Le tourisme artistique, nouvelle arme de Medellín contre la violence


02 janvier 2020 - 283 vues

Longtemps connue comme l'un des hauts lieux de la guerre urbaine que se livraient guérilleros et paramilitaires, la Comuna 13, un quartier des hauts de Medellin (Colombie), est devenue depuis 10 ans une véritable attraction... des guides touristiques de Colombie !

A quoi doit-on ce miracle, alors que le quartier était rongé il y a encore 20 ans par le trafic de drogue et une violence exacerbée ? A l'Art, tout simplement... et au tourisme !

En effet, dans les ruelles où règnaient autrefois la violence, les rafales d'armes automatiques et les courses-poursuites, se promènent aujourd'hui des visiteurs étrangers qui prennent des photos et échangent avec les "survivants" du quartier. Les efforts de pacification entrepris par la ville de Medellín et par le programme de supervision civique Medellin Como Vamos (Medellin comme nous allons) portent aujourd'hui leurs fruits et, même si la population n'a pas oublié le passé violent du quartier, rien n'est plus comme avant.

Le Street-Art a ainsi envahi les rues, redéfini le visage de cette commune de 138 000 habitants et, à coups de tags et d'autres peintures murales, s'est mis à raconter l'histoire du quartier sur ses murs. Des fresques impressionnantes qui attirent aujourd'hui plus de 25 000 touristes par mois ! Des visiteurs qui profitent aussi des richesses culinaires et des concerts improvisés qui fleurissent, et qui donnent à la Comuna 13 un air des plus branchés.

Si le quartier est devenu un véritable musée à ciel ouvert, des jeunes se sont chargés de jouer les guides, comme Julian García, étudiant en communication de 26 ans : "C'est une visite historique, esthétique, politique aussi. L'idée du "Graffiti Tour" est que les gens se sentent chez eux (...) comme des habitants du quartier. (...) Avant, nous devions cacher que nous vivions dans la 13. Aujourd'hui, nous en sommes fiers !".

Street-Art, danse, cuisine, musique... La Comuna 13 a été transfigurée par le pouvoir de transformation du tourisme, créant non seulement des activités culturelles mais aussi économiques, donnant à des familles entières la possibilité de vivre dans de bien meilleures conditions, et inculquant aux jeunes l'envie de s'éduquer pour "échanger avec les touristes".

Un exemple de résilience qui inspirerait visiblement d'autres favelas en quête d'une nouveau visage.

Source :  Géo

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