Maître Portal au sommet de son art
6 juillet 2010Cette soirée du 05 juillet, inscrite sous le sceau du Jazz a été marquée par le talent de Michel Portal qui a encore une fois affirmé haut et fort la qualité de son discours musical.
Ce musicien semble affectionner les situations périlleuses dont il sait se rendre maître avec les honneurs. Confronté au virtuose trompettiste Ambrose Akinmusire, aux soli d’une limpidité confondante, Michel Portal a laissé place à son talent d’improvisateur qui s’épanouit plus que jamais lors de telles confrontations musicales. Concentré et cherchant l’inspiration au plus profond de lui-même, il a ferraillé avec Bojan Z qui a donné, comme à son habitude le meilleur de lui-même. Il faut dire aussi que le jeu de Nasheet Waits (momentanément à ses côtés avant de rejoindre Jason Moran au Club de Minuit) était à son service pour déconstruire le rythme et relancer son discours . A la contrebasse Scott Coley a opéré un soutien sans faille contribuant à  assurer les improvisateurs,
libres ainsi de prendre tous les risques. Malgré ce climat musical optimal, le leader scrutait les gradins comme s’il avait besoin de l’approbation des auditeurs. Il a très vite su qu’il avait quitus et a offert une prestation sans faille, sous le signe de l’excellence. S’il a embouché ses saxophones, la clarinette basse demeure sa baguette magique.
La soirée ”Carte Blanche” comptait 4 sets. Sylvain Luc présent sur scène  en début de soirée pour un set en guitare solo, a vraiment été remarquable en fin de soirée lors d’une empoignade magistrale avec Michel Portal, alors que le  quartet Portal - Katche - Vitous - Luc tentait de trouver son rythme.
Lors du 3ème set, Manu Katché
s’est exprimé au sein de son quartet où a brillé Alfio Origlio au piano et fenders. Mais la machine huilée du batteur, animateur radio/télé et entertain man a paru quelque peu approximative : les morceaux auraient gagné à être développés. Le batteur a offert UN solo assez convaincant au demeurant mais son jeu tout au long du set nous a semblé manquer de finesse et de nuances et nous a laissé sur notre faim. L’écoute de Third Round (ECM/Universal) nous avait pourtant laissé espérer un musique léchée à l’écriture inspirée.
RV demain pour un écho des musiques brésiliennes.
Monty Alexander et son Harlem Kingston Express nous a invité dans un monde à double focale : celle de l’Amérique avec le jazz représenté sur scène à sa droite par un guitariste, un contrebassiste et un batteur et celle de la Jamaïque, son pays d’origine avec le reggae mis en oeuvre par un bassiste, un guitariste - percussionniste et un batteur. Au centre de l’orchestre, Monty au piano barrait son équipage aidé dans les manoeuvres  par son second aux percussions, campé à ses côtés sur le devant de scène.
Drivé de main de maître, le navire s’est promené de Harlem à Kingston entre Jazz et Reggae pour le plus grand plaisir des voyageurs viennois. Le mariage de ces 2 musiques a été inspiré et très entraînant : une musique populaire qui a plus sans sacrifier la
qualité, une musique du coeur et du corps pleine de nuances,  interprétée par des musiciens qui maîtrisaient leur discours et ont visiblement pris plaisir à offrir leur création. Monty Alexander a aussi embouché le mélodica s’intégrant encore plus ainsi dans la dimension festive de sa musique.
Chucho Valdes originaire de Cuba est un pianiste qui pratique un jazz latin des plus novateurs et ce depuis de nombreuses années. Il a pratiqué sa musique dans des formations diverses : du solo au big band mai
concert magistral de Chucho Valdés. En effet les musiciens réunis autour du pianiste ont porté haut le niveau de ce jazz-là . Le batteur (Carlos Rojas Castro) associé aux percussionnistes a mené la sarabande polyrythmique avec Yaroldy Abreu Robles et Dreiser Durruthy Bombalé très impressionnant aux tambours bata. Les soufflants ont construit des interventions très modernes même si le saxophoniste aurait gagné à aérer son discours.
