes. A ne rater sous aucun prétexte.
Le 07 août : lauréat de la 22ème édition du concours de Jazz Vocal et boîte de Jazz
  • Rituellement c’est le lauréat du concours de jazz vocal qui ouvre la dernière soirée du festival chaque année. Pour connaître son nom…… RV sur l’Espace Soubeyran ce 07 août et mieux encore, avoir suivi le concours qui se déroule tous les après-midi dans le village de Crest pour confronter votre propre sélection à celle du jury que préside Denise Deronzier et parraine Mina Agossi.
  • Michel Jonasz fera touner la boîte aux souvenirs pour ravir les spectateurs avec son tour de chant teinté d’inspiration jazz.

Le choix va être cornélien : venir à Crest au moins pour une soirée …. ou se donner les moyens de passer une semaine de bonheur jazz dans la Drôme. Dans le cas où le déplacement ne vous est pas possible, les musiques cette édition 2010 tournent déjà dans les Latins de Jazz et résonneront pendant tout l’été du lundi au vendredi entre 223h et 04h le matin avec Bernard & Nicole Videmann.

Les Nuits Jazz de Fourvière

Jeudi 29 juillet 2010

nuitsdefourviere2010Le feu d’artifice des Nuits de Fourvière se terminera le 31 juillet avec l’Eclat Final. Cette manifestation amorcée le 4 juin, a accueilli les spectateurs avec beaucoup de respect et de générosité. La qualité des spectacles ne s’est pas démentie quelque soit la discipline.

Nous témoignons  pour les Latins de Jazz de ce que furent les soirées couleur “Jazz”.

Le Django Drom tony-gatlifcréé à Fourvière en hommage à Django Rheinhardt a réuni sur scène les 15, 16 et 17 juin, la fine fleur des jazzmen qui pratiquent la musique dite manouche. La pluie et l’abri de protection monté pour protéger les musiciens, a pu géner les spectateurs lors de la projection du film conçu et réalisé par Tony Gatlif, mais il ne leur a pas échappé combien les images étaient belles, restituées et animées avec amour, respectueuses de l’esprit du peuple de Django pour qui la liberté fut et est encore un élément indispensable. Les 14 artistes réunis sur scène autour de Didier Lockwood ont offert au cours des ces 3 concerts commémoratifs une musique captivante, rayonnante, enjouée et  pleine de charme. La virtuosité de Didier Lockwwod, Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg et Jean-Maris Ecay, la sensibilité de Florin Gugulica et Emy Dragoï, la poésie de Diego Imbert, se sont alliés aux talents de nouveaux venus : Fiona Monbet et Adrien Mognard. Leur version du Boléro de Ravel (même s’il est éloigné du monde de Django) fut un moment magique dont nos oreilles résonnent encore de bonheur.

La Nuit Brooklyn du 12 juillet a permis aux spectateurs de découvrir la richesse de la scène de Brooklyn. Dame Sharon Jones et les Dap-Kings a encore une fois porté à ses sommets l’art de la musique qu’elle afectionne : Soul jusqu’au bout des ongles, elle a enchanté celles et ceux qui avait déjà vibré aux sons des Dirty Projectors et des invités de The National. Soirée joyeuse, et vivante au possible ! Plaisir sur toute la ligne.

Ce fut ensuite un bonheur de retrouver anouarbrahem_credit_lucadagostino-emc-recordsle 17 juillet Anouar Brahem  sur la scène de l’Odéon pour un voyage vibrant dans le nouveau monde du oudiste. A ses côtés : le clarinettiste allemand Klaus Gesing, le bassiste suédois Björn Meyer et le percusionniste libanais Khaled Yassine. La musique a comme par miracle contribué à nettoyer le ciel gris et a fait régner un climat de sérénité et de plénitude parmi les spectateurs attentifs. Certes, Anouar Brahem fascine par la qualité de son toucher et de ses chorus déliés, fins et précis, mais il prouve aussi que son statut de Maître de l’oud ne l’empêche pas d’impulser une musique de groupe : en effet, du début à la fin du concert, les 4 artistes ont joué en totale communion. A tour de rôle chacun s’est exprimé mais surtout tous s’écoutaient. Le sourire irradiait leurs visages. Le plaisir des spectateurs ne fut pas feint tout au long des 8 morceaux et des 2 rappels qui ont suivi une standing ovation sponténée et méritée.

