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Originaire du Cap-Vert, Mayra Andrade tisse des liens entre la musique de son pays et celles du Brésil.
RIO - Il existe au Cap-Vert, dans les communautés rurales, une tradition de raconter des histoires autour du feu de camp, sous les étoiles, en commençant toujours par l'expression créole stória, stória - l'équivalent de notre Il était une fois. L'expression donne son nom au deuxième album de la chanteuse cap-verdienne Mayra Andrade, comme si l'artiste commençait son conte en rentrant dans la chaîne de transmission de la culture orale.
« Stória, stória... est le nom d'une des chansons du disque. Quand j'ai réalisé que chaque chanson racontait une histoire, j'ai trouvé que ce serait un bon titre pour l'album » explique Mayra, qui, avec son premier album, a remporté plusieurs prix en tant que révélation en Europe. « Toujours dans cette tradition, à la fin de l'histoire, le conteur conclu par «voilà l'histoire, que ceux qui savent la raconter mieux que moi la raconte" et donne la parole à l'autre. Sur l'album, j'ai voulu faire un clin d'œil à cette tradition. »
En prenant la parole dans Stória, stória.. Mayra fait comme le conteur qui transmet ce qu'il a entendu tout en y apportant sa touche personnelle. Pendant son concert (des rythmes cap-verdiens, des poèmes en créole), la chanteuse ajoute des tons et des sons d'un peu partout dans le monde - avec des musiciens originaires de France, de Cuba, de Guinée, du Cameroun et du Brésil, comme le samba-reggae très présent dans la culture brésilienne qu'on reconnaît dans le titre Juána, mais dont l'origine n'est pas aussi clair comme l'explique Mayra.
« Dans cet album, enregistré à Paris, à Rio, à São Paulo et à la Havane, la rencontre de la musique du Cap-Vert et d'autres cultures se fait plus subtile. Il y a beaucoup de rythmes cap-verdiens qui ressemblent aux rythmes brésiliens ou cubains. Dans Juána, le rythme ressemble au samba-reggae, mais c'est en fait un funaná, ou plutôt, un funaná influencé par la samba. Nous avons fait appel à un ensemble de tambours de Bahia qui renforce cette similitude. C'est la même chose dans « Lembránsa » dans laquelle (le pianiste cubain) Roberto Fonseca participe. C'est une morna cap-verdienne, qui a pratiquement la même clé du danzón cubain. »
C'est le brésilien Alê Siqueira qui signe la production du CD.
La présence du Brésil dans le CD va au-delà du son de la percussion de Bahia. Parmi les brésiliens qui participent, on trouve Alê Siqueira (procuteur), Jaques Morelenbaum (arrangements des cordes), Marcos Suzano (percussions), Andrew Mehmari (piano), Lincoln Olivetti (arrangements des instruments à vent), et Grecco Buratto (auteur de l'une des chansons).
« Ma relation avec la musique brésilienne vient de mon enfance, quand j'ai commencé à écouter Jobim et (Vinicius de) Moraes, Caetano, Bethânia, João Gilberto... »
Auteur de trois chansons sur le disque, Mayra compose à la guitare, instrument qu'elle ne domine pas encore (« je manque manque de discipline » dit-elle). Elle nous raconte que ce qu'elle entend des musiciens lui donne une certaine liberté pour utiliser des accords inhabituels.
«Je rêve d'être autant compositrice qu'interprète – dit-elle. Je compose parce que cela me plait, et pas parce que j'en ai besoin. Mais je chante parce que j'ai besoin. »
Source:http://oglobo.globo.com/cultura/mat/2010/03/08/natural-de-cabo-verde-mayra-andrade-aproxima-musicas-de-seu-pais-das-de-brasil-cuba-outros-916010737.asp
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