Chucho très impressionnant de concentration a imposé son style toujours aussi flamboyant, énergique et novateur sur le clavier dirigeant avec attention des arrangements modernes tirés au cordeau. En fin de set il a invité sa soeur Mayra Caridad Valdés à les rejoindre et la dame, aussi grande par la taille et par le talent que son frère s’est taillé la part belle et a emballé le public : son chant puissant et enfiévré, mêlant le scat et l’incantation vocale  a embrasé la foule et les musiciens. Une prestation brillante loin des poncifs de la musique cubaine racoleuse et criarde.
La chaleur et le programme ont mobilisé au moins 8 000 spectateurs (à vue de nez) pour les spectacles du
Lyndon Rochelle à la batterie. Face aux gradins bondés, elle a assuré avec les honneurs. Bien sûr, un peu tendue au début elle s’est ensuite lâchée mais la jauge du théâtre antique n’est peut-être pas celle qui convient à cette artiste. Sa voix a du coup semblé manquer de puissance, de grave aussi et le groove en a quelque peu pâti. Même si les musiciens ont assuré une honnête prestation, les claviers ont manqué de mordant. Heureusement la bassiste a du répondant : en effet Esperanza a joué avec beaucoup de professionnalisme, de justesse et d’enthousisame sur son instrument. très spontanée et stimulée, elle a même été jusqu’à engager les spectateurs chanter avec elle …. mais en vain (le thème était un peu difficile à suivre) et avec bonne humeur elle a continué sans eux. Nous retrouverons Esperanza, à la rentrée avec son nouveau CD “Chamber Music Society”, très prometteur à la première écoute.
probabilités de survenue : elle est advenue pour le plus grand plaisir du public et des photographes (à l’affût de sujets ”chics” à moins que ce ne soit “chocs”). Ce fut la rencontre de l’Astre Solaire (China en jaune d’or) et de l’Arc en Ciel (DD en robe multicolore et bijoux à dominante lapi lapzuli ) : elles ont pleuré, ri et (ouf) chanté ensemble avec brio. Fort heureusement le chien de DD n’a pas mêlé sa voix à celles des 2 reines de la soirée.
puissante, show rôdé. Dinah Washington a reçu un réel hommage. La jeune chanteuse a su restituer l’âme musicale de Dinah sans tenter de la cloner, en restant elle-même (fidèle en celà aux préceptes de DD). La présentation des chansons par le biais d’anecdotes de la vie de Dinah Washington gagnerait à être plus synthétique (là encore le modèle de la mère est prégnant). La présence de Raphaël Lemonnier au piano a assuré une assise solide à la chanteuse. Bref un set fort enlevé et apprécié.
chanteuse nous a confirmé combien l’hommage offert par DD à Billie Holiday a été apprécié. Il est vrai que la diva a donné le meilleur d’elle-même : elle a réellement embrassé et embrasé le répertoire. Elle a joué de tous les atours de sa voix : sensibilité, chaleur, sensualité, justesse, puissance, variabilité. Elle a mis dans le mille tant sur les tempi rapides que sur les balades et a allumé le coeur des spectateurs. Il faut aussi préciser que les
musiciens présents l’ont aidée à gagner le challenge : Edsel Gomez Rentas au piano, Kenny Davis à la basse, Lewis Nash à la batterie (un trésor de finesse) et Craig Handy aux saxophones et flûte (dont le talent est depuis longtemps reconnu tant chez Carla Bley que dans le Mingus Dynasty ou aux côtés de Herbie Hancock). Pour nous présenter les musiciens talentueux qui l’accompagnaient DD a mimé des manoeuvres de séduction dont la finesse n’était pas le point fort mais cela n’a pas altéré la qualité d’un show musical incontestablement réussi.
La venue de Brad Mehldau a mobilisé le public, même si une prestation en solo n’est pas forcément le spectacle le plus attractif et le plus facile à écouter. Le jazz avait donc du sens pour ceux qui se sont mobilisés et la musique offerte leur a donné raison.