Avec Keith Jarret, Gary Peacock et Jack DeJonette la soirée du 23 juillet fut d’une autre facture. Sous peine d’annulation du concert, les spectateurs n’étaient pas autorisés à manger ou même à boire sur les gradins. Interdit aussi, même en cas de pluie (le ciel était pourtant menaçant) d’enfiler capes et ponchos après le début du concert. Après seulement quelques mesures prometteuses, Jack DeJonnette, joignant le geste à l’injonction, menaçait de trancher la tête à 2 spectateurs bavards. Trois morceaux plus tard au cours desquels les musiciens parvenaient enfn à se concentrer et à produire une musique de qualité, le même DeJohnette, furieux, bondit de derrière ses fûts et pointa du doigt un spectateur, l’accusant de captation de son, d’image. Keith Jarrett menaça alors de suspendre le concert tant que l’enregistrement supposé n’était pas restitué. En fait : point de captation, il s’agissait seulement d’un signal lumineux anodin. Sifflets et mécontentement dans l’assistance. Hormis les chorus inspirés de Gary Peacock et quelques fulgurances de Keith Jarrett sur les ballades, point de magie. Jack DeJonnette ne fut que l’ombre de lui-même, en atteste un pénible solo sur la grosse caisse. Ces  stars incontestables avaient ce soir-là oublié le respect dû à un public qui les admire depuis longtemps, ils avaient perdu de vue ce pourquoi les spectateurs se déplacent : leur musique.  Dommage pour le spectacle et la musique vivante. Il nous reste les disques du trio toujours aussi peaufinés et ressourçants.

Par contre le 24 juillet, zahra-hindi-phot-02la fraicheur et la qualité de la musique produite par Hindi Zahra en a ravi plus d’un : compositions aux rythmes très originaux, mise en place précise, interventions inspirées et toniques des 2 guitaristes. La chanteuse a confirmé son identité et son talent vocal et sa présence scénique a déclenché les vivas d’un public mobilisé pour Rodrigo et Gabriela.

Ces Nuits de Fourvière 2010 furent d’une grande qualité et ont participé à offrir aux lyonnais des spectacles réussis. Vivement 2011 pour que retrouver cette manifestation dont la programmation est diversifiée et originale.

Pour retrouver les sons de tous ces artistes, RV dans les Latins de jazz avec Bernard & Nicole Videmann tout l’été de 23h à 04h.

30 bougies pour la JAZZ MIX NIGHT

Dimanche 11 juillet 2010

C’est en effet le 09 juillet 2010 que jp-boutelliet-ert-bobby-gateauJean-Paul Boutellier a soufflé les 30 bougies allumées sur un gâteau géant et portées sur scène à la fin du set de Bobby McFerrin. C’est presque Autour de minuit lors de la JAZZ MIX NIGHT que le programmateur de cette 30ème édition de Jazz à Vienne, qui est aussi le fondateur de ce festival, est venu avec émotion sacrifier au rituel “gâteau et bougies” (déjà présentes sur l’affiche de Bruno Théry). Cela tombait fort à propos après le merveilleux concert offert par ce chanteur si cher au coeur des spectateurs du Théâtre Antique. Sa venue a déclenché à chacune de ses venues des climats émotionnels très forts . bobby-chorale-recadreCette année Bobby McFerrin a dialogué avec une chorale sur scène et a invité le choeur des spectateurs à échanger avec eux. Il a même rejoint les gradins pour mieux lancer la machine. Avec lui la soirée a vraiment décollé. En effet même si Alefa, le trio de Céline Bonacina avait entamé la soirée avec énergie  (il s’agissait du groupe lauréat du Tremplin Rezzo 2009) l’intervention du pianiste François-René Duchable a fait retomber la dynamique en proposant des pièces d’auteurs classiques qui ont inspiré les compositeurs de jazz. Le public pourtant beau joueur a aimé déguster ce sandwich classico-pianistique dans une nuit qui a offert aux plus courageux un bel épisode de Soul avec Lee Fields & The Expressions, un big-band brésilien des plus toniques, Spok Frevo, Tony Allen et les merveilleux Piers Pacini et Vincent Segal que nous aurions aimé déguster en apéritif.

