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02-08-2010 Melingo, un poète maudit lumineux Version imprimable Suggérer par mail

Image ActiveMelingo est la légende de Melingo, le héros d’une vie parfois trop intense qui devait, inévitablement, déboucher sur le tango.

 

 

Melingo n’est pas fou. C’est pourquoi ses improbables tangos, vertébrés par la folie, sont possibles. Melingo est une personne, bien sûr. Il a survécu à lui-même, à ses innombrables péripéties personnelles pour se transformer en un personnage littéraire en chair et en os.

 

Pour être Melingo, il faut cheminer par les rues en flairant la poésie comme un chien de chasse, danser comme un fouet, chanter comme une cicatrice. Melingo est un immense musicien. Il étudia dans un Conservatoire, mais conserve peu de chose de son passage dans cette institution. Il fut - et sera toujours - un aventurier furieux, délirant, halluciné. Un bohème de Buenos Aires, autrement dit du monde. On peut l’appeler Maestro car il a su atteindre la simplicité. Quoi de plus naturel, alors, que l’éclat de rire de feu de ses tangos.

 

Santa Milonga” pulvérise les limites entre le sacré et le profane. Dans ses chansons, on trouve autant d’adoration que d’insolence. Un plein wagon d’orthodoxie et des tonnes d’hérésie. Des excès et de la minutie. De l’amour et de la mystification.

 

Melingo se glisse sans frapper sur les autels de la musique du Río de la Plata. Les portes s’ouvrent sur son passage car, en palpitant, il a gagné le droit de jouer avec la loi du tango. Un tango véritable, alors.


Dans Maldito Tango, son dernier album sorti en 2009, Melingo chante de sa voix grave et éraillée, reconnaissable entre mille, les mésaventures d’un pickpocket, les souvenirs d’une prostituée, la légende d’un maquereau, et la beauté d’une ouvrière qui oublie sa journée de labeur dans la milonga. Poursuivant sa démarche entamée depuis une décennie, l’ex-rockeur argentin prolonge et fait sienne une tradition de poètes et paroliers du lunfardo, l’argot des taulards et des faubourgs de Buenos Aires. Des auteurs -Enrique Cadícamo, célèbre pour ses vers chantés par Gardel, Celedonio Flores, Carlos de la Púa, Dante A. Linyera et Luis Alposta- dont le verbe rebelle se confond à des destins souvent tragiques et incarne l’univers qu’il dépeint. S’il nous transporte aux origines du « tango-canción », le talent de Melingo consiste à produire une œuvre originale à partir de textes inédits portés par un équilibre de sonorités classiques et alternatives.

 
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