Un quartier chaud de Lisbonne change de visage grâce au Street-Art !


31 janvier 2020

Nous vous avions déjà raconté comment des quartiers chauds de Medellín ou Caracas avaient retrouvé un nouveau visage et une nouvelle dignité pour ses habitants par le biais du street-art... Plus près de nous, à Lisbonne, un des quartiers les plus chauds de la capitale portugaise a ainsi fait sa mue de la plus belle des manières...

Car on ne venait pas forcément pour son plaisir dans le quartier Quinta do Mocho à Lourès, dans la banlieue nord de Lisbonne. Coincé entre l'aéroport lisboète, des lotissements modernes et des zones industrielles, le quartier était un ensemble d'immeubles bas (pas plus de trois étages) à la couleur jaune incertaine, construit au début des années 2000 pour recevoir plus de 3 000 âmes, originaires pour la plupart des anciennes colonies portugaises en Afrique. D'année en année, les commerces se faisaient de plus en plus rares, les bidonvilles gagnaient du terrain, le chômage y faisait des ravages, entraînant d'inévitables problèmes sociaux qui finissaient par en faire l'un des quartiers les moins fréquentables de la magnifique capitale portugaise. 

En 2014, la municipalité de Lourès a décidé d'ouvrir sa ville au monde en créant un festival de street art, O bairro I o mundo (le quartier et le monde), qui vit ses 20 premiers murs ornés d'oeuvres d'artistes graphiques, redonnant de nouvelles couleurs et un nouveau sens au quartier. Le début d'un renouveau...

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Six ans plus tard, ce sont plus de 450 murs que le festival (devenu le Lourès Public Art et recevant des artistes bénévoles du monde entier) habite, comme autant de mots et de dialogues avec les passants qui en sont dorénavant devenus friands. "Ce projet a changé la perception de notre banlieue, considérée comme l'une des plus dangereuses au Portugal. Nous sommes maintenant un musée à ciel ouvert. Le street art a joué un rôle majeur, il a permis d'attirer des gens de l'extérieur et d'apporter une nouvelle énergie au quartier" raconte Rui Monteiro, responsable du festival.

Le résultat ? La création de nouveaux emplois (commerces et tourisme), l'ouverture de lignes de bus (dont le quartier était jusque là privé), le retour des taxis dans les rues, la revalorisation foncière du quartier, la multiplication d'événements culturels et la réduction du taux de criminalité... Même si "ce n'est pas en recouvrant les murs de peinture que nous règlerons tous les problèmes" reconnaît Emanuela Kalemba, devenue guide du quartier, "le projet a le mérite d'avoir changé les mentalités en redonnant un peu d'estime de soi aux habitants, et en montrant à l'extérieur que le quartier avait changé".

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On va finir par croire que l'art et la culture pourraient régler quelques petites choses dans ce monde... Non c'était pour rire, ça ne peut pas arriver...

Source : Streep / Géo

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