Crest sur la crête du Jazz
Jeudi 29 juillet 2010Du 1er au 07 août 2010 le coeur du festival
Crest Jazz Vocal va battre et faire vibrer la Drôme et les festivaliers au rythme de ses concerts. S’il est encore des amateurs de musique qui ne connaissent pas ce festival, un des plus anciens de la région Rhône-Alpes, c’est l’année où jamais de le découvrir car le programme s’annonce prometteur et mobilise toutes les attentions. L’affiche fait d’ailleurs l’unanimité quant à son originalité et marque une rupture avec les rayures du zèbre qui furent déclinées sous toutes les coutures avec beaucoup de bonheur d’ailleurs.
Pour cette 35ème année, Alain Bellon et son équipe de 130 bénévoles défenseurs du spectacle vivant, propose une programmation prometteuse aux influences culturelles variées qui laisse augurer dépaysements et voyages musicaux. Des artistes à découvrir, d’autres à revoir. Rien à jeter.
Les 1er et 02 août : ouverture avec Blu Mocambo pour un Tribute tu Paolo Conte et Les Papas Rigolos qui proposent du jazz pour les Mômes.
Le 03 août : voyage entre le Flamenco jazz & le jazz oriental festif

-  Renaud Garcia-Fons porte en lui l’âme des musiques du sud : celles de la méditerranée, de l’Amérique du Sud, du Flamenco et du jazz. Il les fait vivre dans La linea del Sur avec Kiko Ruiz (guitare), Pascal Rollando (cajon & percussions) et David Venitucci (accordéon). Ainsi le contrebassiste nous fait voyager dans toutes les contrées dont il a tricoté les musiques. Nous aimons particulièrement le son et le lyrisme de l’instrument de Renaud Garcia-Fons.
- C’est au cours de la même soirée que
Ibrahim Maalouf ressuscitera le souffle du Liban à travers sa trompette 1/4 de ton. Interprète surdoué il pose son identité comme un préalable à celle de sa musique ancrée certes dans ses racines mais aussi dans le monde musical d’aujourd’hui : entre rock et jazz, entre ici et ailleurs. Avec ses  compagnons il offre généreusement une musique qui sonne comme la vie, comme la renaissance, comme l’espoir. Seront à ses côtés : Franck Woeste au fendre Rhodes, Eric Groleau à la batterie, Nenad Gajin à la guitare et Benjamin Molinaro à la basse. Energie en perspective.
Le 04 août : de la Pologne à la Corée.
- Grzegorz Karnas fut lauréat du concours Crest Jazz Vocal en 2007. Trois ans après il revient et nous découvrirons s’il a renouvellé son inspiration qui plonge dans le folklore de la Pologne dont il est issu pour enrichir la
langue du jazz qu’il pratique avec aisance. - La divine voix de Youn Sun Nah s’élèvera à la nuit tombée. La chanteuse coréenne à l’aise sur les tempi débridés pratique des improvisations à en couper le souffle. Mais elle sait ensorceler nos âmes lorsqu’elle murmure de douces et lentes mélodies. Sa voix claire alternativement puissante ou délicate, est soutenue par les percussions de Xavier Desandre, se marie à ravir avec la guitare de Ulf Wakenius et les cordes de Lars Danielson et joute avec la trompette de Mathias Eick dans les registres célestes. Délices vocals délicats en prévision.
Le 05 août : de la pizzica festive au klezmer cuivré et hip-hop
- Â Nico Morelli, pianiste transalpin pratique un jazz gai et
très personnel : les rythmes italiens de Pizzica Salentina épicent d’humour son approche très moderne du clavier. Cette musique dansante et originale est à découvrir de toute urgence car l’artiste se fait rare dans nos contrées : trop rare à notre goût. Son disque UN[FOLKETTABLE]donne la mesure de son talent - Le mélange
musical Klezmer + funk cuivré + HipHop inspiré prendra le relais avec David Krakauer, Fred Wesley et SoCalled. Le projet ABRAHAM INC. va sans doute déclencher l’enthousiasme dans l’Espace Soubeyran car la musique du clarinettiste new-yorkais avait fait l’unanimité lors de sa venue en 2006.