Ce fut une JAZZ MIX NIGNT réussie après un festival où le soleil a brillé plus que le jazz mais où le public est accouru pour applaudir des pointures issues de mondes périphériques au jazz : Paolo Conte, Joe Cocker, Elvis Costello.

Pour notre part nous avons surtout apprécié et vibré à l’écoute de Wayne Shorter et Michel Portal  pour les soufflants, Brad Mehldau, Chucho Valdes  & Monty Alexander pour les pianistes, Dorado Schmitt, digne représentant des guitaristes manouches, Manhattan Transfer & Bobby Mc Ferrinbobby-debout-percu-thorax-01-retouche, vocalistes émérites, mais aussi Paco de Lucia protagoniste au sommet de son art & Mart’nalia lumineuse représentante du samba brésilien.

Bien sûr il reste à venir l’EXTRA Night avec Norah Jones (le 17 juillet).

Vous retrouverez avec Bernard et Nicole Videmann les musiques de cette 30èms édition de Jazz à Vienne dans les Latins de Jazz sur RCT CapSao.

Diana crawl sur le clavier et Elvis fleure bon le Sud des States

Vendredi 9 juillet 2010

Le 8 juillet au Théâtre Antique, la foule s’est déplacée pour écouter la famille Krall/Costello. C’est en effet cette dimension “people” qui a été au coeur de l’échange de la pianiste Diana Krall avec le public : “nous sommes venus en famille, mes 2 enfants mon mari et mes musiciens….. c’est vraiment super d’être là….. les enfants ont joué dans le parc cet après-midi…blablabla…”. diana-krallHormis cela elle a joué et chanté sans jamais se départir du climat intimiste “club feutré” un peu passéiste qu’elle affectionne et qui convient à des petites jauges mais sied moins bien à la dimension du site. La prestation vocale a été honnête mais les interventions de l’artiste sur les touches noires et blanches n’ont pas déclenché des vivas enthousisastes au sein du public mais plutôt des applaudissement convenus. Elle a présenté les auteurs ou les interprètes des morceaux joués au gré des partitions qu’elle effeuillait : Jobim, Tom Waits,Joni Mitchell, Shirley Horn, ..). Finalement quelquefois le CD remplace avantageusement le “live” et les CD de Diana Kral sont des bijous léchés à écouter avec bonheur. Dommage car le Jazz prétend à être une musique vivante qui gagne à être dégusté “live”.

Quant à la seconde partie de soirée tenue par Elvis Costello encravaté et son groupe : point de rock mais un répertoire country fleurant bon le sud des Etats Unis : la chaleur régnant à Vienne a permis aux spectateurs de voyager sans effort dans le climat musical et de manifester leur plaisir.

Nicole & Bernard Videmann vous donnent RV pour des échos de la JAZZ MIX NIGHT qui se déroule le 09 juillet avec : Céline Bonacina, Lee Fields, Spokfrevo, ……. et surtout Bobby McFerrin qui devraient offrir des musiques vivantes au Théâtre Antique jusqu’à l ‘aube du 10 juillet.

Le Brésil à Vienne ou Mart’nalia astre solaire et Carlinhos empereur de la nuit

Jeudi 8 juillet 2010

Un certain 06 juillet la scène du Théâtre Antique a été habitée successivement par Mart’nalia, qui a solarisé et féminisé le Samba en diable en lui restituant l’âme de la rue et de la véracité, le sourire de la tradition et de la simplicité puis par Carlinhos Brown  qui  a officié tel un roi de la nuit pour associer la foule à ses incantations vigoureuses et tonitruantes, véritable totem viril et puissant qui a déclenché une frénésie bonne enfant au sein du public. Ce fut dionysiaque à souhait. Quelques visuels pour se souvenir de la générosité de ces 2 artistes généreux.

