Lisbonne veut bannir les voitures de son centre-ville


07 février 2020

Capitale verte de l'Europe pour l'année 2020, la ville de Lisbonne prend son rôle à coeur et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Si elle doit son titre de capitale verte à tous les efforts consentis depuis des années pour combattre la pollution et contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, Lisbonne est en passe de monter encore d'un degré dans son activisme "vert", avec une mesure généralement clivante et polémique : bannir les voitures de son centre ville !

Si toutes les grandes villes d'Europe y pensent ou y ont pensé, peu nombreuses sont celles qui sont passées à l'acte, tant refuser l'accès de l'hypercentre aux voitures fait frémir, surtout sur le plan économique et touristique.

Dans la capitale portugaise, les projets du maire Fernando Medina se voient relayés par tous les journaux qui y décèlent une "authentique révolution" : bannir dès cet été les voitures des quartiers très attractifs et centraux de la Baixa et du Chiado !

Selon les études, un peu moins de 40 000 voitures y circulent tous les jours. Leur retrait pur et simple réduirait de 60 000 tonnes par an les émissions de dioxyde de carbone ! Ainsi, la mairie envisagerait de transformer plusieurs rues pour être exclusivement réservées aux piétons et aux cyclistes, comme l'emblématique Avenida da Liberdade qui pourrait être partiellement fermée à la circulation motorisée.

Certains commerçants y voient un risque de désertification du centre-ville, d'autres craignent de le voir devenir un "Disneyland pour touristes", quand des résidents se demandent comment ils pourront s'organiser tout en dénonçant la création en 2017 du terminal de croisières, tout proche et autrement plus polluant.

Mais, fait particulièrement étonnant à Lisbonne, les journaux et différents éditorialistes, quel que soit leur bord politique, sont tous unanimes pour vanter les mérites du projet, qui va selon eux dans le bon sens : celui de l'avenir et de la continuité de revalorisation de la ville. Comme l'écrit João Miguel Tavares dans Público : "les voitures s'éloignent, les rues se rapprochent".

C'est en tous les cas une preuve de courage politique qui défend une vision positive et éco-responsable, et ça... on ne peut qu'aimer !

Source : courrierinternational.com

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article