Mina plus blues que jamais !
Mardi 21 février 2012
Red Eyes, le dixième album de Mina AGOSSI et le second chez Naïve proclame la filiation de la chanteuse avec le blues sans pour autant dénier la singularité de son univers.
Toujours entourĂ©e de Eric Jacot Ă la contrebasse, Ichiro Onoe Ă la batterie et Phil Reptil Ă la guitare, Mina accueille sur cet enregistrement de nouveaux musiciens, en l’occurence Sue Richardson Ă la la trompette et StĂ©phane GuĂ©ry Ă la guitare. Sur deux titres,
nous retrouvons à ses côtés Archie SHEPP, tout à la fois son mentor et son parrain. Après une introduction digne de Jobim, les voix de Mina et Archie entament The Stars are in your eyes ; le saxophone ténor déroule la nostalgie de sa plainte sur un tempo bossa de manière surprenante. Mina intervient à la frontière de ces 2 mondes musicaux et surfe sur la vague avec bonheur. Elle revient à ses influences rock et rend un nouvel hommage à Jimi Hendrix en reprenant Red House avec Shepp au ténor qui se lamente sur une ligne de basse obsédante.
Sur ce dernier album Mina clame l’importance du regard avec “Eyes without a face”, “The stars are in your eyes” et “Red Eyes” et c’est vraiment le titre Ă©ponyme de l’album qui donne le ton au CD, bluesy en diable et nostalgique. Sur “Sleep Babe Blues” la voix de Mina est Ă©paulĂ©e par les guitares et la trompette. Certes le blues a toujours imprĂ©gnĂ© la texture musicale de Mina, mais dans ce nouvel opus la chanteuse va aussi explorer les rues teintĂ©es de bleu de La Nouvelle OrlĂ©ans dans Oh You ! Sur Crying Girl, elle se promène entre gospel et folk et nous dit sa foi en l’amour.
Mais Mina ne se cantonne pas au blues et comme elle aime Ă le faire, elle explore d’autres mondes. Elle reprend avec bonheur Why did you do it ?, le tube funky de Stretch des annĂ©es 70 et aussi Eyes without a face que chantait Billy Idol en 1984. Elle a aussi eu la bonne idĂ©e d’interprĂ©ter, Let it rain du pianiste Bobby Few dont elle restitue Ă merveille l’atmosphère de rĂŞve. Ichiro Onoe, familier des ambiances du pianiste n’est peut-ĂŞtre pas Ă©tranger Ă ce choix.
Cet album peut paraĂ®tre comme le plus sage de Mina mais en triturant la texture du blues et en la malaxant elle parvient Ă l’ensauvager et se l’approprier. Telle une prĂŞtresse indomptable et fĂ©line, elle flirte, fidèle Ă elle-mĂŞme, avec des territoires musicaux diversifiĂ©s et enrichit ainsi la texture de son idiome vocal. Il y a fort Ă parier que ce rĂ©pertoire explosera sur scène et enflammera les salles. Si vous ne souhaitez pas attendre les programmations estivales, la date du 24 mars figurera sur vos agendas puisque Mina Agossi se produira Ă Paris, Ă 20h, au Trianon, dans le cadre de la programmation “Sunset hors les murs” avec Archie Shepp.


Thierry Serrano, accompagnĂ© de Robert Lapassade et de Charlène Mercier ont prĂ©sentĂ© le dĂ©roulement des festivitĂ©s. Le visuel de Bruno ThĂ©ry donne le ton Ă cette Ă©dition : des bijoux Ă profusion, des trĂ©sors, tous plus attractifs les uns que les autres (dont certains ornent mĂŞme les pochettes des organisateurs…!!)
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