Le 06 août : une amoureuse du jazz et un trompettiste au faîte de son art
- La chanteuse
Roberta Gambarini tombée dans la marmite du bop et du scat s’impose auourd’hui comme incontournable dans sa catégorie. Elle se produira avec Tamir Hendelman au piano, Neil Swainson à la basse et Jake Hanna à la batterie. Belles envolées à venir. - C’est Roy Hargrove, sa trompette et son
quintet qui prendront le relai : aucun doute ne plane. Le spectacle sera post bop et nous sommes assurés d’entendre un concert marquant car le leader ne joue jamais en sous-régime et flirte toujours avec le divin. Il nous est souvenir un certain 02 juillet 2009 à Vienne où Hargrove et Gambarini avaient uni leurs talents pour offrir une musique inoubliable, encore gravée dans les mémoires de tous les spectateurs présents. Qui sait, peut-être aurons nous le bonheur d’une rencontre imprévue entre les 2 artistes. A ne rater sous aucun prétexte.
Le 07 août : lauréat de la 22ème édition du concours de Jazz Vocal et boîte de Jazz
- Rituellement c’est le lauréat du concours de jazz vocal qui ouvre la dernière soirée du festival chaque année. Pour connaître son nom…… RV sur l’Espace Soubeyran ce 07 août et mieux encore, avoir suivi le concours qui se déroule tous les après-midi dans le village de Crest pour confronter votre propre sélection à celle du jury que préside Denise Deronzier et parraine Mina Agossi.
- Michel Jonasz fera touner la boîte aux souvenirs pour ravir les spectateurs avec son tour de chant teinté d’inspiration jazz.
Le choix va être cornélien : venir à Crest au moins pour une soirée …. ou se donner les moyens de passer une semaine de bonheur jazz dans la Drôme. Dans le cas où le déplacement ne vous est pas possible, les musiques cette édition 2010 tournent déjà dans les Latins de Jazz et résonneront pendant tout l’été du lundi au vendredi entre 223h et 04h le matin avec Bernard & Nicole Videmann.
Le feu d’artifice des Nuits de Fourvière se terminera le 31 juillet avec l’Eclat Final. Cette manifestation amorcée le 4 juin, a accueilli les spectateurs avec beaucoup de respect et de générosité. La qualité des spectacles ne s’est pas démentie quelque soit la discipline.
créé à Fourvière en hommage à Django Rheinhardt a réuni sur scène les 15, 16 et 17 juin, la fine fleur des jazzmen qui pratiquent la musique dite manouche. La pluie et l’abri de protection monté pour protéger les musiciens, a pu géner les spectateurs lors de la projection du film conçu et réalisé par Tony Gatlif, mais il ne leur a pas échappé combien les images étaient belles, restituées et animées avec amour, respectueuses de l’esprit du peuple de Django pour qui la liberté fut et est encore un élément indispensable. Les 14 artistes réunis sur scène autour de Didier Lockwood ont offert au cours des ces 3 concerts commémoratifs une musique captivante, rayonnante, enjouée et  pleine de charme. La virtuosité de Didier Lockwwod, Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg et Jean-Maris Ecay, la sensibilité de Florin Gugulica et Emy Dragoï, la poésie de Diego Imbert, se sont alliés aux talents de nouveaux venus : Fiona Monbet et Adrien Mognard. Leur version du Boléro de Ravel (même s’il est éloigné du monde de Django) fut un moment magique dont nos oreilles résonnent encore de bonheur.
le 17 juillet Anouar Brahem sur la scène de l’Odéon pour un voyage vibrant dans le nouveau monde du oudiste. A ses côtés : le clarinettiste allemand Klaus Gesing, le bassiste suédois Björn Meyer et le percusionniste libanais Khaled Yassine. La musique a comme par miracle contribué à nettoyer le ciel gris et a fait régner un climat de sérénité et de plénitude parmi les spectateurs attentifs. Certes, Anouar Brahem fascine par la qualité de son toucher et de ses chorus déliés, fins et précis, mais il prouve aussi que son statut de Maître de l’oud ne l’empêche pas d’impulser une musique de groupe : en effet, du début à la fin du concert, les 4 artistes ont joué en totale communion. A tour de rôle chacun s’est exprimé mais surtout tous s’écoutaient. Le sourire irradiait leurs visages. Le plaisir des spectateurs ne fut pas feint tout au long des 8 morceaux et des 2 rappels qui ont suivi une standing ovation sponténée et méritée.
la fraicheur et la qualité de la musique produite par
Jean-Paul Boutellier a soufflé les 30 bougies allumées sur un gâteau géant et portées sur scène à la fin du set de Bobby McFerrin. C’est presque Autour de minuit lors de la JAZZ MIX NIGHT que le programmateur de cette 30ème édition de Jazz à Vienne, qui est aussi le fondateur de ce festival, est venu avec émotion sacrifier au rituel “gâteau et bougies” (déjà présentes sur l’affiche de Bruno Théry). Cela tombait fort à propos après le merveilleux concert offert par ce chanteur si cher au coeur des spectateurs du Théâtre Antique. Sa venue a déclenché à chacune de ses venues des climats émotionnels très forts .
