A la découverte du phénomène des rivières volantes d'Amazonie


29 octobre 2019 - 229 vues

L'Amazonie est la plus grande forêt tropicale au monde, avec ses 550 millions d'hectares et sa faune (au moins 10% des espèces végétales et animales répertoriées dans le monde), elle mérite amplement son appellation de "trésor de la biodiversité". Quand on sait que ses centaines de milliards d'arbres absorbent et stockent un quart des émissions de dioxyde de carbone libérées en une année dans le monde, il est difficile de mettre en doute (même si certains le font !) son surnom de "poumon de la planète".

Il est pourtant un phénomène "amazonien" que l'on connaît moins et qu'Aquatis, l'aquarium-vivarium de Lausanne (Suisse), a mis à l'honneur à l'occasion d'une récente exposition : les rivières volantes !

Même si l'on sait que les rivières ne volent pas, ce sont pourtant d'immenses volumes d'eau qui se déplacent sous forme de vapeur sous l'effet des vents. Longtemps méconnu, ce phénomène a attiré la curiosité de l'explorateur Gérard Moss et du professeur Nobre, qui allient leurs forces depuis dix ans pour mieux comprendre le mécanisme des rivières volantes. Et ce qu'ils ont découvert est non seulement fascinant mais met en exergue l'importance de l'éco-système amazonien.

En effet, les responsables de ce phénomène ne sont autres que les arbres qui, expulsant de grandes quantités de vapeur d'eau lorsque le climat s'assèche, libèrent des gaz qui vont peu à peu se refroidir jusqu'à la condension et former des goutelettes. La chute de pression atmosphérique ainsi créée par cette transformation va "aspirer" l'air situé au dessus de l'océan voisin. Ainsi, tout au long de sa trajectoire au-dessus de l'Amazonie, la vapeur d'eau va se recycler au-dessus de la forêt, générant des pluies et captant la transpiration des arbres. Et c'est en progressant vers le reste du territoire, qu'une fois sortie de la forêt, elle va provoquer des pluies et alimenter en eau des zones qui, sans ces rivières volantes, seraient irrémédiablement plus sèches. 

Ainsi, par exemple, une bonne partie du Brésil que tout aurait prédestiné à être une zone aride et sèche, ne l'est pas grâce en grande partie aux rivières volantes. 

Si ce phénomène n'est pas une exclusivité amazonienne et a pu être constaté au-dessus des très grandes forêts (comme en Sibérie par exemple), il est dangereusement menacé par la déforestation et par le changement climatique qui déstabilisent et affectent d'ores et déjà les effets bénéfiques et salvateurs des rivières volantes. Une seule solution : planter des arbres pour compenser les écosystèmes perdus de la planète !

L'exposition "Rivières volantes" sera présentée jusqu'au 28 juin 2020 à l'Aquatis de Lausanne (Suisse).

Source : géo

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