Brésil ! Brésil ! muito obrigado !!!!

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Maître Portal au sommet de son art

Mardi 6 juillet 2010

Cette soirée du 05 juillet, inscrite sous le sceau du Jazz a été marquée par le talent de Michel Portal qui a encore une fois affirmé haut et fort la qualité de son discours musical.

Ce musicien semble affectionner les situations périlleuses dont il sait se rendre maître avec les honneurs. Confronté au virtuose trompettiste Ambrose Akinmusire, aux soli d’une limpidité confondante, Michel Portal a laissé place à son talent d’improvisateur qui s’épanouit plus que jamais lors de telles confrontations musicales. Concentré et cherchant l’inspiration au plus profond de lui-même, il a ferraillé avec Bojan Z qui a donné, comme à son habitude le meilleur de lui-même. Il faut dire aussi que le jeu de Nasheet Waits (momentanément à ses côtés avant de rejoindre Jason Moran au Club de Minuit) était à son service pour déconstruire le rythme et relancer son discours . A la contrebasse Scott Coley a opéré un soutien sans faille contribuant à assurer les improvisateurs, michel-portallibres ainsi de prendre tous les risques. Malgré ce climat musical optimal, le leader scrutait les gradins comme s’il avait besoin de l’approbation des auditeurs. Il a très vite su qu’il avait quitus et a offert une prestation sans faille, sous le signe de l’excellence. S’il a embouché ses saxophones, la clarinette basse demeure sa baguette magique.

La soirée ”Carte Blanche” comptait 4 sets. Sylvain Luc présent sur scène  en début de soirée pour un set en guitare solo, a vraiment été remarquable en fin de soirée  lors d’une empoignade magistrale avec Michel Portal, alors que le  quartet Portal - Katche - Vitous - Luc tentait de trouver son rythme.

Lors du 3ème set, Manu Katchémanu-katche s’est exprimé au sein de son quartet où a brillé Alfio Origlio au piano et fenders. Mais la machine huilée du batteur, animateur radio/télé et entertain man a paru quelque peu approximative : les morceaux auraient gagné à être développés. Le batteur a offert UN solo assez convaincant au demeurant mais son jeu tout au long du set nous a semblé manquer de finesse et de nuances et nous a laissé sur notre faim. L’écoute de Third Round (ECM/Universal) nous avait pourtant laissé espérer un musique léchée à l’écriture inspirée.

RV demain pour un écho des musiques brésiliennes.

2 pianistes des Caraïbes pour une soirée céleste

Lundi 5 juillet 2010

Depuis longtemps le Jazz et les musiques des Caraïbes font bon ménage et ont consummé une union réussie. Le 02 juillet la soirée a été exemplaire et les 2 leaders invités sur la scène du Théâtre ont offert 2 sets différents mais tous deux d’une haute qualité musicale.

monty-alexanderMonty Alexander et son Harlem Kingston Express nous a invité dans un monde à double focale : celle de l’Amérique avec le jazz représenté sur scène à sa droite par un guitariste, un contrebassiste et un batteur et celle de la Jamaïque, son pays d’origine avec le reggae mis en oeuvre par un bassiste, un guitariste - percussionniste et un batteur. Au centre de l’orchestre, Monty au piano barrait son équipage aidé dans les manoeuvres  par son second aux percussions, campé à ses côtés sur le devant de scène. monty-alexander-orchestreDrivé de main de maître, le navire s’est promené de Harlem à Kingston entre Jazz et Reggae pour le plus grand plaisir des voyageurs viennois. Le mariage de ces 2 musiques a été inspiré et très entraînant : une musique populaire qui a plus sans sacrifier la monty-alexander-melodicaqualité, une musique du coeur et du corps pleine de nuances,  interprétée par des musiciens qui maîtrisaient leur discours et ont visiblement pris plaisir à offrir leur création. Monty Alexander a aussi embouché le mélodica s’intégrant encore plus ainsi dans la dimension festive de sa musique.