Cette année Bobby McFerrin a dialogué avec une chorale sur scène et a invité le choeur des spectateurs à échanger avec eux. Il a même rejoint les gradins pour mieux lancer la machine. Avec lui la soirée a vraiment décollé. En effet même si Alefa, le trio de Céline Bonacina avait entamé la soirée avec énergie  (il s’agissait du groupe lauréat du Tremplin Rezzo 2009) l’intervention du pianiste François-René Duchable a fait retomber la dynamique en proposant des pièces d’auteurs classiques qui ont inspiré les compositeurs de jazz. Le public pourtant beau joueur a aimé déguster ce sandwich classico-pianistique dans une nuit qui a offert aux plus courageux un bel épisode de Soul avec Lee Fields & The Expressions, un big-band brésilien des plus toniques, Spok Frevo, Tony Allen et les merveilleux Piers Pacini et Vincent Segal que nous aurions aimé déguster en apéritif.
, vocalistes émérites, mais aussi Paco de Lucia protagoniste au sommet de son art & Mart’nalia lumineuse représentante du samba brésilien.
Hormis cela elle a joué et chanté sans jamais se départir du climat intimiste “club feutré” un peu passéiste qu’elle affectionne et qui convient à des petites jauges mais sied moins bien à  la dimension du site. La prestation vocale a été honnête mais les interventions de l’artiste sur les touches noires et blanches n’ont pas déclenché des vivas enthousisastes au sein du public mais plutôt des applaudissement convenus. Elle a présenté les auteurs ou les interprètes des morceaux joués au gré des partitions qu’elle effeuillait : Jobim, Tom Waits,Joni Mitchell, Shirley Horn, ..). Finalement quelquefois le CD remplace avantageusement le “live” et les CD de Diana Kral sont des bijous léchés à écouter avec bonheur. Dommage car le Jazz prétend à être une musique vivante qui gagne à être dégusté “live”.















libres ainsi de prendre tous les risques. Malgré ce climat musical optimal, le leader scrutait les gradins comme s’il avait besoin de l’approbation des auditeurs. Il a très vite su qu’il avait quitus et a offert une prestation sans faille, sous le signe de l’excellence. S’il a embouché ses saxophones, la clarinette basse demeure sa baguette magique.
s’est exprimé au sein de son quartet où a brillé Alfio Origlio au piano et fenders. Mais la machine huilée du batteur, animateur radio/télé et entertain man a paru quelque peu approximative : les morceaux auraient gagné à être développés. Le batteur a offert UN solo assez convaincant au demeurant mais son jeu tout au long du set nous a semblé manquer de finesse et de nuances et nous a laissé sur notre faim. L’écoute de Third Round (ECM/Universal) nous avait pourtant laissé espérer un musique léchée à l’écriture inspirée.
Monty Alexander et son Harlem Kingston Express nous a invité dans un monde à double focale : celle de l’Amérique avec le jazz représenté sur scène à sa droite par un guitariste, un contrebassiste et un batteur et celle de la Jamaïque, son pays d’origine avec le reggae mis en oeuvre par un bassiste, un guitariste - percussionniste et un batteur. Au centre de l’orchestre, Monty au piano barrait son équipage aidé dans les manoeuvres  par son second aux percussions, campé à ses côtés sur le devant de scène.
Drivé de main de maître, le navire s’est promené de Harlem à Kingston entre Jazz et Reggae pour le plus grand plaisir des voyageurs viennois. Le mariage de ces 2 musiques a été inspiré et très entraînant : une musique populaire qui a plus sans sacrifier la
qualité, une musique du coeur et du corps pleine de nuances,  interprétée par des musiciens qui maîtrisaient leur discours et ont visiblement pris plaisir à offrir leur création. Monty Alexander a aussi embouché le mélodica s’intégrant encore plus ainsi dans la dimension festive de sa musique.
