Richard GALLIANO célèbre Nino ROTA
Dimanche 27 novembre 2011
Le label Deutsche Grammophon et Universal Music cĂ©lèbrent en 2011 le centenaire de Nino Rota avec l’accordĂ©oniste Richard GALLIANO : l’album s’intitule “NINO ROTA“. La gravure restitue l’esprit de Rota Ă travers des interprĂ©tations Ă©purĂ©es et inspirĂ©es.
L’hommage est de taille avec Ă la clef : Ă©motion, virtuositĂ© et musicalitĂ© qui servent les compositions inoubliables de celui qui a Ă©crit les bandes originales des plus grands films de Fellini. Sur l’album, nous retrouvons 19 thèmes familiers de Rota qui cĂ©lèbrent la fĂŞte sur des rythmes enlevĂ©es mais aussi la nostalgie avec des mĂ©lodies fantaisistes En dernier titre une composition de Galliano dĂ©diĂ©e Ă Rota et intitulĂ©e sobrement : “Nino”.
Richard GALLIANO est tombĂ© sous le charme du compositeur en regardant la projection du film “La Strada” alors qu’il avait 7 ans. L’Ă©motion qu’il a ressentie ce jour-lĂ est restĂ©e intacte et a constituĂ© en quelque sorte la première pierre de ce projet musical construit autour de la musique de l’auteur italien Nino ROTA. Pour rĂ©ussir l’hommage Ă Rota, Galliano a rĂ©uni des musiciens qui, comme lui, sont reconnus dans le monde du jazz et ont l’esprit ouvert Ă d’autres traditions artistiques. Il s’agit du trompettiste Dave DOUGLAS, du saxophoniste et clarinettiste John SURMAN, du contrebassiste Boris KOZLOV et du batteur Clarence PENN.
Les thèmes tous familiers aux oreilles des cinĂ©philes de l’hexagone nous ont ravis : l’esprit de l’œuvre originale est respectĂ©e et les improvisations servent cette logique : prĂ©cises, simples et ciselĂ©es, sans superflu. Il se dĂ©gage de l’ensemble de l’hommage beaucoup de mĂ©lancolie mĂŞme si la fĂŞte est au cĹ“ur de la musique. Si “Le Parrain” et “La Strada” sont très prĂ©sents, nous retrouvons aussi des musiques de “I Vitelloni” , de “Huit et Demi”, de “Amarcord” et de “La Dolce Vita”. Galliano ouvre l’album avec le thème du Parrain au trombone, instrument qu’il a appris au Conservatoire.
Nous avons craquĂ© pour la justesse du ton de “Il Circo Giraffa” de La Strada, pour la nostalgie dont est empreinte l’interprĂ©tation du “Love Theme” du Parrain avec le duo accordĂ©on/contrebasse, pour l’intensitĂ© Ă©motionnnelle de “Zampano e la Vedova” de La Strada oĂą le lyrisme de Galliano fait mouche, pour la version du thème de la “Dolce Vita” interprĂ©tĂ© magistralement et augurant Ă lui seul du tourbillon de la vie que le film Ă©voque et aussi en Ă©coutant le thème du film “Amarcord” tout en lĂ©gèretĂ© et en suspension.
Nous ne pouvons terminer cette chronique sans louer l’unique composition de Richard Galliano qui figure sur cet album. IntitulĂ©e simplement “Nino” elle rĂ©sume Ă elle seule le monde du compositeur italien qui a campĂ© dans ses musique la joie sur fond de drame, bref ……. la vie.
Disque à offrir, à partager, à écouter en boucle.
Cinq ans après “Da Questa parte del Mare” nous retrouvons avec plaisir Gianmaria TESTA et son nouvel album VITAMIA (Le Chant du Monde / Harmonia Mundi).
licenciement qui mettent fin sans Ă©tat d’âme Ă une vie de travailleur impliquĂ©, “Sottosopra” oĂą l’on se retrouve face Ă face au monde du travail qui est “sens dessus- dessous” avec les dĂ©localisations et le climat social dĂ©shumanisant.
Leur dernière rĂ©alisation discographique “Frère Jacques. Round about Offenbach” (ECM/Universal) est un vĂ©ritable rĂ©gal. En furetant du cĂ´tĂ© d’Offenbach, Gianluigi TROVESI (clarinette) et Gianni COSCIA (accordĂ©on) nous entraĂ®nent tout simplement dans leur monde. Après avoir explorĂ© le monde de Kurt Weill et de Florenzo Carpi, les deux compères ont arrangĂ© quelques Ĺ“uvres d’Offenbach (La Belle HĂ©lène, Les Contes d’Hoffmann, La PĂ©richole). Ils ont aussi composĂ© quelques pièces Ă©crites ou improvisĂ©es qui alimentent leur dialogue avec le compositeur.
Leurs clins d’œil sont très réussis et nous surprennent de bout en bout.
ous avons aussi Ă©tĂ© particulièrement sĂ©duits par le titre “Sei Italiano ? / No!…. Je suis BrĂ©silien” oĂą la clarinette nonchalante se fait coquine et oĂą l’accordĂ©on gaillard devient caressant. Bref le monde de la sĂ©duction et de l’amour incarnĂ© par ces deux instruments que les deux interprètes maĂ®trisent Ă la perfection.