“Toutes cordes dehors” pour Jazz à Vienne 2012
Jeudi 29 mars 2012
Stéphane Kochoyan, le nouveau directeur artistique du festival a dévoilé le 27 mars la programmation de Jazz à Vienne 2012 : ce sera une année privilégiée pour les cordes, toutes les cordes : celles des pianos, des guitares et des basses, les cordes vocales des chanteurs et aussi les cordes sensibles des amateurs de jazz qui vibreront à l’unisson d’un programme fort attrayant.
En 2012, Jazz à Vienne devient figure de proue du Pôle Métropolitain (Vienne Agglo, Saint Étienne Métropole, le Grand Lyon et la Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère), soutient le festival Fort en Jazz 2012 et renforce sa complicité avec le Rhino Jazz(s).
De plus, Paris et Lyon auront des avant-goûts de Jazz à Vienne avec des concerts attractifs où seront présentés des artistes liés au festival : le Trio Enchant(i)er lauréat du RéZZo 2011 (au Sunset le 12 avril), The Amazing Keystone Big Band (à la Clef de Voûte le 21 mai) et d’autres noms qui seront aussi présents sur les scènes de Vienne 2012 : Manu Dibango (le 10 avril chez Selmer), Bobby Mc Ferrin (au Châtelet le 24 avril), Bigre ! (au Jazz Club Étoile de Paris le 11 avril et le 23 mai au Périscope de Lyon). 
Mais le fil rouge de Jazz Ă Vienne 2012 est Ă suivre Ă Paris au Châtelet le 24 avril pour une Master-class , en solo le 26 mai Ă l’AmphiOpĂ©ra de Lyon et en 5tet le 1er juin Ă l’Iris de Francheville (dans le cadre d’une rĂ©sidence avec Fort en Jazz) ……il s’agit de celui qui est le premier artiste rĂ©sident de Jazz Ă Vienne : le pianiste Tigran Hamasyan. Cela est vraiment une bonne nouvelle dont les spectateurs RhĂ´ne-Alpins se rĂ©jouiront. Il se produira aussi au Théâtre Antique le 4 juillet en trio, au Club les 5 juillet avec le 4tet de Lars Danielson et le 12 juillet avec le trio de Ari Hoenig. Il animera aussi un Worshop Ă l’AcadĂ©mie le 5 juillet et sera le 11 juillet au JazzMix.
Nous avons repĂ©rĂ© pour vous quelques “soirĂ©es cordes” au Théâtre Antique :
- la soirée piano du 2 juillet avec Mc Coy Tyner trio et aussi les 4 pianistes M. Miller, K Barron, B Green & E Reed
- la soirée guitare du 6 juillet avec 3 invités Al Di Meola, Biréli Lagrène & Larry Carlton
- voix et piano
- le 29 juin avec Bobby Mc Ferrin & Chick Corea
- le 30 juin avec Eriykah Badu et Robert Glasper Experiment
- toutes voix dehors le 1er juillet pour la soirée gospel, Take 6 et le London Community Gospel Choir, et aussi le 11 juillet Melody Gardot
- piano et guitare le 4 juillet avec Pat Metheny Unity Band et Tigr
an Hamasyan trio - contrebasses à fond le 8 juillet avec Esperanza Spalding et Avishai Cohen
- voix Ă la clef ….mais pas seulement le 13 juillet pour la All Night Jazz avec Tony Bennet, The Jazz Crusaders et Sandra Nkake
A ne pas rater pour ce qui concerne les cordes du côté du Club de Minuit :
- au piano Issam Krimi le 03 juillet et Dan Tepfer le 04 juillet
- Ă la contrebasse Lars Danielson le 05 juillet qui invite Tigran Hamasyan
- Ă la guitare et la voix Gaby Moreno le 11 juillet
- à la voix Aurore Voilqué le 06 juillet avec son 4tet.
Ces soirĂ©es ne reprĂ©sentent que des balises encordĂ©es et si vous souhaitez dĂ©couvrir l’exhaustivitĂ© de la programmation des soirĂ©es de Jazz Ă Vienne 2012, une seule solution : vous connecter sans tarder sur le site du festival Jazz Ă Vienne.
Pour terminer nos coups de cĹ“ur “hors des cordes” :
- Bernard vous recommande Stéphane Belmondo 4tet (le 11/07) et The Bad Plus et son invité Joshua Redman (le 10 juillet)
- Nicole vous oriente vers Ibrahim Maalouf et son projet “Diagnostic” ainsi que le projet “90 Miles” avec Stefan Harris, Nicholas Payton et David Sanchez (le 13/07)
- sans oublier la soirée French Touch du 5 juillet avec le merveilleux Big Band Bigre !, Aldo Romano & Enrico Rava, et Eddy Louiss avec le Richard Galliano 4tet.