1er set : Gagnant !

chco-gros-planChucho Valdes originaire de Cuba est un pianiste qui pratique un jazz latin des plus novateurs et ce depuis de nombreuses années. Il a pratiqué sa musique dans des formations diverses : du solo au big band mais il nous a confié que c’est la forme du Septeto qu’il préfère et c’est avec sept musiciens à ses côtés qu’il a excellé sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. Irakere est dans les mémoires de tous les amateurs de Jazz Latin mais les Afro Cuban Messengers feront aussi partie des références après l’écoute de ce percu-seulconcert magistral de Chucho Valdés. En effet les musiciens réunis autour du pianiste ont porté haut le niveau de ce jazz-là. Le batteur (Carlos Rojas Castro) associé aux percussionnistes a mené la sarabande polyrythmique avec Yaroldy Abreu Robles et Dreiser Durruthy Bombalé très impressionnant aux tambours bata. Les soufflants ont construit des interventions très modernes même si le saxophoniste aurait gagné à aérer son discours. chucho-sisterChucho très impressionnant de concentration a imposé son style toujours aussi flamboyant, énergique et novateur sur le clavier dirigeant avec attention des arrangements modernes tirés au cordeau. En fin de set il a invité sa soeur Mayra Caridad Valdés à les rejoindre et la dame, aussi grande par la taille et par le talent que son frère s’est taillé la part belle et a emballé le public : son chant puissant et enfiévré, mêlant le scat et l’incantation vocale  a embrasé la foule et les musiciens. Une prestation brillante loin des poncifs de la musique cubaine racoleuse et criarde.

2ème set : Triomphant ! Merci Chucho.

Vive le Jazz Latin lorsqu’il ne fait aucune concession à la qualité.

Nicole et Bernard Videmann vous donnent RV sur leur blog pour de prochains échos du Jazz proposé dans la trentième édition de Jazz à Vienne et dans les Latins de Jazz du lundi au vendredi de 23h à 04h.

Chaleur et affluence sur les gradins du Théâtre Antique

Vendredi 2 juillet 2010

gradinsLa chaleur et le programme ont mobilisé au moins 8 000 spectateurs (à vue de nez) pour les spectacles du 01 juillet : peut-être devrions-nous dire pour assister au concert de Joe Cocker. Ils ont eu raison et ont passé une bonne soirée.

C’est Esperanza Spalding, chanteuse et bassiste qui a ouvert accompagnée par Ricardo Voigt à la guitare, Leonardo Genovese aux claviers et esperanza-spaldingLyndon Rochelle à la batterie. Face aux gradins bondés, elle a assuré avec les honneurs. Bien sûr, un peu tendue au début elle s’est ensuite lâchée mais la jauge du théâtre antique n’est peut-être pas celle qui convient à cette artiste. Sa voix a du coup semblé manquer de puissance, de grave aussi et le groove en a quelque peu pâti. Même si les musiciens ont assuré une honnête prestation, les claviers ont manqué de mordant. Heureusement la bassiste a du répondant : en effet Esperanza a joué avec beaucoup de professionnalisme, de justesse et d’enthousisame sur son instrument. très spontanée et stimulée, elle a même été jusqu’à engager les spectateurs chanter avec elle …. mais en vain (le thème était un peu difficile à suivre) et avec bonne humeur elle a continué sans eux. Nous retrouverons Esperanza, à la rentrée avec son nouveau CD “Chamber Music Society”, très prometteur à la première écoute.

En seconde partie de soirée : Joe Cocker, très attendu par un auditoire plutôt “bon enfant”. L’artiste est apparu, tel qu’en lui-même, fermement posté face au public. Nous avons retrouvé sa voix peut-être un peu plus grave et rauque, moins puissante, comme adoucie, plus soul que rock. Soutenu par des musiciens et choristes efficaces il a repris ses tubes des années passées qui ont ravi les amateurs du Cocker chevelu : Feeling alright, Unchain my heart, Come together. Le public a apprécié un Joe Cocker quelque peu ”attendri” dont la prestation presque alanguie a offert par exemple une version de The Letter qui manquait un peu de mordant. Gageons que le chanteur se souviendra de son face face avec la colline de Pipet avant de retourner à la culture des tomates dont il est passionné (c’est absolument sérieux).