Wayne Shorter et ses compagnons avec lesquels il chemine depuis quelques années : Danilo Perez au piano, John Patituci à la contrebasse & Brian Blade à la batterie. Les musiciens ont joué dans une réelle osmose et le temps a été une variable essentielle de ce concert. En effet les compositions ont pris force dans la temporalité : comme si la puissance de l’expression des musiciens se modelait au fur et à mesure du déroulement de la partition. Comme un vase prend forme sur le tour de l’artiste : note après note, phrase après phrase. La musique a été malaxée, peaufinée, étirée et triturée à l’extrème jusqu’au paroxysme. Wayne a joué sans linéarité, à la recherche du son, à l
a poursuite de la musique à laquelle il aspire : une musique sans concession, loin des schémas simplistes et des poncifs du jazz, une musique qui se mérite. Cette musique là , Wayne Shorter et ses compères  l’ont offerte à la toute fin de leur concert : elle s’est exprimée au faîte de sa magnificence au cours des rappels offerts avec générosité et brio. Merci à eux de ces instants de Pure Musicalité.
La soirée duÂ
de son neveu fort inspiré et véloce, de Rocky Gresset dont l’intervention fut anecdotique, de Pierre Blanchard au violon (très ancré dans la pure tradition), de Laurent Gauthier à la contrebasse attentif et appliqué, de Hono Winterstein irremplaçable rythmicien à la pompe et de Marcel Loefler, accordéoniste dont le talent n’est plus à prouver.
Le
Ba Cissoko à la kora, Will Holshouser (accordéon), C Lightcap (basse) et A Garnett (batterie). Il s’agit d’un jazz teinté des musiques traditionnelles de Madagascar et d’Afrique de l’Ouest. Son archet baigné dans le creuset du classique n’a pas oublié la vélocité et la précision. Une sorte de folk jazz qui hésite entre Louisianne et Afrique, une musique réitérative que le public a aimé.
Certes Janis Siegel s’est imposée par une présence vocale puissante et très juste, sans pour cela que Cheryl Bentyne ne paraisse effacée : sa prestation dans Tutu fut d’ailleurs remarquable. Tim Hauser a perdu en puissance mais non en efficacité et Alan Paul, malgré une prestation un peu maniérée a tenu sa partition avec brio. Hormis 2 romances un peu sucrées, le répertoire a plongé dans les grands standards, de Count Basie à Chick Corea sans oublier des hommages à Miles Davis et Clifford Brown et bien sûr le tant attendu “Birdland” (indicatif d’une émission Jazz à Gogo…. sic) immortalisé par Weather Report, avec Zawinul, Pastorius et….. un certain Wayne Shorter que le public de Vienne attend avec impatience. 
Le
Du JAZZ Ã GOGO pour tous
En 2010 à Francheville, le festival “Fort en Jazz” a pris ses nouveaux quartiers à l’IRIS de Francheville. Le choix des organisateurs pour cette structure qui accueille déjà les Avant-Sons durant l’année, a été une réussite probante. Le temps n’a pas influé sur la fréquentation des spectateurs et la programmation profilée sur 2 semaines a offert une palette de musiques ancrées dans l’actualité du Jazz et ouvertes sur des horizons élargis. La proximité du public et des artistes a créé une intimité propice à l’écoute. Toutes les équipes du site (techniciens, accueil, organisateurs) ont apporté leur pierre à l’édifice et contribué à la qualité de
cette 21ème édition. Les musiciens ont, sans exception offert des prestations qui ont comblé le public généreux de ses vivas.
Pour reprendre le rituel des “3 mots” coutumier des
Le récital produit par l’artiste dans la salle Barbara n’a pas fait exception. Très concentré, Yaron Herman a exploré le clavier dans toutes ses dimensions. Multicoloriste, il s’est balladé aux confins du jazz hors de toute frontière stylistique. Comme à son habitude il a flirté avec le jazz (Night and Day de Cole Porter, Bemsha Swing de Monk),Â
 le classique, la pop (Fragil de Sting, No surprise de Radiohead), les airs traditionnels du folklore juif (Ha Tikva), les musiques de film (Baby Mine) et quelques unes de ses compositions originales (Vertigo).
Péristyle de l’Opéra.