Vous l’aurez compris : Jazz Ă Vienne offrira tous les Jazz pour tous les publics, dans un climat festif et pluridisciplinaire (qui n’oublie ni le blues, ni le funk, ni l’Afrique).
En 2012 les 19ème Nuits de Fourvière se dérouleront du 05 juin au 31 juillet avec 114 représentations de 42 spectacles. La programmation fera alterner des soirées de danse, du théâtre, de l’opéra, du cirque et de la musique avec cette année, 5 créations, 8 premières françaises et 9 co-productions.
NL sous la direction de Léonard Statkin avec au programme Gershwin, Ravel et Milhaud. Gershwin sera aussi au répertoire de Jessye Norman, le 29 juin. Cette diva de l’Opéra
aime Ă cĂ©lĂ©brer les standards du jazz, du gospel et du negro spirituel et fera vibrer nos âmes. Le 06 juillet l’orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon se produira aux cĂ´tĂ©s de Antony and the Johnsons pour une soirĂ©e qu
e nous prédisons inoubliable.
s Latins de Jazz. Le 14 juillet, ce sont Rodrigo y Gabriela avec piano et cuivres de CUBA qui mèneront le bal. Nous resterons en Amérique du Sud le 26 juillet, avec la Nuit du Brésil où nous retrouverons Flavia Coehlo et le grand Gilberto Gil qui réinvente sa musique avec J Morelenbaum au sei
n d’un quatuor Ă cordes.
et le 18 juillet, Bob Dylan, ce poète et chanteur qui a embrassé toutes les musiques et traversé les courants sans jamais se damner.
Thierry Serrano l’a annoncĂ©, non sans quelque fiertĂ© : “le Festival A Vaulx Jazz a gardĂ© son AAA“.
a embouchĂ© clarinette, saxophone soprano et alto sur lequel il a Ă©tĂ© très convaincant. Avec son Orient House Ensemble il a soufflĂ© en direction du peuple palestinien et de tous les hommes victimes de violence pour lesquels il souhaite rĂ©pit et paix. Pour eux il a jouĂ© London to Gaza … qu’il a rebaptisĂ© London to Toulouse. Des citations de la Marseillaise ont rĂ©sonnĂ© dans nos oreilles Ă plusieurs reprises. Son rĂ©pertoire est ancrĂ© dans les musiques populaires de ses racines orientales mais il a tenu Ă interprĂ©ter un auteur du rĂ©pertoire français : Ravel …. dont la versiondu BolĂ©ro devenu BolĂ©ro at Sunrise en a surpris plus d’un. Interprète très technique, vĂ©loce et inspirĂ©, il a su rallier le public Ă sa musique. Le rappel a Ă©tĂ© magistral et chaleureux.
DJ et MC qui s’exprime aux platines, samples, piano et accordĂ©on, et bien sĂ»r Ă la voix. A leurs cĂ´tĂ©s Fred Wesley, maĂ®tre du style et tromboniste Ă©mĂ©rite ajoute la puissance de ses interventions. Nous n’oublions pas non plus la prĂ©sence du rappeur Raydar Ellis qui fait le lien entre ces trois instrumentistes leaders de l’ABRAHAM INC. qui a littĂ©ralement enf
lammĂ© le Centre Charlie Chaplin. Devant la scène et sur les cĂ´tĂ©s de la salle, un public très jeune a adhĂ©rĂ© sans rĂ©serve Ă la musique du groupe qui outre sa virtuositĂ© a fait montre de gĂ©nĂ©rositĂ© et de groove pour le plus grand bonheur de la salle entière. Ce fut la fĂŞte dès le premier morceau et jusqu’Ă la fin de la soirĂ©e. Rire et joie partagĂ©s sur toutes les visages dans la salle et sur la scène.