Le Jazz continue à Vienne. A bientôt donc pour des échos Caraïbéens.

Nicole et Bernard Videmann.

2 voix de Femme en hommage à Dinah & Billie

Jeudi 1 juillet 2010

En effet le 30 juin, le Théâtre Antique de Vienne a été le territoire des Femmes : 2 chanteuses, China Moses & DD Bridgewater,  fille & mère se succédant sur la scène, pour un hommage à 2 Divas du Jazz : Dinah Washington et Billie Holiday.

Les spectateurs connaissaient pour la plupart DD Bridgewater, habituée du Festival Jazz à Vienne, où elle a présenté la plupart de ses projets musicaux précédents. Certains initiés avaient déjà pu écouter la jeune China Moses lors du Rhino Jazz Festival ou sur des scènes parisiennes : avant de graver “This is one for Dinah” chez Blue Note,  la jeune-femme maîtrisait le vocabulaire de la musique soul, du R’nB et du hip-hop.

Pour évacuer les anecdotes : une rencontre fille-mère avait de fortes chine-dd-_chien-comprisprobabilités de survenue : elle est advenue pour le plus grand plaisir du public et des photographes (à l’affût de sujets ”chics” à moins que ce ne soit “chocs”). Ce fut la rencontre de l’Astre Solaire (China en jaune d’or) et de l’Arc en Ciel (DD en robe multicolore et bijoux à dominante lapi lapzuli ) : elles ont pleuré, ri et (ouf) chanté ensemble avec brio. Fort heureusement le chien de DD n’a pas mêlé sa voix à celles des 2 reines de la soirée.

 

Musicalement parlant le show de China Moses a été tonique, efficace et de fort bonne facture : voix de caractère bien posée et chinnapuissante, show rôdé. Dinah Washington a reçu un réel hommage. La jeune chanteuse a su restituer l’âme musicale de Dinah sans tenter de la cloner, en restant elle-même (fidèle en celà aux préceptes de DD). La présentation des chansons par le biais d’anecdotes de la vie de Dinah Washington gagnerait à être plus synthétique (là encore le modèle de la mère est prégnant). La présence de Raphaël Lemonnier au piano a assuré une assise solide à la chanteuse. Bref un set fort enlevé et apprécié.

Ceux qui avaient aimé le dernier album de DD Bridgewater “Eleonara Fagan : To Billie with Love” (Universal) savaient à quoi s’en tenir et l’ovation offerte par le public du Théâtre à la dd-craig-handychanteuse nous a confirmé combien l’hommage offert par DD à Billie Holiday a été apprécié. Il est vrai que la diva a donné le meilleur d’elle-même : elle a réellement embrassé et embrasé le répertoire. Elle a joué de tous les atours de sa voix : sensibilité, chaleur, sensualité,  justesse, puissance, variabilité. Elle a mis dans le mille tant sur les tempi rapides que sur les balades et a allumé le coeur des spectateurs. Il faut aussi préciser que les 2010_06302010jav-bis30_06_100133musiciens présents l’ont aidée à gagner le challenge : Edsel Gomez Rentas au  piano, Kenny Davis à la basse, Lewis Nash à la batterie (un trésor de finesse) et Craig Handy aux saxophones et flûte (dont le talent est depuis longtemps reconnu tant chez Carla Bley que dans le Mingus Dynasty ou aux côtés de Herbie Hancock). Pour nous présenter les musiciens talentueux qui l’accompagnaient DD a mimé des manoeuvres de séduction dont la finesse n’était pas le point fort mais cela n’a pas altéré la qualité d’un show musical incontestablement réussi.

Nicole & Bernard Videmann vous donne RV prochaienemnt sur le blog et de 23h à 04h dans les Latins de Jazz, sur RCT Capsao.