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| 02-04-2008 (Portugal) 60 ans pour le Hot Club du Portugal et plein de projets |
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Bien que la cave de la Place Alegria soit le local le plus connu, les premières installations du Hot Club du Portugal étaient directement chez Luís Villas-Boas, le fondateur et membre numéro 1 de ce club nocturne, décédé depuis.
« Le Hot Club a eu une existence légale seulement à partir de 1950, quand le gouverneur civil a enfin été d'accord avec nos statuts. De 1948 à 1950, nous avons parlementé à ce sujet, notre siège était alors chez Villas-Boas », se souvient Bernardo Moreira, ancien contrebassiste et président du club depuis 1992.
Villas-Boas a lancé l'idée de créer un club de jazz pendant une émission de radio sur la chaîne nationale. Après avoir sollicité des appuis, il a signé son premier contrat d'associé le 19 Mars 1948, sur lequel on pouvait déjà voir le logo qui est encore le même aujourd'hui - un gant noir se baladant sur les touches d'un piano.
Si le club compte aujourd'hui près de 400 membres, il en avait plus de 700 quand il a ouvert, « mais la majeure partie s'était inscrite par solidarité envers Villas-Boas », a raconté Bernardo Moreira. « La plupart des 700 associés a payé la première fois, mais elle n'est jamais venue jusqu'au club et peut-être même n'a jamais écouté de jazz. Ils ont accompli un acte de solidarité envers Villas-Boas", a expliqué l'ancien contrebassiste du Hot.
Parmi les associés fondateurs, figurent le photographe Gérard Castello-Lopes, le musicien Artur Carneiro (père de l'ancien ministre Roberto Carneiro) et Augusto Mayer, auxquels se sont joint parfois des membres ponctuels comme Catherine Deneuve, Alexandre O´Neill ou Raul Solnado.
Les cotisations mensuelles s'élevaient à dix escudos, ce qui, d'après les calculs de Bernardo Moreira équivaut aujourd'hui à 50 euros.
Durant ces 60 ans, des centaines d'artistes internationaux sont venus dans la cave du Hot Club, comme Count Basie, Dexter Gordon ou Sarah Vaughn ; des musiciens y sont venus apprendre le jazz comme António Pinho Vargas, Mário Laginha, Carlos Bica et Tomás Pimentel.
Délégué syndical et passionné de jazz, Villas-Boas a décidé un jour de créer un club nocturne pour divulguer ce que certains intellectuels appelaient à l'époque "de la musique de sauvages". Sans lui, précise Bernardo Moreira, « il n'y aurait pas eu d'histoire du jazz au Portugal. La collection qu'il a laissé au Hot Club est significative de son attachement à faire connaître le jazz ».
Archivé dans une salle du bâtiment de l'école du Hot Club, cet héritage contient plus de 4000 CD, 300 livres, presque 800 affiches et 900 conducteurs d'émissions de radio... A tout cela s'ajoute encore des cassettes, des bobines d'enregistrement et de précieux objets comme un tourne disque pour écouter des 78 tours. Des billets d'avion et de concerts, des milliers de photos et un cahier avec des portées de chansons de jazz écrites par Villas-Boas font parties aussi de l'héritage et pourront être vus dans une future « Maison de Jazz », projet porté par la direction du Hot qui souhaite l'ouvrir dans le batîment actuel du Hot Club.
« Nous souhaiterions que cette maison du Jazz ait un objectif de recherche, propose des cours et des workshops et aussi un espace musée ouvert aux chercheurs, parce que tout le patrimoine que nous avons est simplement inventorié mais pas étudié », a expliqué Bernardo Moreira.
Ces petits 48 m2 de cave du Hot font partie du futur, du premier et du plus ancien Club de Jazz du Portugal. Pour Bernardo Moreira, le rôle du Hot Club "sera ce que sera l'évolution du jazz". |
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