JoĂ«lle LĂ©andre, voix incontournable de la musique improvisĂ©e en Europe avait dĂ©jĂ enchantĂ© le public du festival en 2009 avec les Diaboliques. Elle s’est produit cette annĂ©e avec Nicole Mitchell aux flĂ»tes et Raymond Strid Ă la batterie. Le trio nous a accueilli dans leur univers, un monde impressionniste oĂą les instruments dialoguaient. La fragilitĂ© de la voix et de la flĂ»te de Nicole Mitchell contrastait avec la puissance de la contrebasse de JoĂ«lle LĂ©andre. PlantĂ©e, tel un arbre indĂ©racinable, la contrebassiste grommelait puis adoucissait son propos ; puissante, elle ajustait ses coups d’archet tout en contraste avec la ligne pointilliste de la flutiste. Cette dernière nous conduisait dans des ambiances aux atmosphères Ă©vocatrices : Japon, Afrique, chants indiens. Mais du dĂ©but Ă la fin du set les deux femmes ont libĂ©rĂ© la musique. Les dĂ©licates incursions du batteur soutenaient leur discours. Un jeu tout en nuance et en lĂ©gèretĂ© : effleurements des cymbales, caresses des peaux. Il recrĂ©ait un monde qui nous a rappelĂ© celui de Paul Motian. Improvisation et libertĂ© au service d’une rĂŞverie bucolique.
Le trio qui a rĂ©uni le pianiste Agusti Fernandez, le contrebassiste Barry Guy et le batteur Ramon Lopez pourrait figurer au catalogue du label ECM. Ces improvisateurs se sont retrouvĂ©s autour d’un rĂ©pertoire principalement proposĂ© par le pianiste. Des moments de lyrisme Ă©thĂ©rĂ© et d’autres de folie maĂ®trisĂ©e ont alternĂ©. Les pièces dessinent des atmosphères douces avec des Ă©chappĂ©es libres que s’octroient alternativement piano, contrebasse et batterie. Agusti Fernandez brosse sur le clavier des lignes hispaniques et son phrasĂ© dĂ©tachĂ© fait merveille lorsqu’il Ă©grène des mĂ©lodies nostalgiques. Barry Guy, charnel et prĂ©cis, sculpte les sons et fait alterner des phrases abruptement libres Ă des Ă©pisodes poĂ©tiques d’une justesse et d’une prĂ©cision inouĂŻes. Ramon Lopez explore toutes les dimensions de la batterie : puissance et douceur, profondeur et violence, rondeur et souplesse. Musique sereine et Ă©lĂ©gante, atmosphère aĂ©rienne.
Le concert du 16 mars dans le cadre de la “SoirĂ©e New York” du Festival A Vaulx Jazz 2012 avec In My Mind : MONK par Jason MORAN & The Big Bandwagon, a dĂ©passĂ© toutes les espĂ©rances des spectateurs prĂ©sents ce soir-lĂ .
Les musiciens ont ensuite dĂ©ambulĂ© avec leurs instruments et des percussions d,e la scène jusqu’au parvis de l’Espace Charlie Chaplin et ont conclu la soirĂ©e au sein d’un public heureux d’avoir partagĂ© ce moment inoubliable.
Nous avons retrouvĂ© avec grand plaisir le compositeur pianiste et polyinstrumentiste brĂ©silien Jovino Santos Neto sur son dernier album CURRENT (Adventure music) enregistrĂ© en studio en 2011. Nous l’avions dĂ©jĂ prĂ©sentĂ©
celle de Jovino Santos Neto au piano. C’est le bassiste Chuck Deardorf qui introduit “Two Friends, True Friends” puis soutient l’expression de H. Wainapel au saxophone soprano qui cisèle un solo lumineux entourĂ© des voix cristallines de Lena Simons et Caroline Corcoran. Sur “Matraca”, une samba Ă©chevelĂ©e mais racĂ©e, la flute du leader tient la dragĂ©e haute au tĂ©nor. Tout au long de l’album, les rythmes sont servis de la meilleure manière par le batteur Mark Ivester et le percussionniste Jeff Busch. Sur “Outras Paias”, les deux musiciens tissent un merveilleux tapis rythmique permettant au leader de s’exprimer avec brio : nous rĂŞvons alors des plages vers lesquelles ils nous invitent. C’est Ă la clarinette que H. Wainapel entame Pra Casa dont la mĂ©lodie n’est pas sans Ă©voquer le monde de Jobim et les mĂ©lodies de Paquito D’Riveira. Les cĂ©sures et syncopes impulsĂ©es avec dĂ©licatesse par les rythmiciens dotent ce morceau d’un charme un peu nostalgique, avec des Ă©changes en contrepoint pianiste - clarinettiste qui nous emmènent surfer sur une vague musicale bucolique. Jusqu’à nous retrouver aux confins du ciel et de la mer sur “Sea and Sky” lorsque Jovino Santos Neto s’exprime au mĂ©lodica et enroule sa ligne mĂ©lodique Ă celles du vibraphone et du soprano. DĂ©licieuses spirales musicales qui engagent Ă Â la rĂŞverie et Ă une douce mĂ©lancolie. L’album se termine avec “A Fonte”, une ballade simple, dĂ©licate mais puissante qui signe clairement le talent du compositeur.