Chucho Valdes originaire de Cuba est un pianiste qui pratique un jazz latin des plus novateurs et ce depuis de nombreuses années. Il a pratiqué sa musique dans des formations diverses : du solo au big band mai
concert magistral de Chucho Valdés. En effet les musiciens réunis autour du pianiste ont porté haut le niveau de ce jazz-là . Le batteur (Carlos Rojas Castro) associé aux percussionnistes a mené la sarabande polyrythmique avec Yaroldy Abreu Robles et Dreiser Durruthy Bombalé très impressionnant aux tambours bata. Les soufflants ont construit des interventions très modernes même si le saxophoniste aurait gagné à aérer son discours.
Chucho très impressionnant de concentration a imposé son style toujours aussi flamboyant, énergique et novateur sur le clavier dirigeant avec attention des arrangements modernes tirés au cordeau. En fin de set il a invité sa soeur Mayra Caridad Valdés à les rejoindre et la dame, aussi grande par la taille et par le talent que son frère s’est taillé la part belle et a emballé le public : son chant puissant et enfiévré, mêlant le scat et l’incantation vocale  a embrasé la foule et les musiciens. Une prestation brillante loin des poncifs de la musique cubaine racoleuse et criarde.
La chaleur et le programme ont mobilisé au moins 8 000 spectateurs (à vue de nez) pour les spectacles du
Lyndon Rochelle à la batterie. Face aux gradins bondés, elle a assuré avec les honneurs. Bien sûr, un peu tendue au début elle s’est ensuite lâchée mais la jauge du théâtre antique n’est peut-être pas celle qui convient à cette artiste. Sa voix a du coup semblé manquer de puissance, de grave aussi et le groove en a quelque peu pâti. Même si les musiciens ont assuré une honnête prestation, les claviers ont manqué de mordant. Heureusement la bassiste a du répondant : en effet Esperanza a joué avec beaucoup de professionnalisme, de justesse et d’enthousisame sur son instrument. très spontanée et stimulée, elle a même été jusqu’à engager les spectateurs chanter avec elle …. mais en vain (le thème était un peu difficile à suivre) et avec bonne humeur elle a continué sans eux. Nous retrouverons Esperanza, à la rentrée avec son nouveau CD “Chamber Music Society”, très prometteur à la première écoute.
probabilités de survenue : elle est advenue pour le plus grand plaisir du public et des photographes (à l’affût de sujets ”chics” à moins que ce ne soit “chocs”). Ce fut la rencontre de l’Astre Solaire (China en jaune d’or) et de l’Arc en Ciel (DD en robe multicolore et bijoux à dominante lapi lapzuli ) : elles ont pleuré, ri et (ouf) chanté ensemble avec brio. Fort heureusement le chien de DD n’a pas mêlé sa voix à celles des 2 reines de la soirée.
puissante, show rôdé. Dinah Washington a reçu un réel hommage. La jeune chanteuse a su restituer l’âme musicale de Dinah sans tenter de la cloner, en restant elle-même (fidèle en celà aux préceptes de DD). La présentation des chansons par le biais d’anecdotes de la vie de Dinah Washington gagnerait à être plus synthétique (là encore le modèle de la mère est prégnant). La présence de Raphaël Lemonnier au piano a assuré une assise solide à la chanteuse. Bref un set fort enlevé et apprécié.
chanteuse nous a confirmé combien l’hommage offert par DD à Billie Holiday a été apprécié. Il est vrai que la diva a donné le meilleur d’elle-même : elle a réellement embrassé et embrasé le répertoire. Elle a joué de tous les atours de sa voix : sensibilité, chaleur, sensualité, justesse, puissance, variabilité. Elle a mis dans le mille tant sur les tempi rapides que sur les balades et a allumé le coeur des spectateurs. Il faut aussi préciser que les
musiciens présents l’ont aidée à gagner le challenge : Edsel Gomez Rentas au piano, Kenny Davis à la basse, Lewis Nash à la batterie (un trésor de finesse) et Craig Handy aux saxophones et flûte (dont le talent est depuis longtemps reconnu tant chez Carla Bley que dans le Mingus Dynasty ou aux côtés de Herbie Hancock). Pour nous présenter les musiciens talentueux qui l’accompagnaient DD a mimé des manoeuvres de séduction dont la finesse n’était pas le point fort mais cela n’a pas altéré la qualité d’un show musical incontestablement réussi.