Les Nuits Jazz de Fourvière

nuitsdefourviere2010Le feu d’artifice des Nuits de Fourvière se terminera le 31 juillet avec l’Eclat Final. Cette manifestation amorcée le 4 juin, a accueilli les spectateurs avec beaucoup de respect et de générosité. La qualité des spectacles ne s’est pas démentie quelque soit la discipline.

Nous témoignons  pour les Latins de Jazz de ce que furent les soirées couleur “Jazz”.

Le Django Drom tony-gatlifcréé à Fourvière en hommage à Django Rheinhardt a réuni sur scène les 15, 16 et 17 juin, la fine fleur des jazzmen qui pratiquent la musique dite manouche. La pluie et l’abri de protection monté pour protéger les musiciens, a pu géner les spectateurs lors de la projection du film conçu et réalisé par Tony Gatlif, mais il ne leur a pas échappé combien les images étaient belles, restituées et animées avec amour, respectueuses de l’esprit du peuple de Django pour qui la liberté fut et est encore un élément indispensable. Les 14 artistes réunis sur scène autour de Didier Lockwood ont offert au cours des ces 3 concerts commémoratifs une musique captivante, rayonnante, enjouée et  pleine de charme. La virtuosité de Didier Lockwwod, Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg et Jean-Maris Ecay, la sensibilité de Florin Gugulica et Emy Dragoï, la poésie de Diego Imbert, se sont alliés aux talents de nouveaux venus : Fiona Monbet et Adrien Mognard. Leur version du Boléro de Ravel (même s’il est éloigné du monde de Django) fut un moment magique dont nos oreilles résonnent encore de bonheur.

La Nuit Brooklyn du 12 juillet a permis aux spectateurs de découvrir la richesse de la scène de Brooklyn. Dame Sharon Jones et les Dap-Kings a encore une fois porté à ses sommets l’art de la musique qu’elle afectionne : Soul jusqu’au bout des ongles, elle a enchanté celles et ceux qui avait déjà vibré aux sons des Dirty Projectors et des invités de The National. Soirée joyeuse, et vivante au possible ! Plaisir sur toute la ligne.

Ce fut ensuite un bonheur de retrouver anouarbrahem_credit_lucadagostino-emc-recordsle 17 juillet Anouar Brahem  sur la scène de l’Odéon pour un voyage vibrant dans le nouveau monde du oudiste. A ses côtés : le clarinettiste allemand Klaus Gesing, le bassiste suédois Björn Meyer et le percusionniste libanais Khaled Yassine. La musique a comme par miracle contribué à nettoyer le ciel gris et a fait régner un climat de sérénité et de plénitude parmi les spectateurs attentifs. Certes, Anouar Brahem fascine par la qualité de son toucher et de ses chorus déliés, fins et précis, mais il prouve aussi que son statut de Maître de l’oud ne l’empêche pas d’impulser une musique de groupe : en effet, du début à la fin du concert, les 4 artistes ont joué en totale communion. A tour de rôle chacun s’est exprimé mais surtout tous s’écoutaient. Le sourire irradiait leurs visages. Le plaisir des spectateurs ne fut pas feint tout au long des 8 morceaux et des 2 rappels qui ont suivi une standing ovation sponténée et méritée.

Avec Keith Jarret, Gary Peacock et Jack DeJonette la soirée du 23 juillet fut d’une autre facture. Sous peine d’annulation du concert, les spectateurs n’étaient pas autorisés à manger ou même à boire sur les gradins. Interdit aussi, même en cas de pluie (le ciel était pourtant menaçant) d’enfiler capes et ponchos après le début du concert. Après seulement quelques mesures prometteuses, Jack DeJonnette, joignant le geste à l’injonction, menaçait de trancher la tête à 2 spectateurs bavards. Trois morceaux plus tard au cours desquels les musiciens parvenaient enfn à se concentrer et à produire une musique de qualité, le même DeJohnette, furieux, bondit de derrière ses fûts et pointa du doigt un spectateur, l’accusant de captation de son, d’image. Keith Jarrett menaça alors de suspendre le concert tant que l’enregistrement supposé n’était pas restitué. En fait : point de captation, il s’agissait seulement d’un signal lumineux anodin. Sifflets et mécontentement dans l’assistance. Hormis les chorus inspirés de Gary Peacock et quelques fulgurances de Keith Jarrett sur les ballades, point de magie. Jack DeJonnette ne fut que l’ombre de lui-même, en atteste un pénible solo sur la grosse caisse. Ces  stars incontestables avaient ce soir-là oublié le respect dû à un public qui les admire depuis longtemps, ils avaient perdu de vue ce pourquoi les spectateurs se déplacent : leur musique.  Dommage pour le spectacle et la musique vivante. Il nous reste les disques du trio toujours aussi peaufinés et ressourçants.

Par contre le 24 juillet, zahra-hindi-phot-02la fraicheur et la qualité de la musique produite par Hindi Zahra en a ravi plus d’un : compositions aux rythmes très originaux, mise en place précise, interventions inspirées et toniques des 2 guitaristes. La chanteuse a confirmé son identité et son talent vocal et sa présence scénique a déclenché les vivas d’un public mobilisé pour Rodrigo et Gabriela.

Ces Nuits de Fourvière 2010 furent d’une grande qualité et ont participé à offrir aux lyonnais des spectacles réussis. Vivement 2011 pour que retrouver cette manifestation dont la programmation est diversifiée et originale.

Pour retrouver les sons de tous ces artistes, RV dans les Latins de jazz avec Bernard & Nicole Videmann tout l’été de 23h à 04h.

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